Éric Felley, pour LeMatin.ch, lui qui fut candidat en son temps au Conseil d’État valaisan, a lu les grands interviews parus dans Le Nouvelliste. Il est parvenu à une conclusion qui relève de l’évidence pour les observateurs attentifs de la vie politique valaisanne : les partis de droite veulent s’allier dans un gouvernement Vintage composé uniquement de personnes appartenant au clan de la droite. Tous souhaitent leur réussite partagée, dont le bilan politique voisine avec le néant; Roberto Schmidt, l’incontesté, PDC, se sait si fort outre-Raspille qu’il ne craint même pas de cajoler Franz Ruppen, UDC, qu’en d’autres temps il n’aurait pas manqué de vilipender avec autant de superbe qu’il utilise aujourd’hui pour le louer. Serge Gaudin, le poulain dit-on de l’extrême gauchiste Jean-Marie Fournier, a vite compris le petit jeu de la débroussailleuse du système : il peut dès lors avouer sans forfaiture qu’il était un parfait inconnu dans le Haut jadis, mais qu’il y est aujourd’hui très connu. Schmidt, Darbellay et Favre (bientôt encarté au PDC orange, ce qui doit illuminer les journées des Grands Radicaux Martignerains) se contorsionnent dans tous les sens pour prêcher en faveur du Blèque redevenu l’Évolénard de bonne compagnie politique. Les cinq, à des degrés divers, d’auto congratulent et se félicitent, encore en catimini, du tour pendable qu’ils jouent au Rouge qui ne cadrerait pas avec ce système si bien huilé pour les copains et les coquins.
« Pourtant, comme l’écrit Éric Felley, tout le monde sait que le socialiste Reynard n’est pas homme à faire de l’opposition systématique. Par contre, s’il siège au collège, il pourrait voir, entendre et comprendre des choses… Représenterait-il alors un danger pour cette harmonie qui règne dans les affaires du Conseil d’État? Pour les Valaisans, sa présence signifierait tout de même un contrepoids bienvenu, certes modeste, à ceux qui parlent à l’oreille de Dieu à travers ses représentants sur terre. Et, s’il devait être élu, cela relèverait aussi du miracle. ».
Les Valaisans ne sont pas tous combinards, unijambistes et complotistes. Certains fuient les combines; certains savent qu’ils disposent d’une jambe droite et d’une jambe gauche, s’appuyant sur l’une ou sur l’autre en fonction de l’avancement de leur marche; et les gens de ce coin de terre particulier n’aiment pas tous les pactes secrets conclus sur certains alpages reculés ou dans des carnotzets réservés aux initiés.
Ces Valaisans-là comprennent que la combinazione des parvenus voudrait faire la peau de Mathias de Savièse, ils voudront alors sans rancune plébisciter le conseiller national Reynard en lui confiant ce rôle si important de représentant des oubliés et des anti-magouilles.
Que le Valais ecclésial, monacal et bancal des forts de chez nous puisse imaginer conforter au-delà du raisonnable leur omnipotence en dit déjà long sur la puissance des retardés. Mais l’avenir n’est jamais certain, et l’improbable ne serait pas la réalisation d’un miracle, mais le surgissement inopiné de valeurs que d’aucuns auraient voulu faire disparaître, tels l’État de droit, la démocratie partagée, la solidarité appropriée, l’écoute assumée et la justice du bon sens.
Voter Mathias, ne pas oublier les femmes et contraindre Favre à tirer les conséquences de ses capacités réelles ne serait pas une mauvaise chose pour notre Valais.
Bonjour à ceux qui comprennent que ce discours, le mien, est celui de la juste raison, celui-là même qui constitue ce consensus helvétique bien différent du consensus des carnotzets.
