Affaires FIFA, le procès Blatter – Platini. L’amoralité des prétoires (60)
22 juillet 2022
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Le MPC et la FIFA ont donc annoncé le dépôt d’un appel contre les acquittements de Sepp Blatter et de Michel Platini, qui devra intervenir dans les vingt jours suivant la notification du jugement motivé qui sera rendu par le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone.
Le MPC est supposé être le défenseur de la société civile. Dans le cas particulier, il s’est arrogé le droit de croire que la société civile aurait été gravement choquée par le versement de deux millions d’euros voulu par la FIFA de Blatter en faveur de Michel Platini. Et l’appel serait l’acte de volonté supplémentaire de notre défenseur à tous, le MPC, de faire régner le droit de manière uniforme en Suisse.
En réalité, comme chacun le sait ou le devine, Thomas Hildbrand a pris une belle claque en recevant un jugement d’acquittements alors même qu’il avait traité d’escrocs les accusés Blatter et Platini. En formant son appel, il ne soigne pas l’uniformité de l’application du droit pénal en Suisse, il soigne son ego salement malmené par les trois juges de Bellinzone. Et il croit aussi cicatriser les plaies béantes qui sont celles du ministère public de la Confédération dans les affaires de criminalité économique. Thomas Hildbrand, en choisissant d’annoncer l’appel et en le confirmant plus tard, aura revêtu la robe de la défense de son orgueil et de celle de la débandade du MPC de Michael Lauber.
La FIFA est supposée défendre le football. Pense-t-on sérieusement, de Rio de Janeiro à Sydney, de la CONCAFAF à l’UEFA, de Madrid à Berlin, de Beckenbauer à Beckham, de Mourinho à Guardiola, de Bernardo Silva à KDB, et même de Christian Constantin à son fils Barthélémy, que le football sera mieux défendu par le dépôt d’une déclaration d’appel contre l’acquittement de Michel Platini, défenseur du beau jeu, que par l’abstention d’un tel acte avec la volonté de dépasser les rancoeurs de hier ?
Le MPC et la FIFA ne sont devenus que les prête-noms ou les syntagmes d’une justice de barbouzes, qui s’est illustrée dans des rencontres secrètes et occultes destinées à favoriser non pas les intérêts communs de la société civile et du football, mais ceux d’individus ne prenant pas même en considération les souffrances déjà excessives subies par les proches de leurs cibles.
Corinne et Christelle ont appris à leurs dépens, hier et aujourd’hui, que les institutions judiciaires ou sportives valent strictement ce que valent les hommes qui occupent les fonctions les constituant. Et dans le Fifagate, made in Switzerland, le moins que l’on puisse écrire est que les héros bernois et zürichois de la chose ont démontré une capacité à s’extraire du droit et de la loyauté qui fait froid dans le dos. Mais que valent les pleurs de femmes d’innocents au moment où « nos » représentants nommés choisissent d’apposer leur signature sur un acte procédural d’une violence inconnue de ceux qui jamais ne commettent la moindre erreur de jugement.
Pourtant, accordons un sursis à ces braves suppôts de l’iniquité : gageons qu’ils peuvent encore renoncer au prochain désastre, éviter d’autres frais payés par nos impôts et écrire une autre fin à cette histoire que celle du déshonneur.
En renonçant à l’appel.
On peut rêver …
Bonjour à tous les amis de la justice mesurée empreinte de célérité.