Patatras final. Projet québecquois novateur de coordination parentale à importer en Valais

24 juillet 2025

Liminaire

Actif depuis vingt-cinq ans dans le champ de la protection de l’enfance à l’exemple d’autres avocats et intervenants sociaux, j’ai été amené à être confronté à des situations franchement délétères dont les sources, parfois mais pas toujours parentales, peuvent avoir leur origine dans des dysfonctionnements institutionnels remarquables pouvant déboucher sur des conflits peu ragoûtants

Après des années au cours desquelles j’avais souligné à l’interne des nécessités f’avancées indispensables dont je n’ai jamais senti les fruits, j’ai rédigé près de 300 articles pour L’1Dex relatant des moments de dérives majeures dans la série des Patatras.

Au hasard – qui n’existe pas – de rencontres en Catalogne, j’ai côtoyé depuis l’enfance de mes filles un père canadien confronté comme d’autres ici à des événements qui dépassent l’entendement. Et voici que cet été il m’interpelle en se réjouissant d’un nouveau processus inscrit au cœur de la procédure née de conflits parentaux dont les caractéristiques me paraissent répondre à ce qui devrait être tenté chez nous en Valsis.

Quoi de mieux en fait pour conclure mes Patatras que de proposer à nos sutorités les plus hautes une route à suivre qui a été pensée par des Québequois, ceux-là mêmes qui à travers le malentendu de la parole de l’enfant du professeur Hubert Van Gijseghem (cf. Illustration) m’avait conduit à m’intéresser à travers la psychanalyse à ces choses-là.

Je vais transmettre cet article à travers les réseaux sociaux aux deux conseillers d’État en charge directe ou indirecte de ces questions, soit à Stéphane Ganzer, successeur de l’ineffable Frédéric Favre au département des institutions qui surveille en quelque sorte les autorités de protection de l’enfant et de l’adulte, et à Christophe Darbellay qui a la responssbilité du service cantonal de la jeunesse, qui sauront devons-nous l’espérer être des guides inspirants pour la Cité. C’est à tout le moins pour cela qu’ils ont voulu faire de la politique.

Je vais aussi transmettre cet article aux quelques parents que je considère assez intelligents et sensibles pour participer à la diffusion citoyenne de cette démarche dont le sens ne peut échapper qu’à ceux dont la personnslité eût dû les écarter de la prise en charge de l’avenir de tous les enfants.

 

Une réponse aux conflits sévères post-séparation

Dans un contexte où la séparation parentale engendre souvent des conflits persistants et nocifs pour l’enfant, la Cour supérieure du Québec, district de Montréal, propose une approche innovante : le Projet de Coordination Parentale (PCP). Ce dispositif, mené en partenariat avec le Barreau du Québec, des organismes spécialisés en médiation familiale et le ministère de la Justice du Québec, vise à soutenir les familles traversant des situations particulièrement conflictuelles malgré l’existence d’un jugement définitif sur la garde ou les droits d’accès.

Les fondements du modèle québécois

Le PCP repose sur une intervention multidisciplinaire mêlant droit et santé mentale autour des principaux axes suivants :

• Suivi continu par un même juge tout au long du processus de coordination parentale
• Accompagnement collaboratif des avocats centrés sur l’intérêt supérieur de l’enfant
• Intervention d’un professionnel qualifié qui aide à l’application ou l’adaptation du jugement existant
• Séances de coparentalité de groupe destinées à favoriser la communication et la compréhension mutuelle entre parents
• Participation obligatoire à une recherche psychologique visant à évaluer et améliorer l’efficacité du programme

Ce processus offre une gestion structurée du conflit : analyse de la dynamique familiale, interventions éducatives, gestion de cas, recommandations formelles et, si nécessaire, modifications du jugement parental avec consentement des parties.

Objectifs poursuivis

• Assurer la mise en œuvre du jugement existant tout en pouvant clarifier ou ajuster certaines modalités
• Favoriser des relations saines parents-enfants
• Améliorer les compétences parentales via coaching, communication et résolution de conflits
• Soumettre, en cas de blocage, des recommandations éclairées au juge et aux avocats

Accès au projet et critères d’exclusion

Le programme cible les parents séparés confrontés à des conflits sévères, manifestant des difficultés à prendre des décisions communes ou à appliquer un jugement existant. Il exige la représentation par avocat, l’existence d’un jugement, et une demande en modification de garde ou d’autorité parentale. Certains cas, notamment de violence ou lorsque l’enfant fait l’objet d’un signalement à la protection de la jeunesse, sont exclus du dispositif.

