Discuter, débattre, s’affronter, est-ce encore possible ?

17 juillet 2021

Jésus ou Mahomet ?

Climato-sceptique ou écologique intégriste ?

Vaccin ou anti-vaccin ?

La « religion » a envahi la Cité.

Un exemple éloquent choisi à L’1Dex : Mozon_Sun_Tzu ou Hippocrate ?

Je résume.

Le premier penche pour la criminalisation, à tout le moins déontologique, du second, qui estime que les responsables politiques qui recommandent la vaccination contre le Covid-19 sont eux-mêmes des criminels et les patients des presque suicidaires.

Le juriste formaliste pourrait leur répondre : vous êtes tant convaincu de vos énoncés que vous avez la responsabilité d’utiliser l’Etat de droit et de vous dénoncer réciproquement auprès du Procureur général, ce grand esprit valaisan, et d’exiger de lui l’ouverture d’une action pénale contre l’autre. A la résolution du litige, nous constaterons ensemble la vérité procédurale, qui peut être fort éloignée de la vérité humaine ou divine.

Les propagateurs de l’une ou l’autre thèse seraient eux-mêmes des criminels, dans un sens ou dans un autre, ce en fonction du champ que vous défendrez.

Ne pas choisir serait même en soi une lâcheté de délinquant.

Et, en sus, on imposerait à tout un chacun de choisir son camp. Je passe sur l’argumentation qui pollue à outrance les réseaux sociaux à un point tel que quelques-uns voudraient censurer avec fermeté les opinions pour éviter que les bonnes décisions soient contrecarrées par de mauvais esprits.

Je le dis comme je le pense : l’atmosphère devient irrespirable. Mais il semblerait que d’aucuns voudraient une prise de position – contrainte – dans un sens ou dans un autre de L’1Dex.

A titre personnel, je dirai ceci : Mozon_Sun_Tzu, qui ne veut pas que l’argument d’autorité travestisse les opinions des uns et des autres et qui préfère persévérer dans son mode d’anonymat, qui ne doit pas être confondu tout de même avec de lâches corbeaux, a été celui qui m’a, avec un médecin français très prudent, convaincu de me faire vacciner; son avis n’est donc pas à dédaigner. J’avais connaissance des arguments de l’autre camp, et j’ai décidé, voulant aussi pouvoir librement me rendre en Catalogne, de résister à la position d’Hippocrate. J’accepte l’idée que mon choix tient aussi un peu du pari, comme l’est d’ailleurs le choix des adeptes du refus. N’étant pas en fonction de décideur, je me garderai bien de donner une leçon à quiconque sur la nécessité d’imposer à tous le vaccin, quoique la balance entre responsabilité individuelle et responsabilité collective devrait tout de même être un indicateur de réflexion pour tout un chacun, et non seulement en fonction de critères économiques ou financiers.

En vacances, je dis clairement à ceux qui voudraient encore m’incommoder avec leurs certitudes, scientifiques ou politiques, de lire et de relire ce mot, car je n’ai plus rien à dire, laissant en l’état les scientifiques, plus ou moins aguerris à la rhétorique, se disputer entre eux sur leurs propres opinions, car la science, eh oui !, n’est pas que certitude, elle peut être aussi, elle doit l’être, soeur du doute et de l’ignorance. Les politiques pourraient quant à eux penser que leurs paroles ne sont pas toujours d’évangile, même si le suffrage universel les a conduits à être plus écoutés que d’autres.

Bonnes vacances.

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

12 thoughts on “Discuter, débattre, s’affronter, est-ce encore possible ?”
  1. Entièrement d’accord. Tout devient « religieux ». On anathème à tout moudre, la liberté individuelle est de plus en plus niée. « Repentez-vous, la fin du monde est proche ». C’est un peu Philippulus, dans l’Etoile mystérieuse de Tintin. Or la peur, surtout quand elle est collective, mène généralement à l’extrême-droite, au repli sur soi, voire au fascisme.
    En revanche, une petite prise de distance avec les événements, un poil d’humour, la vision du verre à moitié plein au lieu de le voir à moitié vide devraient pouvoir alléger ce sentiment de peur qui empêche de vivre, non ?

