Le délit de sédition et le crime de rébellion ont été envoyés dans les oubliettes de l’histoire, et la chasse d’eau tirée par l’Allemagne pour commencer à nettoyer les écuries de la politique espagnole. Dont acte.
Est encore en suspens la question des malversations supposées (recte : imaginées) par l’ineffable juge Llarena et reprochées à Carles Puigdemont, le juste. De quoi s’agit-il ?
Madrid reproche à Carles Puigdemont d’avoir utilisé de l’argent public à concurrence de 1,8 millions d’euros pour organiser la votation sur l’indépendance du premier octobre 2017. Analysons.
Une comparaison pour débuter. La Chancellerie fédérale estime que les coûts d’une de ces journées de votation tournent autour des 7,5 millions de francs en moyenne. Cela inclut les coûts pour l’organisation, la rédaction et l’impression du matériel de vote, les frais d’envoi et de port, ainsi que le dédommagement des bénévoles et des scrutateurs. Ce sont surtout les Communes à couvrir ces dépenses (1). Ainsi, la Catalogne aurait réussi à organiser ce vote historique avec cinq fois moins d’argent que la Suisse, championne du monde de la démocratie directe. C’est dire à quel point Carles Puigdemont, dans sa fonction de président de la Generalitat, aurait eu le souci de l’argent public ! (2)
Mais il y a plus.
Carles Puigdemont m’a assuré personnellement lors de sa visite à Sion qu’il n’y avait pas eu un seul franc dépensé par l’État. Je le crois.
Et je suis en bonne compagnie, puisque le ministre espagnol Montoro a dit il y a un mois à la tv qu’il n’y avait pas eu d’argent public utilisé pour les frais causés pour le 1 octobre !
Comment serait-il possible qu’une telle votation puisse ne pas être financée par l’État ?
En premier lieu, il faut savoir que tous les participants à l’organisation de la votation du premier octobre sont des volontaires et des bénévoles, qui allèrent jusqu’à assumer les coûts de leurs sandwiches et des boissons.
On objectera : mais les frais d’impression et les autres petits frais ?
C’est à ce point névralgique du raisonnement que les citoyens de l’Europe, de la Suisse, de tous les pays du monde doivent comprendre que le désir d’indépendance est la résultante de la volontaire populaire de la base. Les citoyens se sont notamment réunis au sein des deux plus importantes associations, l’ANC et Omnium Cultural (80 euros de cotisation annuelle), ce qui aurait pu permettre d’épargner des fonds, qui auraient pu être investis notamment dans les frais d’impression, dans l’organisation des manifestations et dans le paiement des garanties financières dues par les prisonniers politiques. Mais, selon notre enquête sur le terrain, en Catalogne, il semble que des privés ont financé ces coûts spécifiques pour éviter tout problème que l’imagination malfaisante des adversaires de la démocratie et de l’indépendance auraient pu créer. Telle est l’explication des propos du président catalan Puigdemont et du ministre espagnol Montoro, qui affirment tous deux qu’il n’y a pas eu d’argent public investi pour la journée du premier octobre 2017.
En sus de ces éléments d’analyse, il faut savoir que Carles Puigdemont a été élu président de la Generalitat avec pour mission d’organiser un vote sur la question de l’indépendance. Telle était la volonté des citoyens et de leurs représentants. Par conséquent, il est totalement farfelu de reprocher à ce président des « malversations » financières directement liées à l’organisation d’une votation pour laquelle il a été publiquement mandaté.
Des considérations précédentes résulte l’intime conviction absolue que Carles Puigdemont n’a pas commis la moindre malversation et n’a donc jamais abusé de la confiance que lui a accordée une majorité de Catalans.
On comprend alors que ce crime de malversation est une invention espagnoliste destinée à des fins politiques, la loi n’était utilisée que comme un char pour briser la Catalogne. Et cela, l’Europe démocrate ne doit pas l’admettre !
Bonjour à tous les démocrates !
(1) Renseignement précis obtenu de Jérôme Desmeules (UDC). Je remercie les autres hommes politiques valaisans qui m’ont répondu.
(2) Selon Yannick Buttet, ancien vice-président du PDC Suisse, les estimations iraient jusqu’au double du montant indiqué par la chancellerie fédérale.
on compare le coût de votations en Catalogne avec la Suisse ! Arrêtons-nous là, avec ce seul exemple pour faire la démontsration des erreurs rencontrées dans cet article. Primo : la Suisse compte 3 régions linguistiques donc 3 « catalogues » différents. Deusio la Suisse est bcp plus chère que la Catalogne…….en faut-il plus pour faire la démonstration ?
Ce n’est pas une critique au système suisse, il s’agit de dénoncer l’imputation d’un (autre) délit assez discutable. Dans le code pénal espagnol « malversation » est définie selon un de ces deux critères:
a) détournement de fonds (enrichissement personnel), ou
b) déroutement de fonds (à d’autres fins)
Comme le dit l’article, depuis 2015 la politique catalane a annoncé avec regularité de vouloir faire voter les citoyens – et les fonds ont étés déstinés à ce propos. Donc, ni a) ni b). L’accusation va avoir une tâche pas trop facile, tout au contraire pour les 800 maires du PP inculpés selon critère a) ou b).
Source:
José Antonio Martín Pallín
juge en retraite du Tribunal Suprême
« El Mundo », 30.12.2017