SUISSE-ARABIE SAOUDITE. L’AMBASSADEUR AVNI NASUFOSKI EST À RIYAD

4 avril 2026

Il y a des visites diplomatiques qui relèvent du protocole. Et puis il y a celles qui tracent des lignes d’influence. Celle de Avni Nasufoski à Riyad appartient clairement à la seconde catégorie.

Dans un Moyen-Orient qui investit massivement dans la santé, la Suisse avance ses pions avec méthode.

Une entrée directe dans le cœur médical saoudien

À Riyad, l’ambassadeur suisse de la mission permanente de l’agence intergouvernementale de l’union panafricaine, Avnija Nasufoski, sédunois de coeur, a été reçu par la Société de Santé Spécialisée Médicale, un acteur installé dans le quartier stratégique d’Irqah. Au programme : visite des cliniques, inspection des laboratoires, et surtout discussions sérieuses — loin des banalités diplomatiques.

Autour de la table : Salman bin Aboud, la Dr Hind Al-Hamlān et le capitaine Fahd Al-Otaibi. Des profils qui ne sont pas là pour faire de la figuration.

L’objectif est limpide : structurer une coopération concrète dans des secteurs médicaux à forte valeur ajoutée.

La Suisse vend son savoir — et elle a de quoi faire

Il faut appeler les choses par leur nom : si la Suisse est courtisée, ce n’est pas pour ses paysages.

Switzerland s’impose depuis des décennies comme une référence mondiale en matière de technologies médicales, de précision diagnostique et de qualité des produits de santé. Ce capital, Riyad veut désormais l’importer — et surtout le reproduire localement.

Les discussions ont porté sur des domaines lourds :

  • dermatologie et médecine esthétique
  • dentisterie
  • laboratoires médicaux
  • génomique et génétique
  • oncologie (diagnostic et traitement)
  • maladies héréditaires
  • thérapies modernes comme les perfusions intraveineuses

Autrement dit : tout ce qui structure la médecine de demain.

Derrière la diplomatie, une logique industrielle

Ce type de rencontre ne doit pas être lu naïvement. Il s’agit d’un transfert organisé de compétences, de technologies et — surtout — d’influence.

L’Arabie saoudite, sous l’impulsion de Mohammed bin Salman, poursuit une stratégie claire : réduire sa dépendance extérieure et bâtir une capacité médicale de pointe sur son territoire.

La proximité du projet Diriyah Gate et de Misk City n’est pas un détail. C’est un signal. Ici, on ne parle pas d’un partenariat théorique, mais d’un écosystème en construction, prêt à absorber investissements et expertise.

Une coopération qui dépasse le symbole

Les deux parties ont insisté sur un point : la qualité des partenariats. Traduction : pas de coopération cosmétique, mais des projets concrets, mesurables, rentables.

Le discours officiel évoque le transfert de connaissances et la localisation des solutions médicales. En clair : former sur place, produire sur place, maîtriser sur place.

Cette visite peut donc marquer une bascule. La Suisse ne se contente plus d’exporter des produits. Elle exporte désormais des modèles.

Et maintenant ?

Les images de cette rencontre feront le tour des médias, y compris en Suisse. Elles raconteront une histoire simple : celle d’un pays qui, malgré sa taille, reste une puissance incontournable dans la santé mondiale.

Mais la vraie question est ailleurs.

Si ces discussions se traduisent en projets, alors ce déplacement de Avni Nasufoski pourrait bien être le point de départ d’un axe stratégique durable entre Berne et Riyad.

Et dans ce domaine, une chose est certaine : ceux qui arrivent tôt prennent l’avantage.

Et L’1Dex, espace de défrichage et de justice, interroge : la santé n’est-elle pas la garante silencieuse de la paix ?

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

2 thoughts on “SUISSE-ARABIE SAOUDITE. L’AMBASSADEUR AVNI NASUFOSKI EST À RIYAD”
  1. L’avenir, rapproché ou plus lointain, dira les effets dans le réel de cette visite diplomatique stratégique. Dans tous les cas de figure, j’observe qu’un enfant de la Macédoine du Nord, venu en Valais dans son adolescence, est devenu ambassadeur suisse représentant trente-cinq pays africains et qu’il est aujourd’hui en Arabie Saoudite dans ce temps si incertain où chacun s’interroge sur un avenir marqué du sceau d’un improbable rapprochement entre les peuples.

  2. Savoir contre pétrole

    La Suisse médicale savoir-faire fou
    Qu’on nous envie ce précieux bijou
    Mais faut savoir que cette maîtrise
    Est fruit de mille doctes expertises
    Forgées pendant moulte décennies
    Dans nos universités par leur génie
    Hommes et femmes en leur science
    Avec abnégation haute compétence
    Apportent au monde une délivrance
    Par meilleure santé sans souffrance
    D’autres nations à l’humble fortune
    Que désert et dromadaires et dunes
    Cachent sous leur sol un noir trésor
    D’âge millénaire qui leur vaut de l’or
    Point n’est besoin d’un grand savoir
    Par pétrodollars on pourra tout avoir
    Les machines à gober en profondeur
    Le précieux breuvage pour moteurs
    Et les richesses gratuites allant avec
    Palais rutilances luxes et salamalec
    L’argent facile et pactole sans effort
    L’effort du savoir fut payé à prix fort
    Pour devenir un jour des industrieux
    Les bédouins font faire bien mieux
    Nos médicales technologies demain
    Seront à coup sûr dans leurs mains
    Quel qu’en soit le prix à payer pour
    Les Saoudiens nous auront alentour
    Nous avons les cerveaux eux le fric
    Ce sera mon infaillible diagnostic
    Aujourd’hui tout s’achète en cadeau
    Avouons-le c’est vraiment chameau !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.