  2. Reçu par iphone :

    « Article intéressant. Pour débattre, il faut une culture. Cette dernière devient obsolète. car elle est un lieu qui suppose la conscience du commun, de l’universel. Advient un nouveau temps des masses: pas de sentiment collectif, la morale des meutes, pas d’individus forts, mais des individualistes paranoïaques. Bienvenue au au XXIème étage. Suis en train de relire 1984. Édifiant. »

    1. Une certaine paranoïa ne peut s’installer que dans des groupes d’individus régressés.
      Et contaminer.
      Ne pas ou plus attendre de réflexion possible, elle n’a plus sa place.
      Terrifiant constat en attente d’un retour au bon sens et à l’autonomie de la réflexion.
      Courage.

    2. Je me répète peut-être mais le problème central est qu’il n’est pas possible de discuter débattre, s’affronter correctement dans nos académies. Ce qui paraît pourtant essentiel pour des institutions qui font dans la reproduction sociale et fonde l’avenir de la jeunesse et de la société.
      1. Certaines (HES-EPF) n’ont pas pour buts de développer un esprit critique mais de faire de la science appliquée avec des partenariats public-privé (le public en mode double freins à l’endettement paie la recherche de multinationales blindées de copecs : chercher l’erreur….)
      Il paraît difficile de parler dans ce champ de scientifiques (combien d’usurpateurs ?), il serait plutôt judicieux de les nommer ingénieurs. Bien qu’ avec le modèle d’innovation actuel provenant quasi à 100 % des Us, le terme génie est presque de trop, alors applicateurs, diffuseurs, propagandistes serait plus adéquat face à la teneur de leurs discours.

      2. Les universités s’éloignent de la critique qui est pourtant stipulée par la loi de l’université pour se diriger vers un modèle HES-EPF plus US-UE compatible. C’est clairement la volonté d’une institution comme Swissuniverties. Dans les faits, cette #HESisation# des universités conduit à une perte significative de discussion, débat, affrontements. Par expérience universitaire, j’ai pu observer une fatwa systèmatique contre tout scepticisme aux projets européens/US. Cette opposition qu’elle soit d’ordre écologique, social, etc. est systématiquement stigmatisée : exemples

      – Etiquette UDC même si la personne n’est pas du parti. Pour vous dire j’ai été mis dans cette case parce que j’ai affirmé être fier d’être suisse pour sa diversité lors d’un cours de géographie culturelle, avec un professeurs d’origine suédoise, l’un de ces 100 romands gratifié par feu hebdo, gradé chez Swissuniverties, en faveur de cette #HESisation# des universités…
      La question en fin d’année de ce cours sur les identités nationales était diablement perverse :# après cet enseignement, qui est fier d’être suisse ?# Personne n’a levé la main à part moi dans la classe…

      2 : #si c’est pour faire les écolos sortez de la classe# plutôt cocasse pour un cours sur la transition énergétique et son éthique si #verdoyante#. Je regrette presque ne pas être sorti de classe pour ramener illico le doyen de la faculté.

      3. Même problème dans le social où il est plus important de sauver le porte-monnaie du gratin européen, des assureurs-banquiers, de Bill Gates et cie que la peau du working poor, du malade, de la personne âgée.

      Ce problème est systémique dans nos académies et se doit d’être réglé afin de reproduire ces valeurs de débats, discussions, critiques qui sont les prémisses indispensables d’un espace public dans une société. Car actuellement, des jeunes génies, HP comme Raoult se font écarter de manière odieuse du champ académique afin de garder les plus serviles employés. Pr Pittet avoua qu’il n’aurait pas donné les crédits minimum à Didier Raoult s’il l’avait eu comme élève : on atteint là le sommet de la honte, avec le bonnet d’âne pour Tournesol et la palme d’or pour les pimbèches comme Buzyn, Lacombe, Hurst.
      Difficile de trouver des mots pour une telle déchéance.

