A propos de Louis de Funès

18 avril 2020

(PAR VINGTRAS)

 

Alors que les programmateurs TV sortent tous les fonds de tiroirs des facéties grimacières du comique préféré des Français afin de les égayer dans leur confinement imposé, un film intitulé « La vendetta » ne figure pas dans ce florilège du divertissement car il est volontairement oublié.

Cinquante-huit ans après la première projection publique de ce premier essai maladroit (et souvent raté faute de moyens), je suis étonné de constater la frilosité des programmateurs de télévision face à la soi-disant intolérance des nationalistes corses, qui avaient à l’époque, considéré ce film comme étant un blasphème de la corsitude !

En réalité cette comédie pataphysique (que Jean-Christophe Averty appréciait) est une satire des moeurs politiciennes et de la petite tambouille électorale pratiquée dans la « démocrassouille » locale ; elle n’a aucune signification politique. Elle se réclame de Boris Vian, de la parodie de genre et on pourrait qualifier son esprit comme étant celui d’un humour anarchiste…

A preuve, la dernière réplique de Francis Blanche tombé à l’eau dans le port de Bastia, qui répond à la question « Capitaine, où avez-vous appris à nager ? » : « dans la politique ! »…

La prestation de Louis de Funès, qui interprète un « bandit d’honneur » dans une parodie de Mérimée, est aussi désopilante que celle qu’il avait effectuée quelques années auparavant dans « La traversée de Paris » (1956) en incarnant l’irascible épicier Jambier-45 rue Poliveau : sa présence comique ne sature jamais car elle est répartie en cinq ou six séquences tout au long du film.

Par ailleurs, malgré le poids (parfois un peu encombrant) de Francis Blanche, le village corse où a été tourné « La vendetta »* participe bien à l’action dont les excellents comédiens que sont Olivier Hussenot et Rosy Varte sont les meneurs de jeu ainsi que Jean Lefebvre, Mario Carotenuto, Charles Blavette, Christian Mery et Marisa Merlini.

A noter enfin que la jeune actrice incarnant la fille du « bandit d’honneur », Geneviève Galea, a été l’héroïne des « Carabiniers » de Jean-Luc Godard… avant d’être la mère d’ Emmanuelle Béart.

J’ai fait cette mise au point pour l’anniversaire de ce film, qui a marqué le début (et la fin) de ma « carrière » de cinéaste de fiction, afin de répondre à de nombreuses questions posées par des lecteurs de ce blog.

Jean A.Chérasse

Nb/ ce film est une co-production frano-italienne

* Vescovato, à qq kms au sud de Bastia

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