Un détective baroudeur explique en pleine page du Nouvelliste : « Tant que l’on agit dans un intérêt louable, la justice se montre tolérante ». Il laisse entendre que des moyens peu légaux, caméra miniature, balise, téléobjectif et autres techniques de surveillance rapprochée peuvent être considérés comme valables par l’institution judiciaire s’ils répondent à un « intérêt louable ».
J’aimerais ici rassurer les malfrats, les ordures, les saligauds et autres immoraux : j’ai personnellement expérimenté la chose, enregistrant simplement chez moi un homme de main, c’est comme ça qu’on appelle un fiduciaire attaché aux basses besognes, venu pratiquer un crime réprimé par le code pénal, le chantage; j’ai transmis la cassette de l’enregistrement au procureur général, avec les coordonnées du témoin, de l’auteur du crime et de ses trois commanditaires. Qu’advint-il ? L’enregistrement fut considéré comme illicite, la parole du témoin jugée non crédible et la mienne ignorée; pour sauver des amis dominants, tout est possible dans un canton qui n’est pas un État de droit.
C’est pourquoi je ne conseille pas à Gabriel Luisier de s’immiscer furtivement de nuit dans la salle du conseil communal et d’y placer un micro à fin d’enregistrement des turpitudes de ceux qui lui ont fait la peau. Le ferait-il qu’il serait fustigé pour avoir voulu par des micros faire éclater la vérité.
Le lecteur aura compris que je voterai NON contre des mesures qui ne visent que les petits et le ferai aussi longtemps que ces hommes à belles cravates et à âmes noires seront bénis par la pusillanimité de ceux qui sont censés défendre nos institutions et qui ferment leurs yeux avec une constance qui les déshonore.
En Valais, dès l’instant où l’on a expérimenté personnellement la veulerie procédurale à répétition, il ne reste que deux armes possible, écrire, par exemple à L’1Dex, ou faire appel à des « Albanais » (1). Je ne recommande pas l’une des deux extrémités, la seconde.
Et, si la solidarité entre victimes, ces « présumées coupables » (2), n’est pas un vain mot pour vous, lisez « J’aurais préféré Baudelaire heureux », de beaux mots pour décrire une horreur, le harcèlement, ce signifiant qui semble inquiéter jusqu’aux candidates de Appel Citoyen ! (3)
Bonjour à tous mes informateurs du Verbiergate et aux poseurs de micro !
(1) Les Albanais sont bien souvent plus honnêtes que les gentilshommes d’ici, ils ne m’en voudront donc pas d’utiliser un cliché à fin d’ironie.
(2) Le signifiant de « présomption de culpabilité » a sa source dans une réponse donnée à une journaliste du NF par Béatrice Riand, que je transforme légèrement dans cet article.
(3) Les femmes « dominantes », dans le champ du harcèlement sont étonnantes, à l’exemple de ces 45 femmes qui ont voté contre la motion de Oskar Freysinger visant à réprimer pénalement le harcèlement psychologique, sexuel et moral.