Déroulement du processus

1. Dépôt de la demande conjointe et validation des dossiers par un juge coordonnateur
2. Gestion active du dossier par le juge assigné, incluant conférences et évaluations régulières
3. Bloc d’heures d’intervention (jusqu’à 45 heures financées pour chaque famille)
4. Programme obligatoire de coparentalité (trois séances)
5. Suivi et rapport final transmis à la cour, avec la possibilité de transfert vers le secteur privé à coût encadré

Rôle des acteurs

• Avocats : encouragent la collaboration, supervisent le respect de l’intérêt de l’enfant et le bon déroulement du processus
• Coordonnateur parental : évalue, accompagne et adapte les interventions aux besoins spécifiques de la famille

Pourquoi importer ce modèle en Valais ?

Le Valais, à l’instar du Québec, connaît une augmentation des situations où la médiation classique échoue face à des parents durablement embourbés dans des dynamiques conflictuelles. La coordination parentale offre une alternative structurante qui rompt avec la spirale contentieuse traditionnelle :

• Flexibilité : adaptation sur mesure en fonction des familles, possibilité d’évolution du dispositif
• Prévention : réduction de l’escalade judiciaire et des répercussions négatives sur l’enfant
• Efficacité : suivi continu assuré par un même juge et bilan à chaque étape clé
• Encadrement des coûts : limitation des frais grâce au financement public initial puis à la possibilité de poursuite à tarif régulé

Conclusion

L’expérience montréalaise démontre qu’une telle approche, fondée sur l’intérêt de l’enfant, la continuité judiciaire et l’accompagnement spécialisé, transforme la gestion des conflits post-séparation. L’application d’un projet de coordination parentale en Valais constituerait une avancée, majeure, en offrant aux familles un nouveau chemin vers la résolution pacifique et collaborative des différends parentaux. Les instances judicaires et les professionnels du droit et de la famille valaisans auraient tout intérêt à s’en inspirer pour répondre aux défis actuels des séparations à haut conflit.

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

2 thoughts on “Patatras final. Projet québecquois novateur de coordination parentale à importer en Valais”
  1. https://www.routledge.com/The-Routledge-International-Handbook-of-Shared-Parenting-and-Best-Interest-of-the-Child/deTorresPerea-Kruk-Ortiz-Tallo/p/book/9780367691455

    RÉSUMÉ DÉTAILLÉ du TITRE « The Routledge International Handbook of Shared Parenting and Best Interest of the Child ». Édité par José Manuel de Torres Perea, Edward Kruk et margarita Ortiz-Tallo, publié pour la première fois en 2021 : sur la Parentalité partagée, articles de synthèse Contenu RÉEL de PARTIES : I Meilleur intérêt de l’enfant, II Profil socio-économique, III Parentalité partagée et aliénation parentale, IV Règlement extrajudiciaire des différends, V Évolution récente.

    DETAILED SUMMARY of TITLE ‘The Routledge International Handbook of Shared Parenting and Best Interest of the Child’. Edited by José Manuel de Torres Perea, Edward Kruk and margarita Ortiz-Tallo, first published 2021 : on shared parenting, summary of articles REAL contents of PARTS: I Best interest of the child, II Socioeconomic profile, III Shared parenting and parental alienation, IV Alternative dispute resolution, V Recent evolution.

    L’un des éditeurs du livre, le professeur canadien Edward Kruk, a donné une conférence au sujet de la coparentalité à SIERRE le 26 mars 2025, organisation par Compétences Familles Isabelle VUISTINER.

  2. Un système contre les juges ne mettant pas en priorité les intérêts et biens des enfants, c’est cela qu’il faut. Un système qui vérifie les Juges, car le Conseil de la Magistrature inauguré par Frédo n’est manifestement qu’un instrument de protection des affaires de corruption.

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