(PAR L’EPISTOLERO)
La série adaptant Complot contre l’Amérique de Philip Roth a commencé.
Adepte du Simon says (le Jacques a dit anglais), il a tout de suite attendu avec hâte, et carrément hâttendu.
Il se souvient non sans émotion de séries : Treme et autre Show me a hero qu’il présenta ici.
Une heure de roman qu’on lit va plus loin qu’une heure de série qu’on voit ?
Avec le convoi de ce qu’on lit en ce moment, il était temps d’une pause cinématographique. Oui, la série, c’est du cinéma, la preuve, ça bouge !
Les États-Unis. Années 1940. L’aviateur Charles Lindbergh affronte FDR (Franklin Delano Roosevelt) pour la présidentielle et, dystopie !, gagne. Le président devient un nationaliste, voire nazionaliste. L’histoire est vue du point de vue d’une famille juive de Newark (New Jersey) dont l’un des fils s’appelle Philip.
Top chrono. En une heure de roman, il a lu le premier chapitre et quelques pages du second. Le livre en compte neuf et le dernier s’intitule ‘La peur perpétuelle’, brrrrr. La série compte, elle , six épisodes. Depuis cette lecture il a désormais compris pourquoi il y avait tant de couvertures du livre orné d’un timbre.
Hier, il a vu le S01E01 de Plot against America.
Dans sa lecture, Lindbergh est déjà élu.
Dans la série, l’élection n’a pas encore eu lieu. La dystopie n’a donc pas encore commencé : et si le nazisme avait gagné aux USA et s’était là aussi hideusement, massivement, mortellement propagé.
L’épisode 1 est un épisode d’exposition : solide, ample. Des personnages ont été présentés dans la série qu’il n’a pas encore croisés dans le roman.
Dans son attaque, le roman lui a semblé plus punchy politiquement parlant.
En lisant il se demandait quel rôle avait pu être confié à l’acteur John Turturro. C’est finalement le personnage du rabbin. Un arriviste qu’on ne fait qu’imaginer dans l’épisode 1 mais qui a déjà beaucoup fait parler de lui dans le chapitre 1.
Bien des Juifs de la ville, dont mes parents, avaient découvert avec consternation la présence du rabbin Bengelsdorf à l’aéroport – il avait été le premier à serrer la main de Lindbergh à sa descente du cockpit, si l’on en croyait la légende de la photo à la une du Newark News – ainsi que les propos qu’il aurait tenus au journal lors de cette visite éclair : « Je suis venu lever tout doute sur la loyauté absolue des Juifs américains envers les États-Unis d’Amérique. »
La série comporte une dimension que n’avait pas le roman à sa sortie. Le Président Trump n’existait pas lorsque le livre a été publié en 2004. C’était l’ère Bush. La série trahit cette actualité américaine nouvelle et ce cran au-dessus.
Une série qui Trump l’Histoire et lui fait un enfant peu rassurant.
Alvin à propos de son patron Mr Steinheim :
« Ce type-là, pour moi, c’est une réclame ambulante pour le renversement du capitalisme, voilà tout. »
N’oublions pas qu’un livre qui marche va aussi loin qu’une série qui marche.
source : https://lirepeuouproust.wordpress.com/