VERBIERGATE. COUSCOUS A TUNIS

14 août 2018

Le Conseil d’État est en Tunisie. Il n’est pas en vacances. Il n’est pas non plus au travail. Il est en études. Et, la présidente du Conseil d’État le dit, « ce type de séjour permet aux conseillers d’Etat de se côtoyer dans un environnement moins formel que celui des séances hebdomadaires ». Le but de l’échappée est donc double, apprendre dans le champ de la migration et passer du temps hors les contingences formalistes usuelles. Frédéric Favre, si on l’avait interrogé, aurait fait une disgression sur le renforcement de l’ambiance d’équipe, sur la cohésion du groupe et sur la nécessité de surprendre pour évoluer positivement.

 

Je ne sais pas, vous, mais, moi, je n’y crois pas une seconde à ce développement éducatif dans le champ migratoire. En revanche, ma naïveté m’entraîne à la table de nos leaders, au moment où le chef de l’information (il faut bien qu’il serve à quelque chose là-bas) lance le sujet qui fâche : « que décidez-vous dans le Verbiergate ? ». Oui, je vois bien le destin de Frédéric P. et de Éloi R. se jouer autour d’un couscous, en cet instant où Christophe C., appréciant les saveurs méditerranéennes de son plat, donne la route à suivre : « Bagnes a déconné grave; on ne peut plus se contenter de regarder, et d’espérer ne pas subir le contre-choc; il faut les contraindre, les punir et leur foutre une vraie raclée. Si on ne fait rien, on va être dégominé ». Fredo l’interrompt : « Dégommé, tu veux dire ». Jacques et Esther se taisent; ils songent à leur retraite. Roberto se terre, il n’a pas l’âme du combattant. Et le stagiaire sait qui doit être dans l’ombre du chef, celui-la même qui l’a fait roi parmi les rois. Christophe poursuit : « Je propose de refiler le bébé à un expérimenté. Et je n’en vois qu’un ». Fred va trop vite : « Toi, Christophe, on te fait confiance ». Le mari de Florence est irrité : « Mais, tu fais exprès, ou quoi ? Ce n’est pas nous, qui allons nous charge de ces crottes qui pourrissent». Fred, tout penaud : « Mais, qui alors ? ». Chris est presque joyeux : « On va confier le job à Monsieur Hemme (prononcez « M »).  Et on va lui laisser carte blanche. Nous, on ne fait plus rien, et on avalise. C’est lui qui doit nettoyer les écuries d’Augias ».

 

Un silence se fit. Le chancelier s’humecta les lèvres. La présidente traduisit en dialecte l’échange pour elle-même. Et Roberto prit un selfie de ce moment historique : personne ne pourra lui reprocher quoi que ce soit, il était tout occupé à se faire briller, sans flash, au moment où les autres décidèrentd.

 

Le soir même, Mudry appela Paul-Henri, qui appela Luisier, qui appela Lambiel, qui appela Wicky, qui appela Parvex, qui ne répondit pas. L’1Dex, qui avait organisé les mouchards avec Fanti, se contenta de traduire, de l’arabe en français.

 

Le sort d’Éloi R, était scellé.

 

À Tunis.

 

Bonjour à tous les amateurs de couscous !

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

2 thoughts on “VERBIERGATE. COUSCOUS A TUNIS”
  1. En voyage d’étude ? Je ne les ai pas vu vendre des petits gâteaux devant la Coop, devant le Point Vert, ni devant la Migros… ni même des calendriers

  2. Excellent texte, digne d’un véritable polar …à la valaisanne.
    Cependant, je ne pense pas qu’ils ont fait la moindre allusion aux saloperies du Verbiegate !

    Ceci dit, le but officiel du « voyage d’étude » était de « rencontrer plusieurs acteurs de la politique d’asile »

    Madame et Messieurs les Conseillers d’Etat : il faut arrêter de nous prendre pour des courges : vous allez en Tunisie pour étudier la politique d’asile….

    – la politique d’asile de la Tunisie, nous n’en voulons pas.

    – la politique d’asile de l’Europe, nous n’en voulons pas.

    – l’invasion des migrants économique, nous n’en voulons pas.

    – les migrants des ONG affiliées ou financées par Georges Soros, comme SOS Méditerranée et Médecins sans frontières, nous n’en voulons pas.

    – des centaines de terroristes de l’EI qui ont embarqués avec les migrants, et dont toutes traces ont été perdues dès leur arrivées sur les côtes européennes, nous n’en voulons pas.

    – du grand dessein de l’islam de remplacer les populations de chrétiens en Europe et dans le monde, nous n’en voulons pas.

    Occupez-vous donc plutôt des problèmes réels des valaisans et des valaisannes, car il doit y avoir passablement de dossiers qui trainent dans vos tiroirs et qui commencent à prendre la poussière….

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