CM 2026. UNE ÉQUIPE DE SUISSE INDIGNE DE SES AMBITIONS

15 juin 2026 #CM 2026

Suisse-Qatar 1-1 : l’heure de la colère

Il existe des matchs nuls qui ressemblent à des victoires. Celui-ci ressemble à une défaite.

Les optimistes rappelleront que l’Argentine de Lionel Messi a perdu son premier match du Mondial 2022 avant de soulever la Coupe du monde. Ils souligneront également que l’Espagne de Xavi et d’Iniesta avait trébuché d’entrée en 2010 avant de devenir championne du monde. L’histoire du football est effectivement peuplée de faux départs glorieux.

Mais encore faut-il que ces faux départs laissent entrevoir quelque chose.

Or, face au Qatar, la Suisse n’a rien laissé entrevoir.

Rien.

Pas de maîtrise. Pas de créativité. Pas de personnalité. Pas de révolte. Pas même cette rage élémentaire qui permet parfois de masquer les limites techniques.

Le plus inquiétant n’est pas le résultat. Le plus inquiétant est l’adversaire.

Le Qatar est apparu comme une sélection d’une faiblesse abyssale. Une équipe sans vitesse, sans imagination, sans puissance et sans véritable menace offensive. Une formation qui, sur le papier comme sur le terrain, semblait offrir à la Suisse l’occasion idéale de lancer sa compétition avec autorité.

Et pourtant, les hommes de Murat Yakin ont réussi l’exploit de se mettre à son niveau.

Pendant de longues séquences, les Helvètes ont voisiné avec le néant footballistique. Les transmissions étaient lentes. Les mouvements rares. Les inspirations absentes. L’équipe paraissait jouer sans conviction, comme si elle attendait qu’un miracle se produise naturellement.

Il ne s’est rien produit.

La Suisse a donné l’impression d’une sélection qui survit davantage grâce à sa réputation qu’à son football.

Pour L’1Dex, qui abordait cette Coupe du monde avec un optimisme sincère, la désillusion est immense. Nous pensions voir une équipe arrivée à maturité. Nous avons vu une équipe hésitante, suffisante et incapable d’imposer sa loi à un adversaire pourtant largement à sa portée.

Dès lors, comment imaginer sérieusement que cette même Suisse puisse dominer la Bosnie-Herzégovine puis le Canada ?

Sur la base de ce que nous avons observé, cela relève davantage de l’acte de foi que de l’analyse rationnelle.

La vérité est brutale : la Suisse n’a montré absolument aucun élément permettant d’envisager un parcours ambitieux dans ce Mondial.

Si le réveil n’intervient pas immédiatement, cette Coupe du monde 2026 pourrait rejoindre dans les mémoires collectives certaines des plus grandes désillusions de l’histoire du football suisse. Une compétition où les promesses étaient immenses mais où les performances se sont révélées faméliques.

Et si cette campagne devait tourner au fiasco, il faudra avoir le courage de tirer les conclusions qui s’imposent.

Un sélectionneur est jugé sur ses résultats, mais également sur l’identité qu’il donne à son équipe. Aujourd’hui, quelle est l’identité de la Suisse de Murat Yakin ?

Personne ne semble capable de répondre à cette question.

Le football suisse mérite mieux qu’une succession de matchs prudents, ternes et sans relief. Il mérite une vision. Il mérite de l’audace. Il mérite une ambition qui se voie sur le terrain.

Si la Suisse ne parvient pas à battre avec autorité la Bosnie-Herzégovine et le Canada, alors le débat ne devra plus être évité.

Il sera temps de chercher un autre entraîneur.

Et surtout une autre manière d’épater le monde.

Car à force de vouloir ne jamais perdre, cette Suisse semble avoir oublié comment gagner.

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

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