PATATRAS. EGALITE … QUELLE EGALITE ? (116)

10 septembre 2019

(PAR GREGOIRE REY [AVOCAT])

Egalité… Quelle égalité ?

 

Il est fait grand cas de cette écriture inclusive, pour que les masculins de la grammaire française ne soient plus considérés comme discriminatoires à l’égard des femmes.

Pourquoi pas, même si les femmes de mon entourage ne se reconnaissent pas comme des victimes de notre langue.

En revanche, pères et enfants souffrent de manière quasi unanime face au traitement qu’on réserve à leur relation, après une séparation.

L’État considère les pères comme des sous-parents est bel et il s’agit là bien d’une discrimination d’un autre temps. Ce panneau officiel de signalisation en est un exemple édifiant.

Et c’est partout comme ça.

Lorsqu’à la naissance de mes filles, tous deux prématurées, je suis resté plusieurs semaines à la maternité des HUG à dormir sur place pour en surveiller les apnées, les nourrir et les changer, les infirmières écrivaient à chaque fois dans leur livre: CHANGÉ/NOURRI PAR LA MÈRE. J’ai demandé que cela change. elles me l’ont accordé, m’expliquant que la chose était tellement rare que l’habitude s’était installée. Et alors, parce que il est plus rare qu’une femme soit chauffeur poids-lourd, doit-on pour autant l’appeler monsieur ?

La négation du père comme gardien de l’enfant, comme responsable son éducation et de son bien-être, le matriarcat ambiant, tout cela pollue – pervertit – encore l’esprit des services sociaux et de certains juges. Ça doit changer. Non, le père n’est pas un porte-monnaie. Non, le père n’est pas qu’un géniteur. Non, il n’est pas que celui qui amuse l’enfant deux week-ends par mois, l’espace de quelques heures. Il doit pouvoir rester un père présent dans la vie courante de l’enfant, même s’il ne sait pas cuisiner ou si sa nouvelle copine ne plaît pas à maman.

Un droit de visite de deux week-ends par mois est une perte définitive d’un père et d’un enfant l’un pour l’autre, car les plaisirs condensés sur deux jours n’ont rien à voir avec la gestion d’un enfant au quotidien. Fini les chagrins à consoler, les devoirs à faire, les copains de classe dont on connaît les prénoms, les autres parents qu’on croise dans la cour de récréation, le karaté du lundi soir ou l’anniversaire d’un camarade de classe.

Le père du week-end est cantonné au rôle de celui qui doit séduire l’enfant à tout prix, pour espérer de toutes ses forces de ne pas être oublié. C’est la mauvaise méthode et les mauvais moyens.

La garde d’un enfant doit être partagée coûte que coûte, si le père en émet le souhait.

Et ce n’est pas la mère de dire s’il y en a ou pas les moyens, pas plus qu’aux services sociaux.

L’égalité doit s’appliquer à tous, urgemment.

Quant à prétendre qu’un père qui ne s’est pas impliqué pendant la vie commune n’a pas les moyens ni le savoir nécessaires pour prendre en charge un enfant après le divorce, l’argument exaspère : les mères ont elles aussi été des débutantes, lorsque l’enfant est né. Elles ont bien dû s’y faire. Très vite.

Eh bien après un divorce, on redistribue les cartes. Même si monsieur s’est d’avantage concentré sur sa carrière jusque-là, même s’il n’a été un lamentable parasite aux yeux de sa femme (ou plus fréquemment encore un pervers narcissique), il est en droit de réclamer sa place de débutant auprès de l’enfant.

Dans les rares cas où la garde partagée n’est pas possible ou pas souhaitée, un père doit tout au moins avoir le droit de voir son enfant au moins toutes les semaines un repas de midi et une nuit, en plus de ce maudit week-end sur deux.

Cette garde partagée automatique, qui est déjà ancrée dans la loi, doit désormais être appliquée par les juges sans plus la subordonner à la condition que les parents parviennent à s’entendre sur l’enfant.

En l’état, il n’est pas rare que la mère crée ou alimente un conflit, dans le but d’éviter une garde partagée, parfois même parce qu’elle est convaincue que la pension diminuerait en cas de garde partagée, ou pour des ressentiments irréductibles à l’égard son ex conjoint. Dans les deux cas, c’est l’enfant qui en souffre. Et dans les deux cas, c’est lamentable.

Le relation post-divorce serait grandement améliorée si tout acte d’aliénation parentale, de la mère ou du père, faisait l’objet d’une procédure tutélaire automatique pouvant aller jusqu’à la déchéance des droits parentaux sur l’enfant. L’aliénation parentale (y compris toute critique d’un parent par l’autre en présence de l’enfant) doit être urgemment considérée par les juges des APEA comme un acte de maltraitance vis-à-vis de l’enfant.

VOUS SOUTENEZ LES PATATRAS, SOUTENEZ L’1DEX !

4 thoughts on “PATATRAS. EGALITE … QUELLE EGALITE ? (116)”
  1. Merci Me Rey, Merci ! Oui, c’est exactement comme vous le dîtes, nous avons affaire à une « négation du père ». C’est une exclusion inacceptable, sauf pour celles qui insupportent les hommes…

    Sachez qu’il y a au moins une langue (très peu parlée) en Europe où famille est neutre, car faite d’un ensemble d’homme et femme. De même, dans cette langue des plus anciennes du continent, le mot garde est également neutre, quant au mot autorité, il est masculin, et quant à la justice, elle reste justement féminine.

    Le français est malheureusement un produit dérivé qui tend à faire de l’homme un esclave de la loi (genre inversé volontairement par le passé) et évitons d’analyse la composition lettrale des mots « slave by lawyer »… Un lac devrait être neutre, la mer aussi,… Mais non,… le français témoigne malheureusement d’une guerre de genre à des fins de dominance.

    Merci une troisième fois d’avoir exposée la vérité sur ces maltraitance qu’on fait subir aux enfants ! C’est inacceptable de leur enlever le père (de même que la mère).

  2. lire l’article paru dans le temps sur l’aliénation parentale,

    https://www.letemps.ch/societe/lalienation-parentale-une-machine-guerre-contre-ex?fbclid=IwAR01faud1XynzVrlkgB38tD5mzrA_H5Go8-9z1CYV98AsZW7orPSuawCTS4

    l’aliénation qu’elle soit parentale transgénérationnelle groupale ou tout autre forme d’aliénation est ainsi que dit dans l’article, une machine de guerre, un acte de destruction massive.

    rien de plus, ni plus ni moins.

    nous sommes en 2019, nous avons les connaissances de ces mécanismes destructeurs.

    d’où vient-elle ? question dans l’article ? réponse -d’un trouble psychique profond….

    nous sommes en 2019, cela existe, ce que l’on appelle un trouble psychique profond, pourquoi alors ne savons-nous pas les nommer ? les voir ? les comprendre ? et agir en conséquence ?

    dans ces situations familiales ce sont les enfants qui doivent être protégés, point.

    autre problématique, l’aliénation est souvent, pas toujours mais souvent le fait des mères, des femmes, et c’est vrai, des femmes sont aujourd’hui malades pour des facteurs ou des raisons à étudier ou à approfondir, à considérer et à prendre en charge, c’est une réalité de la réalité vraie d’aujourd’hui et à nouveau ce sont les enfants qui doivent en être protégés. point.

    pour info le site du Dr Olivier Soulier sur la violence féminine

    https://www.violencefeminine.com/

    une belle journée

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