
Il y a des visites diplomatiques qui relèvent du protocole. Et puis il y a celles qui tracent des lignes d’influence. Celle de Avni Nasufoski à Riyad appartient clairement à la seconde catégorie.
Dans un Moyen-Orient qui investit massivement dans la santé, la Suisse avance ses pions avec méthode.
Une entrée directe dans le cœur médical saoudien
À Riyad, l’ambassadeur suisse de la mission permanente de l’agence intergouvernementale de l’union panafricaine, Avnija Nasufoski, sédunois de coeur, a été reçu par la Société de Santé Spécialisée Médicale, un acteur installé dans le quartier stratégique d’Irqah. Au programme : visite des cliniques, inspection des laboratoires, et surtout discussions sérieuses — loin des banalités diplomatiques.
Autour de la table : Salman bin Aboud, la Dr Hind Al-Hamlān et le capitaine Fahd Al-Otaibi. Des profils qui ne sont pas là pour faire de la figuration.
L’objectif est limpide : structurer une coopération concrète dans des secteurs médicaux à forte valeur ajoutée.
La Suisse vend son savoir — et elle a de quoi faire
Il faut appeler les choses par leur nom : si la Suisse est courtisée, ce n’est pas pour ses paysages.
Switzerland s’impose depuis des décennies comme une référence mondiale en matière de technologies médicales, de précision diagnostique et de qualité des produits de santé. Ce capital, Riyad veut désormais l’importer — et surtout le reproduire localement.
Les discussions ont porté sur des domaines lourds :
- dermatologie et médecine esthétique
- dentisterie
- laboratoires médicaux
- génomique et génétique
- oncologie (diagnostic et traitement)
- maladies héréditaires
- thérapies modernes comme les perfusions intraveineuses
Autrement dit : tout ce qui structure la médecine de demain.
Derrière la diplomatie, une logique industrielle
Ce type de rencontre ne doit pas être lu naïvement. Il s’agit d’un transfert organisé de compétences, de technologies et — surtout — d’influence.
L’Arabie saoudite, sous l’impulsion de Mohammed bin Salman, poursuit une stratégie claire : réduire sa dépendance extérieure et bâtir une capacité médicale de pointe sur son territoire.
La proximité du projet Diriyah Gate et de Misk City n’est pas un détail. C’est un signal. Ici, on ne parle pas d’un partenariat théorique, mais d’un écosystème en construction, prêt à absorber investissements et expertise.
Une coopération qui dépasse le symbole
Les deux parties ont insisté sur un point : la qualité des partenariats. Traduction : pas de coopération cosmétique, mais des projets concrets, mesurables, rentables.
Le discours officiel évoque le transfert de connaissances et la localisation des solutions médicales. En clair : former sur place, produire sur place, maîtriser sur place.
Cette visite peut donc marquer une bascule. La Suisse ne se contente plus d’exporter des produits. Elle exporte désormais des modèles.
Et maintenant ?
Les images de cette rencontre feront le tour des médias, y compris en Suisse. Elles raconteront une histoire simple : celle d’un pays qui, malgré sa taille, reste une puissance incontournable dans la santé mondiale.
Mais la vraie question est ailleurs.
Si ces discussions se traduisent en projets, alors ce déplacement de Avni Nasufoski pourrait bien être le point de départ d’un axe stratégique durable entre Berne et Riyad.
Et dans ce domaine, une chose est certaine : ceux qui arrivent tôt prennent l’avantage.
Et L’1Dex, espace de défrichage et de justice, interroge : la santé n’est-elle pas la garante silencieuse de la paix ?


L’avenir, rapproché ou plus lointain, dira les effets dans le réel de cette visite diplomatique stratégique. Dans tous les cas de figure, j’observe qu’un enfant de la Macédoine du Nord, venu en Valais dans son adolescence, est devenu ambassadeur suisse représentant trente-cinq pays africains et qu’il est aujourd’hui en Arabie Saoudite dans ce temps si incertain où chacun s’interroge sur un avenir marqué du sceau d’un improbable rapprochement entre les peuples.
Savoir contre pétrole
La Suisse médicale savoir-faire fou
Qu’on nous envie ce précieux bijou
Mais faut savoir que cette maîtrise
Est fruit de mille doctes expertises
Forgées pendant moulte décennies
Dans nos universités par leur génie
Hommes et femmes en leur science
Avec abnégation haute compétence
Apportent au monde une délivrance
Par meilleure santé sans souffrance
D’autres nations à l’humble fortune
Que désert et dromadaires et dunes
Cachent sous leur sol un noir trésor
D’âge millénaire qui leur vaut de l’or
Point n’est besoin d’un grand savoir
Par pétrodollars on pourra tout avoir
Les machines à gober en profondeur
Le précieux breuvage pour moteurs
Et les richesses gratuites allant avec
Palais rutilances luxes et salamalec
L’argent facile et pactole sans effort
L’effort du savoir fut payé à prix fort
Pour devenir un jour des industrieux
Les bédouins font faire bien mieux
Nos médicales technologies demain
Seront à coup sûr dans leurs mains
Quel qu’en soit le prix à payer pour
Les Saoudiens nous auront alentour
Nous avons les cerveaux eux le fric
Ce sera mon infaillible diagnostic
Aujourd’hui tout s’achète en cadeau
Avouons-le c’est vraiment chameau !