FANTI. LIPDA ET POIL A GRATTER (3)

11 mai 2018

Avant l’arrivée de Sébastien Fanti à la protection des données et la transparence, le Valais occupait l’espace préhistorique de ce territoire singulier du droit. À dire, personne ne se souciait d’appliquer la LIPDA. Mais Berne veillait. Il a donc fallu faire des semblants d’effort. Et puis, un Sédunois, élevé à Savièse, mis à la rue du jour au lendemain (tiens donc, un point commun que je partage avec lui, qui n’a cependant pas eu la joie découvrir un jour au petit matin les classeurs de ses clients dans la boue de son jardin privatif [les avocats sont particulièrement soucieux du respect de la loi !]), a décidé de s’investir avec passion dans la connaissance de la loi régissant la protection des données, puis de postuler à la fonction de préposé cantonal. On chercha à lui mettre les bâtons dans les roues, on fit croire qu’une dame convenait mieux pour le poste, puis on dut céder devant l’argument de la compétence, L’1Dex ayant participé un peu à l’éclosion de ce fleuron.

 

Et Fanti se lança à corps perdu dans ce travail de passion. Il s’intéressa à l’Hôpital du Valais, à la protection des patients, au Verbiergate, au mercure, aux écoles et à plein d’autres choses, qui échappèrent à la connaissance de l’administration et des politiques. Il chatouilla les oreilles des plus bêtes, fit un bout de chemin avec les plus éclairés, aima à afficher ses réussites dans la presse et réussit même à convaincre dans le spectacle 2017 de Recrosio. Il ne pouvait donc que susciter de sérieuses jalousies.

 

On a donc vite saisi que le Valais institutionnel apprécie surtout de n’en faire qu’à sa tête, de n’appliquer la loi qu’avec parcimonie et aime peu ceux qui sèment du poil à gratter. Le Valais des importants et des dominants voudrait pouvoir bâtir à sa guise à Verbier, polleur à qui mieux mieux près de la La Lonza, oublier les problèmes de sécurité informatique dans le champ médical, ignorer ce qui peut advenir des photographies d’enfants de chez nous postés sur facebook, laisser le soin aux communes de faire fi de la protection des données, permettre  aux municipalités de refuser de transmette aux citoyens des documents officiels, etc., etc.

 

Mais voici qu’un homme à lunettes, qui aime les Omega, le basketball américain et les James Bond, et qui en connaît un brin sur les hackers et les systèmes informatiques, qui sait travailler en réseau, vient expliquer que, peut-être, oui, il faudrait bien, changer quelques petites choses dans les administrations publiques de chez nous. Mais comment ? N’étions-nous point parfaits ? N’étions-nous point des hommes à imiter dans toutes leurs facéties ? N’étions-nous pas les garants inflexibles de l’Etat de droit, de la loi et de la justice ? Et bien, non, a dit Poil à gratter ! Il faut améliorer quelques petites choses. Et, oui, ça va coûter quelques sous ! Et, oui, il faut obéir à la loi ! Et, oui, il y a des procédures à suivre et des personnes à respecter !

 

Mais, le Valais des importants et des dominants s’insurge. Mettons une belle annonce dans la NZZ ou je ne sais où et virons cet amateur de bons plats, qui ose faire des conférences pour expliquer à des managers, à de hauts fonctionnaires et à quelques chefs d’Etat qu’il est bon pour tous que la transparence fonctionne vraiment.

 

Le suspense est à son comble : le Valais qui ne pourra pas organiser les Jeux Olympiques sera-t-il à même au moins de se débarrasser de ce poil à gratter ?

 

Bonjour à tous les vendeurs de poil à gratter !

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

One thought on “FANTI. LIPDA ET POIL A GRATTER (3)”
  1. Si c est une question de grosse tête le valet des mensonges est un géniteur de monstres ! L enscensoire
    de jeux en contre balance ! Brindilles bottes de foins , que l aiguille qui cout ce linceul depuis des lustres .

    Qui cherchez vous à surprendre ? le linceul , son contenu , ou le vide à venire . ..

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