(PAR VALAIS LIBRE)
Jean-Jacques Rousseau tente de couler des jours calmes et paisibles à Môtiers dans le Val-de-Travers. Les publications de l’Émile et du Contrat social l’ont chassé de Paris. Il est aussi chassé de son premier refuge à Yverdon, les Bernois ne veulent pas de ce réfugié trop encombrant. Le roi de Prusse, seigneur de Neuchâtel, lui accorde le droit de rester.
Je me présente, Monsieur comme un homme d’une mérite singulière, comme un homme qui a un cœur sensible, un esprit vif et mélancolique. Ah! Si tout ce que j’ai souffert ne me donne pas une mérite singulière auprès de Monsieur Rousseau, pourquoi ai-je été tellement créé? Pourquoi a-t-il tellement écrit?
Cette supplique de James Boswell adressée à Rousseau ce 4 décembre 1764 ne suffira pas. Le philosophe lui fera répondre qu’il est malade et qu’il ne reçoit personne. Le jeune écrivain et avocat ne se laisse pas démonter. Il forcera la porte. Il séduira la bonne de Rousseau. Il racontera tout ça dans son journal, sans omettre quelques détails grivois.
L’insupportable gentilhomme anglais exaspèrera Jean-Jacques, mais il finira par reprendre la route de son Angleterre. Déjà, la vie des vedettes ne passait pas inaperçue. Une année plus tard, lorsque sa maison de Môtiers sera caillassée par une population hostile, la paix du philosophe se terminera et il devra reprendre la route de l’exil.