
À Anzère, à Allpages Festival, organisé â plusieurs mains sous la présidence de Stéphane Délétroz, qui devrait récidiver l’année prochaine sur la nouvelle place du village pavée et réaménagée, il y eut profusion de rencontres. Parmi celles-ci un livre que L’1Dex propose aujourd’hui, L’homme interdit de Catherine Lovey (Zoé Poche, 2025), paru initialement en 2005.
Qui est ce Brown ? Un homme d’affaires ? Un mari ? Un père ? Un justiciable ? Un patient ? Un criminel ? Un innocent ? Un costumé ? Un cravaté ? Un fantôme ? Un interdit ? Chacun jugera, de « Mercredi, 9 heures 45 » à « Même en fermant les fenêtres ». J’ai l’espoir qu’aucune opinion unanime ne se dégagera parmi ceux qui suivront le conseil de lecture de L’1Dex.
Pourtant une réponse solide sera ici proposée : L’homme interdit est une femme écrivain qui embrouille les esprits de ceux qui ne craignent pas de devoir penser après avoir lu ses mots. Certains auront une explication scrupuleuse de leur parcours de lecture et diront qu’une mère se cache dans la peau d’un homme pour culpabiliser les pères absents( d’autres s’insurgeront car ils ne verront que le portrait d’un policier assombri par sa bêtise non maîtrisée ? D’autres encore éructeront devant ces explications saugrenues car ils se souviendront de leurs vacances de ski hors la présence de leurs parents ? Il y en aura même qui auront découvert bien avant moi où a été caché le corps d’une femme qui jouit de la force d’un amant de passage à l’intérieur du cockpit d’un jet privé au moteur défaillant,
L’homme interdit n’est pas étonné, il est détonnant. Et n’essayez pas de me soutirer une explication à ce jugement. Je n’ai strictement aucun intérêt à vous convaincre de mon ignorance et de mes certitudes.
Ce qui se dégage de Catherine Lovey, c’est une force vraie, tout le contraire finalement de cet homme interdit caractérisé par de fausses faiblesses.
La magie de la littérature est de créer par la grâce d’une fiction assumée du putain de ce terrible réel auquel nous autres êtres humains sommes tous confrontés. Catherine Lovey est une écrivaine du réel. D’un réel si vrai qu’il en devient inimaginable.
Et c’est le miracle de Allpages Festival de m’avoir fait rencontrer des êtres irréels.
Même une procureure qui a compris son métier et qui l’aime. Putain, suis-je en train de rêver !