Les résultats des sondages, connus des importants depuis quelque temps, inquiètent ces dominants : se pourrait-il, se disent-ils entre eux, à l’apéritif à onze heures ou dans un carnotzet à plus d’heure, que nous ayons à ce point mal jugé la capacité du peuple à suivre, tel un troupeau de moutons, nos indications ? Se pourrait-il que nous fussions à ce point éloignés de la vérité des citoyens ? Se pourrait-il qu’en dépit de nos injonctions cette candidature pour les Jeux Olympiques de 2026 dérive vers la négation de nos valeurs, c’est-à-dire de notre faculté à être considérés comme des chefs ?
Et ces questions deviennent peu à peu insupportables pour ceux-là mêmes qui les énoncent. Ils ne peuvent envisager leur propre erreur, ils ne peuvent imaginer avoir eu tort d’avoir accompagné Christian Constantin et d’autres, vers ce lieu présenté comme un abïme par leurs adversaires, ils ne peuvent croire à leur manque d’intuition politique.
C’est alors que les plus chefs des grands chefs des petits chefs se disent entre eux : nous devons riposter, nous devons contre-attaquer, nous devons nous imposer, nous devons gagner et l’emporter. Comment ? En accroissant le rythme de notre propagande. En intensifiant notre force dans les réseaux. En écrasant les importuns et les pessimistes. En utilisant notre armée. Quelle armée ? Mais l’ensemble de l’armée bureaucratique qui nous permet de diriger, avec une main de fer dans un gant de velours, nos administrés. Travaillons au corps tous les fonctionnaires pour que ceux-ci, intéressés subitement au projet, déploient leur bonne parole vers la Cité et disent à tous ceux qu’ils rencontrent à quel point le Valais serait bénéficiaire des largesses de la Confédération et du CIO. A quel point le Valais est à même de créer des championnes capables de s’imposer lors de la descente olympique le 14 février 2026. A quel point même le Valais est à même de soigner la corruption endémique du CIO. A quel point peut-être, grâce au Valais, il n’y aura plus du tout de drogue dans le ski fond. Un pas de plus, et on devine que nous serons prêts, plus tard, à organiser les Jeux d’été !
Les bureaucrates, c’est-à-dire les fonctionnaires qui ne réfléchissent pas et qui obéissent sans penser, n’ont pas pour habitude de vie de s’opposer aux injonctions venant d’en haut. Ils se plaisent plutôt à faire des courbettes, à soigner leurs baise-main et à saliver lorsqu’un important fait semblant de s’intéresser à eux.
Il faut espérer, comme je le crois, que l’employé d’Etat de chez nous a encore le goût du service public, et sait faire la distinction entre le bien public et les intérêts privés. J’ai dans l’idée que les fonctionnaires valaisans ne sont pas comparables aux organes de Bagnes et qu’ils sauront, dans le secret des urnes, s’interroger sur leur rôle de citoyens responsables. Ils ne voudront alors pas être comparés, même indirectement, à ces hommes qui ont accepté des passe-droits criminels dans le Verbiergate et dans la construction du parking des Marais-Verts à Verbier.
Plus tard, il faudra s’interroger sur la facilité avec laquelle Christian Constantin a pu s’immiscer dans les réseaux publics, en sa qualité d’entrepreneur privé, et convaincre jusqu’aux plus dominants, de le suivre vers le gouffre profond des Jeux Olympiques, marqué par la présence d’une corruption massive en son sein, de privilèges ouatés accordés à quelques illuminés et de prévarications secrètes couvertes par la lâcheté du monde des seigneurs.
Quelque vingt ans après l’échec de Torino, Sion est confronté à son histoire. Finalement, la vraie fierté valaisanne ne serait-elle pas de dire NON au CIO, comme le ferait la belle Marguerite que Simon le vaillant a rejeté à trois reprises, lui préférant successivement Sonia, Alexandra et Martina ? Sion a voulu dans le passé, avec ferveur, devenir Ville Olympique. Les membres du CIO ont compté leurs sous et nous ont dit NON. Pourquoi donc aujourd’hui donner notre accord à ce projet, alors que dans l’intervalle notre coconctracant lausannois a dérivé au-delà du raisonnable, à l’exemple de ce Haut-Valaisan célèbre mais que l’histoire aura bien de la peine à embellir, Sepp Blatter.
Il y a plus peut-être : l’appareil d’Etat, les gouvernants de chez nous, pour des raisons qui leur appartiennent, ont choisi de suivre le choucroutier du CERM, l’incendiaire du Matterhorn, l’empereur du coup de pied aux fesses, le prédateur des sols de la plaine, l’amoureux transi de Christophe Spahr, et de se lancer dans une campagne publique en prenant fait et cause pour le projet olympique, avec des moyens surréalistes; comment jugeraient-ils une victoire « démocratique », à la sauvette, dans les urnes ?
Le Valais mérite mieux. Sion mérite mieux. Nos enfants méritent mieux.
Bonjour à tous ceux qui ne craindront pas de dire NON le 10 juin 2018 !
Très bon article, il faudrait pourtant une ouverture et une alternative. Personnelment, je serais heureuse que les JO d’hiver soient organisés en Suisse et en Valais (le meilleur environnement au monde pour un tel événement universel !). Mais, bien sur il faudrait des experts hyper-compétents, avec une dimension internationale et …. personne à la recherche de privilèges particuliers r p
Très, très bon article. Cependant sans ouvertures. Personnelement je serais heurese que les JO d’hiver puissent être organisés en Suisse et en Valais (le meilleur endroit au monde, adapté à un tel événement universel ). Mais il faudrait confier l’organisation à des experts internationaux hyper-compétents et sans doute exclure tous ceux qui recherchent des privilèges immédiats et futures. r p