État du Valais, élection au Conseil d’État. 50 nuances d’incompétence. Frédéric Favre est dans la nasse (46/50)
22 mars 2021
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Le PLR peut croire L’1Dex trop sévère avec son poulain Frédéric Favre. Mais alors comment qualifier l’opinion émise par le NF lu, dit le slogan de ce journal, par 140’000 lecteurs. Le Nouvelliste a suivi la prestation du Chef des Institutions sur Facebook live. Voici la chose :
« On espérait du croustillant, de la révélation, des contradicteurs parmi les internautes, des questions piquantes de l’animatrice mais finalement… rien. Un peu comme dans chaque interview dans cette campagne le candidat PLR n’a pas dit grand-chose. Sur plusieurs sujets, il garde sa position pour le collège du Conseil d’Etat ».
Qui veut en effet voter pour un candidat qui ne dit rien, qui ne s’exprime jamais – jamais – sur le fond des dossiers et qui fait croire qu’il s’exprime clairement devant ses collègues ?
L’invocation du prétexte de la collégialité est l’un de ces arguments bateau qui ne passent plus la rampe même au milieu d’une législature; mais cet argument devient totalement abscons en pleine période électorale. Le minimum syndical qu’un citoyen lambda a le droit d’obtenir avant de déposer son bulletin dans l’urne en faveur d’un candidat est de connaître les intentions politique gouvernementales dudit candidat. Cette exigence est même accrue lorsque ce candidat revendique quelques jours après l’élection la présidence du Conseil d’État.
Mais non, comme l’écrit le NF, « dans cette campagne, le candidat PLR n’a pas dit grand-chose. Sur plusieurs sujets, il garde sa position pour le Conseil d’État ».
Certes, le PLR Favre pourrait soutenir que ses « grands amis » Roberto et Christophe manient également la langue de bois. Mais ce reproche est difficilement acceptable pour un sortant en danger. Monsieur tout le monde l’eût voulu moins amorphe, plus actif, moins démobilisé, plus inventif. Sur ce plan-là, Serge Gaudin, son principal rival, l’a tellement dominé que peu de monde aujourd’hui l’imagine battu par Frédéric Favre.
Le PLR, guère inspiré durant cette campagne, au cours de laquelle il cumula les erreurs, telle celle de l’appel désastreux du 28 mars qui provoqua un regain de soutien en faveur de Serge Gaudin, vient de choisir un imprimé tout ménage dans le Haut en ayant opté pour une mauvaise idée supplémentaire : faire croire aux Hauts-Valaisans qu’ils ne devaient pas voter pour Gaudin car ce choix mettrait en danger le deuxième siège haut-valaisan, celui dévolu à Franz Ruppen. Là encore, Favre a tout faux. En effet, le Haut-Valaisan de Brigue, de Visp, de Salquenen ou de Saas Almagell a compris depuis longtemps, et l’élection à la raclette de Marianne Maret l’a démontré, que l’alliance PDC Haut, Centre et Bas est une protection implacable pour lui contre toute tentative de restriction de ses avantages insolites. Alors, ce Haut-Valaisan ne va pas être dupé et votera avec encore plus d’acharnement atavique Serge Gaudin.
Ce tout ménage haut-valaisan semble n’avoir pas plu du tout à Christophe Darbellay lui-même. Celui-ci joue dans cette élection son avenir politique. Les grands manitous occultes du PDC lui ont fait comprendre en peu de mots qu’il ne défendrait pas un jour la bannière orange au Conseil aux États pour un retour à Berne si Franz Ruppen et Serge Gaudin n’étaient pas élus à La Planta. Christophe Darbellay a compris le message mieux que personne et, ayant échoué à dézinguer
Reynard au premier tour, à été contraint d’abandonner Favre au second. Car la politique n’est pas un jeu où la gentillesse paie; il faut savoir dans les moments chauds bousculer l’adversaire, quitte à le faire tomber, pour placer un dernier shoot gagnant qui le fera entrer dans l’histoire valaisanne. L’appel du 28 mars, la menace fictive sur l’un des deux sièges hauts-valaisans, la sympathie des citoyens pour le Rouge Reynard et la crainte de l’échec d’un colistier orange ont fait de Darbellay dans la Réal Politik du moment un ennemi acharné de celui qu’il soutenait le premier jour de la campagne.
Si le PLR avait ouvert sa liste à une femme énergique et compétente, la roue eût pu tourner dans l’autre sens. Pour avoir suivi aveuglément la volonté de Favre de ne pas accepter de colistière, le PLR va se retrouver dans l’opposition au parlement. Pris dans la nasse des filets de la politique politicienne, Frédéric Favre va retourner dans le privé avec le sentiment inconfortable d’avoir été le dindon de la farce.
Comme Oskar Freysinger qu’un apprenti politicien avait éjecté de l’arène en 2017 avec le soutien massif du Haut-Valais.
Bonjour à tous les stratèges politiques valaisans.
Alexandrin es-tu là ?
Lorsque le vent se lève, // le roi devient élève.
Apprenti dans le temps, // son refuge : la mi-temps.