      Inutile de chercher des noises aux complotistes-scientifiques, inutile de responsabiliser le pecno, le mal est d’origine institutionnel et le mal se soigne à la racine.

  3. Reçu de l’iphon de Alexandre :

    « Le problème c’est qu’il n’y à jamais vraiment eu de débat, concernant la gestion de cette crise, en France en tout les cas, toutes le decisions on été prisent par Macron et son conseil de défense. On a d’emblée interdit les traitements pour faire un boulevard aux vaccins ( qui n’est pas aussi efficace qu’on nous l’a dit : 3ème injection à venir ) et qui risque d’être abandonné au profit un traitement efficace.
    On a diabolisé les traitements comme l’hydroxychloroquine et azitromicine, l’ivermecrine… On a diabolisé les véritables l’élites du corps médical au profit de médecins de plateau télé potentiellement en conflit d’intérêt.
    Avec Macron d’une manière générale, il n’y a plus vraiment de démocratie. »

    L’1Dex :

    La démocratie, c’est aussi un peu faire confiance jusqu’aux prochaines élections aux élus en pouvoir de décider. Non ?

    1. A votre réflexion dominicale.

      « La structure d’une société, d’un état monolithique, quelle qu’en soit sa forme, à unification, à cohésion identifiante trop fortes, despotiques, qui paralysent et stérilisent les forces antagonistes de libération de la diversification individualisante, s’achemine irrésistiblement, de part le déterminisme énergétique morbide de ses propres structures, vers sa sclérose et son anéantissement. ses parties motrices se grippent, son coeur s’affaiblit et cesse bientôt de battre. »

    2. La confiance a été mise à mal quand tant l’UE que la Suisse se sont rués sur le Remdesivir tout en diabolisant l’hydroxychloroquine, aux frais des contribuables, alors qu’une simple googelisation sur le sujet Remdesivir permettait rapidement de voir que ce traitement n’était que du vent et histoire de gros sous, confiance mise à mal avec des fermetures de restaurants sans aucune preuve que ces lieux auraient été particulièrement dangereux par rapport à certains transports publics bondés qui eux restaient ouverts, confiance mise à mal quand Berset dit durant l’été 2020 dans l’illustré que le virus ne semble pas muter alors qu’entre autre Raoult a dejà observé plusieurs variants et l’a déjà annoncé à maintes reprises, confiance mise à mal quand ici en Suisse on interdit aux praticiens de traiter leurs patients avec de l’hydroxychloroquine medicament utilisé depuis toujours et que par contre on y va quasi les yeux fermés avec des vaccins qui eux sont tout récents, confiance mise à mal quand les élus évoquent l’immunité collective alors que celle-ci n’est démontrée que pour les maladies sans variants donc pas du tout démontrable pour le covid, confiance mise à mal quand on discrimine des gens responsables qui n’ont jamais eu le covid ayant toujours été scrupuleux avec les gestes barrière et donc ne l’ont sans doute jamais transmis mais à qui on dit il vaudrait mieux que vous l’ayez eu sans cela pas de certificat covid, etc… Etc… Bref confiance mise à mal!

  4. L’avis de C.C. :

    « Discuter, débattre, s’affronter…

    Oui, volontier, surtout discuter pour combattre les idéologues « professionnels » qui utilisent tous les ressorts de la manipulation intellectuelle des masses par la perversion et la reformulation du langage.

    Tout comme les théories nazies et communistes à une époque pas si lointaine, il nous faut faire preuve à nouveau d’intelligence et réflexion sérieuse pour avoir un avis personnel afin de déconstruire ainsi un à un les propos des manipulateurs de mots pour combattre la confusion des esprits qu’ils entraînent en distinguant le vrai du faux. »

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