VERBIERGATE. XAVIER LAMBIEL, ENFIN !

20 novembre 2018

Enfin !

Comment Verbier s’est enlisée dans ses propres erreurs

Ces chalets qui embarrassent les autorités

Les dénicheurs de vérité dans l’affaire du Verbiergate le savaient depuis des semaines, Le Nouvelliste préparait un gros coup. Et les rumeurs, les faux bruits et les fake news pullulaient autour de la sortie de ce scoop annoncé.

 

À L’1Dex, faux informateurs, bonimenteurs et falsificateurs se sont félicités de connaître les dessous des cartes : Vincent Fragnière serait fliqué par un membre du Conseil d’État voulant protéger le pouvoir des Oranges en terre bagnarde; une lutte maximale contre toute transparence citoyenne serait menée par le Chancelier de l’État, le plus opposé au corps des journalistes et des informateurs; des pressions internes seraient exercées sur les hauts cadres de l’administration pour éviter tout transfert de renseignements de l’intérieur de l’État vers la Cité des citoyens, extérieure à l’organisation institutionnelle; des articles du NF seraient quasiment corrigés sur propositions de tiers politiques intervenants, et j’en passe et des meilleures !

 

Tout ce clafoutis incitait même les plus optimistes à penser que Xavier Lambiel, point téméraire, aurait pu renoncer à transformer l’essai, tel ce trois-quarts d’Agen qui, à l’approche des poteaux, décide de ralentir pour permettre au défenseur adverse de le plaquer et d’éviter ainsi une défaite inexpiable.

 

Il ne faut en effet pas craindre de l’avouer : le Verbiergate est l’un des symptômes les plus graves de la déliquescence de l’État de droit en Valais, à travers duquel se meuvent les intérêts croisés du politique, de la finance et du pouvoir. La renonciation par la rédaction en chef du journal produit à la Rue de l’Industrie eût été la faillite absolue du quatrième pouvoir, celui de la presse, en Valais. Le parcours professionnel de Vincent Fragnière, même proche des zones de pouvoirs des politiques, n’inclinait pas vers une soumission aussi totale.

 

La publication de l’enquête de Xavier Lambiel et des forces [réduites] d’investigation du NF est donc un très bon signe. Le NF n’a pas renoncé à la critique légitime des actions délétères de ses « amis » les moins recommandables. Le risque de bafouer l’intelligence de 139’000 lecteurs a probablement été pris en considération par les responsables du quotidien, qui ont senti que le comportement et l’attitude de certains dominants bagnards furent si en opposition avec l’État que ce soutien silencieux eût paru plus que de la simple complicité.

 

Les citoyens, éclairés par le souci de la vérité, adossés au principe de la transparence, auront peut-être le désir de donner une forte légitimité à Appel Citoyens, pour que la Constituante ne soit pas le paravent des forces conservatrices ne pouvant envisager ne serait-ce qu’un simple mouvement du coeur vers un futur moins sclérosé par les certitudes d’antan.

 

Ainsi, le Verbiergate appartient peut-être à ces nécessaires feuilletons dont le but est d’entraîner les citoyens hors du champ des hors-la-loi pour les amener par leur seule pensée à s’interroger sur un partage différent des pouvoirs au sein de la Cité.

 

Xavier Lambiel et Le Nouvelluste, aujourd’hui, ont joué leur rôle et ne se sont pas contentés d’être de simples communicants.

 

L’1Dex aussi à travers tous ses articles sur le Verbiergate, lesquels, à l’évidence, n’ont pas été ignorés par la cellule « Investigation » du Nouvelliste.

 

Bonjour à ceux qui y ont contribué !

 

 

 

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

3 thoughts on “VERBIERGATE. XAVIER LAMBIEL, ENFIN !”
  1. Ce qui me choque le plus, c’est cette impossibilité crasse qu’a M. Rossier de se remettre en question, cette impossibilité introspective. A croire que le pouvoir annihile, chez certains, toute notion du bien et du mal, rendant légitime tous leurs faits et gestes J’ai été élu pour prendre des décisions, dit Eloi Rossier dans l’article du Nouvelliste. Un peu facile, cher Monsieur. La vérité eût été de s’exprimer ainsi: J’ai été réélu pour favoriser certains, plus que d’ autres.

  2. La situation du Valais a été présentée avec lucidité au TJ de ce jour, en résumé, ce qui gangrène le Valais ce sont les réseaux.
    Il appartient à ceux qui veulent sincèrement faire évoluer le Valais vers un État de droit d’entreprendre toutes les démarches pour annihiler avec fermeté et efficience ces réseaux malsains.

  3. Et voilà où on en arrive, en matière d’information du public, lorsqu’un Conseil d’Etat place l’information sous la férule politique du Chancelier Philipp Spörri. Et lorsque le chef (pro forma) de l’information André Mudry (élevé, avec son prédécesseur Bernard Reist déjà, à la fonction de vice-chancelier) laisse passer de telles choses sans pouvoir, ou vouloir, réagir face aux inadmissibles manipulations dénoncées ici au détriment des gens de ce canton.

    Devant l’évolution esquissée ci-dessus par Stéphane Riand, je n’ai que deux mots : honteux, révoltant !

    Vivement une nouvelle constitution insufflée par l’esprit d’Appel Citoyens’ qui pourrait, sait-on jamais, donner à tous les gens de ce canton le droit incontestable de connaitre enfin ce qu’ils sont en droit d’attendre d’un gouvernement ressorti des urnes populaires, notamment en matière d’information et, surtout, de justice.

    Xavier Lambiel ne me déçoit pas; il empoigne les vrais problèmes, avec courage et pertinence. Tout juste avant de quitter Le Temps, il m’avait laissé comprendre qu’il entendait, au NF, faire honneur au véritable journalisme. Merci.

    Le Valais a besoin de journalistes de cette trempe pour que l’on cesse, au Palais du Gouvernement et dans les autres officines étatiques, de nous berner !

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