ÉTAT DU VALAIS. SERGE GAUDIN, L’ACROBATE ÉVOLÉNARD QUI SE JOUE DU PASSÉ

21 juillet 2020

Le PDC a refusé tout changement lié aux districts avant que la Constituante ne se prononce. Aujourd’hui, cette volonté atavique de ne rien changer, a nécessité au sein même des Oranges des acrobaties manipulatrices inquiétantes.

Serge Gaudin, appuyé par la troupe des Hérensards des deux rives a compris que la dominance de la droite économique et conservatrice le voulait à La Planta. Mais, il ne fallait prendre aucun risque. Mathias Reynard ayant finalement annoncé sa candidature, il convenait de changer son lieu de domicile et d’affirmer urbi et orbi son désir de ne pas trop embêter le Saviésan sur son territoire. Il suffisait alors d’avouer l’amour de ses origines, de déplacer ses papiers de Grimisuat à Évolène et d’avouer que ces formalités administratives ne l’empêcheraient pas de renoncer au coût d’un inutile déménagement. Et hop, le coup est magistral, les Oranges rient sous cape, les adversaires sont bernés et enterrés.

Mais Serge Gaudin révèle à l’occasion de son premier interview donné à la Troika (NF, CANAL9 et Rhône FM) un niveau de dialectique conservatrice rarement atteint en nos contrées. Confronté à deux questions mini-embarrassantes (1) du journaliste, le futur conseiller d’État, qui veut brûler la politesse à l’ancien président du PDC, Serge Métrailler, a emporté les voix de tout le parti des Oranges. En substance, il dit tout simplement ceci : « ce n’est pas à moi de juger le passé ».

Voilà donc ce que peut donner les prochaines interviews du candidat Gaudin :

1.

Que pensez-vous de la gestion du département de l’environnement en relation avec le Lonzagate ?

« ce n’est pas à moi de juger le passé, je ne suis pas responsable ».

2.

Que pensez-vous de la gestion de l’affaire des constructions illicites de Verbier ?

« ce n’est pas à moi de juger le passé, je ne suis pas responsable ».

3.

Quel jugement portez-vous sur l’institution judiciaire pénale ?

« ce n’est pas à moi de juger le passé. Je ne suis pas responsable ».

4.

Quelle opinion avez-vous du projet de l’Hôpital de Rennaz ?

« ce n’est pas à moi de juger le passé. Je ne suis pas responsable ».

5.

Quelle est votre approche de la Constituante ?

« ce n’est pas à moi de juger le passé. Je ne suis pas responsable ».

6.

Quelle note attribuez-vous à Frédéric Favre ?

« ce n’est pas à moi de juger le passé. Je ne suis pas responsable ».

7.

L’APEA du Val d’Hérens est-elle à la hauteur ?

« ce n’est pas à moi de juger le passé. Je ne suis pas responsable ».

8.

J’ai une dernière question …

«  ce n’est pas à moi de juger le passé, je ne suis pas responsable ».

Une certitude est toutefois inscrite dans l’article de Vincent Fragnière au sujet de son candidat favori : Serge Gaudin veut sauver le PDC, car la formule 3-1-1 appartient à ce passé dont il se sent responsable et qu’il veut perpétuer.

En fait, à bien y réfléchir, Serge Gaudin apporte une grande clarté lors des prochaines élections cantonales, car il entend que les citoyens du Valais répondent simplement à cette question : voulez-vous prolonger le passé et accorder encore et toujours une confiance aveugle au PDC en renouvelant la formule 3-1-1 ?

Le Nouvelliste et Vincent Fragnière ont déjà répondu à la question, guidant sur un mode subliminal les Valaisans vers la reconduction de cette formule si propice à la perpétuation des magouilles souterraines, déjà inscrites dans le changement fictif de domiciliation du candidat à la candidature.

Le Valais sera-t-il dupe de la chose ?

Oui.

Bonjour à tous les amateurs de fruits secs, qui se conservent longtemps.

(1) La connivence du journaliste sue à travers la qualité des questions embarrassantes. Le Nouvelliste sait être doux quand il chérit. Serge Gaudin a aimé cette douceur.

Post Scriptum I : « s’il y avait eu une candidature féminine, je n’aurais pas été candidat » La phrase correcte eût été : « s’il y avait eu une candidature féminine dans mon parti aussi bonne que la mienne, je n’aurais pas été candidat ».

Post Scriptum II : « on est venu me chercher ». Qui donc ?

 

Référence :

Le Nouvelliste du 21 juillet 2020 page 2

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

2 thoughts on “ÉTAT DU VALAIS. SERGE GAUDIN, L’ACROBATE ÉVOLÉNARD QUI SE JOUE DU PASSÉ”
  1. Dépôt de papiers…

    SG , dit-on, déposera ses papiers à Evoleina, sans y habiter…?! Lui aurait-on, comme au fameux couple franco-britannique hantant ces lieux, proposé un si généreux statut de forfait fiscal ?…

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