
Des fans du FC Sion portent plainte contre la police cantonale dénonçant avec l’appui d’une vidéo de surveillance une bavure commise par la police qui explique son intervention ce jour-là par l’existence d’un match de football à haut risque qui avait déjà eu lieu entre le FC Sion et le FC Servette, deux clubs pas forcément animés par une amitié marquée.
Dans le champ de la physique quantique, les meilleurs théoriciens semblent s’entendre pour dire que les quanta ne sont ni ondes ni corpuscules, mais se présentent parfois comme des ondes parfois comme des corpuscules. La police est à la société ce qu’est le quantum à la physique, un univers déroutant qui fonctionne selon des règles dont la variabilité est une constance indéboulonnable, un peu comme une procureure qui invoque la loi mais s’en extrait curieusement dans certaines occasions inquiétantes.
Il y a toutefois, crois-je devoir l’écrire, une différence de nature entre une procureure qui déraille et un policier qui disjoncte. La première a eu tout le temps de réfléchir à son unique décision, le policier agit très souvent dans cet espace-temps si « rapide » que le simple citoyen comprend qu’il lui soit attribué une sorte d’infaillibilité monentsnée qu’on ne saurait accorder à une magistrate qui doit penser ses actes dans son bureau avant de les commettre hors-la-loi.
Alors dirais-je dans ma méconnaissance réelle des faits révélés par Le Matin Dimanche sous la plume d’un ancien journaliste du Nouvelliste, Dimitri Mathey, il sied pour distinguer le bon grain de l’ivraie de déterminer avec précision l’auteur – ou les auteurs – des coups de matraques délibérés, défensifs ou offensifs, et de jeter un coup d’œil approfondi sur leurs antécédents afin de déterminer s’il est opportun de renvoyer la séquence qui eut lieu à la Place du Midi dans les rangs d’une simple procédure disciplinaire ou dans celle d’une lourde procédure pénale.
La sagesse voudrait que cette cause sensible ne soit pas attribuée à une Procureure qui aurait déjà grandement failli mais à une ou un collègue qui aurait lu « Regards sur la matière » de Bernard d’Espagnat et Étienne Klein. Mais je le concède il n’est pas sûr que ce saint homme ou cette sainte femme existe au sein du corps judiciaire valaisan.
La conséquence de cette analyse « rapide » est qu’il est d’une improbable improbabilitè qu’une mise en accusation d’un policier débouche sur un jugement public qui aurait pour effet d’aggraver d’une certaine manière le désordre provoqué par des supporters qui ont le droit, peut-être même le devoir, de considérer que leurs propres excès dans les stades n’ont pas pour vocation de calmer les ardeurs des forces de l’ordre qui ne sont pas constituées vous me l’accorderez par des philosophes du désordre.
Donc la présomption d’innocence doit s’impliquer aux violeurs, meurtriers, trafiquants de drogue, avocats, cols blancs ou autres, mais pas à la police ?