SION JO 2026. COMMENT A-T-ON PU ÊTRE SI BÊTE ? (235)

3 juin 2018

Certains n’ont pas su ne pas tirer le bouchon trop loin : ils ont alors escaladé en hélicoptère le Cervin, ne percevant pas qu’ils préfiguraient ainsi la démesure olympique contre laquelle ils prétendaient lutter.

 

Le NF a fait semblant d’organiser un débat interne au journal entre l’opposant Xavier Lambiel et le rédacteur en chef, favorable au projet depuis longtemps. Les dominants ont dès les préliminaires initiées par Cri Cri d’amour choisi de se lancer dans ce projet, extrêmement rentables disaient-ils. Xavier Lambiel rétorque aujourd’hui avec un argument encore plus convainquant que celui de Cyrille Fauchère, et qui traverse la Cité comme une traînée de poudre : mais comment a-t-on osé se lancer dans une telle aventure sans l’avoir mieux préparée ?

 

Parmi tous ceux qui vont renforcer le NON, il y en a tout de même un certain nombre qui ne sont pas absolument contre les Jeux, mais qui estiment que le projet qui leur est présenté est si mal fagoté que le risque financier en devient insupportable. Dans le même sens, un certain nombre de citoyens considèrent que l’amateurisme des professionnels de la campagne apparaissait avec tant de force qu’ils ne pouvaient envisager de leur laisser les cordons de la bourse et le gouvernail. Cet à-peu-près, ce flou artistique érigé en dogme d’avenir, ce peu d’assurance médiatique dans le débat, ces approximations récurrentes, tant dans les chiffres que dans le discours, ont convaincu pas mal de citoyens de simple bon sens qu’il ne s’agissait pas tant d’une problématique financière que de celle du leadership du projet. Et lorsque CC joua à l’homme providentiel, la messe était déjà dite pour des femmes et des hommes qui n’étaient ni de gauche, ni Verts, ni de vertueux promeneurs du dimanche opposés par ptincipe au sport de compétition. Certains n’ont pas su ne pas tirer le bouchon trop loin : ils ont alors escaladé en hélicoptère le Cervin, ne percevant pas qu’ils préfiguraient ainsi la démesure olympique contre laquelle ils prétendaient lutter. Comment a-t-on pu être si bête ?

 

Les plus aigris, qui anticipent une défaite non encore advenue, cherchent alors des arguments du côté des adversaires en évoquant qui la peur, qui la désinformation, qui la couardise, qui la manipulation, comme s’il ne suffisait pas de s’appuyer sur l’incommensurable bêtise du commando des OUI (fioul sentimental, coup de pied au popotin, Panama Papers, communication chaotique, bénéfices prévisionnels d’exploitation, frilosité sédunoise, l’oeuvre littéraire de CC, dénigrement des opposants [Christophe Spahr], casting défaillant pour les débats [Canal9, Infrarouge],…).

 

Le Valais était prêt pour les Jeux 2006. Vingt ans après, le Valais ne peut avoir oublié l’affront du 19 juin 1999, il n’est donc pas prêt pour les Jeux (au rabais) de 2026. Le résultat du 10 juin n’importe donc déjà plus.

 

Bonjour à tous ceux qui n’auront pas oublié d’avoir voté !

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

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