
Gabriel Luisier, que L’1Dex Mag décrivait en décembre dernier comme un lanceur d’alerte, ce que refusait l’Ours du Châble, a été renvoyé comme un malpropre de la Commune de Bagnes, au motif, disait-on à l’époque, d’une nécessaire restructuration. Gaby, qui aime le vélo et la montagne, n’avait pas recouru contre ce prononcé communal, convaincu alors de la véracité de la bonne parole municipale. J’avais alors immédiatement pensé que la vraie raison de ce renvoi abrupt était davantage lié à l’éclosion du Verbiergate, soit le scandale des constructions illicites, qu’à une volonté de réorganisation de l’appareil administratif communal. L’Ours doutait pourtant et n’imaginait ce que l’avenir lui réservait.
Et puis, à la faveur d’une dénonciation de la commune (eh oui !), on s’est aperçu en haut lieu que Bagnes était rempli de menteurs au plus haut rang de l’administration. Et c’est ainsi que, à lire le NF que nous croyons sur ce coup sur parole, « joint par téléphone, le procureur général adjoint Jean-Pierre Greter confirme: «Selon l’appréciation du Ministère public, les motifs du licenciement tels que communiqués par écrit à Gabriel Luisier étaient constitutifs de faux dans les titres.» Le président et son secrétaire ont justifié la décision du Conseil communal par une réorganisation administrative. Cependant, il n’existe aucune trace écrite de pareilles mesures organisationnelles. » Et, en plus, on s’est trompé volontairement de date. Et le procureur d’ajouter aux journalistes accrédités (L’1Dex est banni de la Rue des Vergers !) : «Concernant l’intention, Eloi Rossier et Frédéric Perraudin ont agi avec conscience et volonté… dans le but d’empêcher la naissance d’un droit.»
Logiquement, le président et le secrétaire communal passent à la petite casserole (pour le four ultime, on attendra encore un peu, la livraison du matériel griffé Verbiergate [marque à déposer] semble traîner) et sont condamnés pour faux dans les titres. Gabriel Luisier, le hérault interne de la venue des constructions illicites à l’intérieur de l’administration communale, précise : «Au sens large, cette décision met le doigt sur ce qu’ils ont toujours voulu cacher, leur propre responsabilité dans l’affaire des constructions.» Cette dernière se décline en de multiples procédures. Jean-Pierre Greter mène toujours une instruction qui porte sur d’éventuels abus d’autorité, gestion déloyale des intérêts publics et corruption. Ses investigations visent, parmi d’autres personnes, Eloi Rossier et Frédéric Perraudin.
Naturellement, toujours fier de leur politique du déni, le président et le secrétaire contestent la position du ministère public et annoncent qu’ils feront « recours ». Présumés toujours innocents, les deux compères n’annoncent toujours pas leur démission (qui va penser que le bon sens pourrait surgir de ces deux esprits non coupables ?) et ne voient pas encore venir (ou, plus précisément, feignent de ne pas voir venir) les prochaines charrettes remplies d’illégalités manifestes dans le champ des constructions (autorisations illicites de construire accordées, irrespect des règles de densité, permis de construire illicitement accordés, violation des règles de la LFAIE, permis d’exploitation ne remplissant pas les conditions légales, etc.).
On ne va donc plus douter que se débarrasser de Gabriel Luisier était à l’époque une tentative grossière d’éviter d’avoir à répondre d’actes particulièrement graves dans le champ des constructions illicites, donc du Verbiergate.
L’annonce « volontaire » sur le site de la commune de la condamnation pour faux dans les titres n’est qu’un artifice pour tenter de circonscrire les fautes gravissimes arrimées à l’incorrection peu diligente d’un procès-verbal hâtivement établi. Mais le citoyen bagnard ne se laissera pas prendre par cette grosse ficelle et commence à comprendre que Gabriel Luisier n’est pas le méchant dans le Verbiergate.
Je suis désolé de devoir une fois encore affirmer : L’1Dex avait raison depuis le premier article. Je ne peux donc que recommander aux derniers hésitants qu’ils lisent le feuilleton du Verbiergate et désignent eux-mêmes les malfrats.
Un jour peut-être, les Bagnards sauront remercier Gabriel Luisier de ne pas avoir été un poltron, ni un félon.
Bonjour à lui !
Référence :

Et pan dans les dents! C’est la bonne nouvelle de cette belle journée d’automne.
Toujours dans l’espoir que la justice soit rendue dans cette affaire gravissime.
Exemplarité, intégrité, courage, persévérance. Telles sont les qualités de M. Luisier .
Merci à lui
On peut se réjouir de voir que les procureurs du canton ne prennent pas tous la porte – tel Patrick Schriber – ce dernier classant les dossiers embarrassants pour le président de commune de Finhaut accusé de gestion déloyale et de faux dans les titres au profit d’une société dont il est également pré. Rappelons tout de même que ce président et son conseiller aux finances ont détournés 1,5 million de francs en prêt caché dans la comptabilité communale sous « impot à recevoir » et qu’un autre 1,5 million est accordé en garantie par la commune à la même société pour un prêt NPR. Rappelons tout de même que cette SA est aujourd’hui à l’art. 725 (soit virtuellement en faillite).