Les défaites commerciales manifestes des journaux, des quotidiens, des hebdomadaires, des émissions radiophoniques ou de télévision (la redevance n’est pas un acte volontaire des consommateurs !) ne peuvent trouver leur seule explication dans les baisses drastiques des ressources publicitaires, ni dans l’éclosion de la toile. Le journaliste a sa part personnelle de responsabilité.
Le journalisme n’a-t-il pas disparu par sa propre faute ? Le Matin disparu n’est-il pas aussi mort par les propres actes de ses journalistes ?
Car, peut-on parler de journalisme dans la confection de 20Minutes et du Matin ? Peut-on parler de journalisme lorsque l’employé rédacteur de Tamedia se transforme en agent communicant ou en enregistreur d’un invité, d’une personnalité, d’un parti politique, d’une association, d’une institution ? (1)
La confection d’articles people est-elle du journalisme ? (2) (6)
Et puis encore : chroniqueuse d’un agenda en forme de post-il, est-ce du journalisme ou un prétexte d’écriture pour former le lecteur aux subtilités de la langue française ? (3)
Dans le champ infini des causes de la disparition d’une profession, s’il fallait privilégier une seule cause à toutes les autres, je donnerai la priorité à celle-ci : la communication n’est pas journalisme (4)
Et les exemples de dérive du journalisme vers la communication sont légion (5).
Le pari du journalisme est un pari difficile. Mais n’y a-t-il pas certains encore pour tenter de prendre cette voie impossible ?
Bonjour à tous les journalistes, qui méritent qu’on les qualifie sans les guillemets !
(1) Nicolas Jacquier, du Matin, est-il le communicant, l’enregistreur ou l’agent publicitaire de Christian Constantin ?
(2) On peut se demander si les pratiques du people dans la presse ne sont pas l’exacte image inversée de cette profession, telle qu’elle tente de se constituer socialement et politiquement : voir ici.
(3) Pour la différence entre prémisses et prémices, voir ici.
(4) Le journaliste n’est pas un communicant, voir ici.
(5) Gilles Berreau interviewant Roberto Schmidt, que voilà un cas magnifique pour toutes les écoles de journalisme, voir ici.
(6) Pense-bête(s) politique(s) :

Mais enfin bientôt c est les robots qui diront la messe alors le journalisme !
C est la quantique Lucy qui sait udc qui pondra les articles à fichu ! De nos jours dit foulard que muselière en prime . Journal de musée ! Savoire d artifices .
Couards ….
Pourquoi le journalisme a disparu? Bonne question ! Et si c’était parce qu’il avait déjà cessé d’exister le jour où 99% des journaux dits d’information sont devenus la propriété à 100% des gens d’argent et, pour la France, des marchands d’armements que sont les Lagardère et le fabricant des avions Rafale & Cie dont les journalistes sont devenus les porte-parole censurés par leur Conseil d’Administration? La liberté de la presse est un oxymore !
Merci pour ce texte (non signé?) et surtout pour le commentaire de NARCISSE, excellent même si en somme il n’apprend rien aux lucides.
Lorsqu’il est question de journalisme, me revient toujours ce mot de Léon Savary, l’un de ces Romands qui écrivaient sacrément bien: «… journalisme, la profession par excellence où l’on peut parler de tout sans rien savoir. »
Une erreur s’est en effet glissée, corrigée par moi, puisque je suis l’auteur de ce texte.