DESSINATEURS DE LIBERTE

7 janvier 2019

DESSINS DE PRESSE – EXPOSITION

http://artmetrosierre.ch/dessinspresse/

 

DESSINATEURS DE LIBERTE

Quand j’ouvre un journal, je regarde d’abord si un dessin de presse se trouve en bonne page. Car en moins d’une seconde, grâce à sa force émotive, je saisis le fond du propos ou l’air du temps. Le dessin fait marrer mais pas seulement. Son esprit de synthèse, sa dose de provocation, une certaine hauteur aussi permettent de décrypter l’info locale, nationale ou internationale. Drôle, satirique, féroce ou poétique, le dessin traque, chope, explique. Il est au service de la liberté d’expression. On a cru à tort qu’elle était acquise, elle est pourtant mise en péril chaque jour à travers le monde. Quand un dessin fâche, il est retwitté. L’immédiateté des réseaux sociaux complique la donne. Il faut du courage et de la détermination pour ne pas se couler dans le moule, travailler dans des contextes parfois difficiles, ne pas se laisser intimider par ceux qui défendent leur liberté de censure. Alors parfois le dessinateur ruse, il faut toujours lire un dessin jusqu’au bout… Le dessinateur publié dans la presse est généralement un journaliste, son travail possède cette valeur d’analyse, il témoigne. Rapide comme l’éclair, l’oeil et l’esprit sont vifs. Mais le dessinateur est souvent lucide et humble.
Des gens sont morts à cause de dessins. C’est un métier à haut risque. Des dessins parfois utilisés comme des armes par les extrémistes et les politiques. «La moitié du monde veut interdire les dessins qui offensent sa religion, l’autre moitié défend la liberté d’expression. Le clash des civilisations se trouve-t-il dans le dessin de presse?», questionnait le dessinateur de presse Patrick Chapatte.
Et puis il y a la force du dessin, son pouvoir d’évocation. Les dessinateurs sont des artistes et à travers ce miroir artistique, nous émeuvent, nous questionnent, vont à l’encontre de la manière habituelle de penser. C’est pourquoi le dessin de presse est essentiel. Une sacrée bouffée d’air libre.

Isabelle Bagnoud Loretan,
Journaliste, rédactrice en chef du JDS

 

LES DESSINATEURS

Adelinaa est née à Almaty, ville du Kazakhstan, dans une famille d’artistes. Après des études dans une école de dessins à Alématy, elle déménage à Saint-Pétersbourg pour continuer ses études dans un lycée des Beaux-Arts. Ses études terminées, elle entreprend ensuite un long voyage à travers l’Europe. A Paris, elle rencontre Wozniak qui la présente aux membres du collectif Scorbut où elle va être acceptée avec Cabu, Kerleroux et Cardon. En septembre 2017, elle commence sa collaboration avec le Canard Enchaîné. Véritable touche à tout, elle peint, crée des affiches cinématographiques et s’essaye avec succès au stylisme.

 

 

Jean-Marie Kerleroux, dessinateur de presse et journaliste, est né à Besançon en février 1936. C’est en 1965 qu’il publie son premier dessin dans Arts & Spectacles. Il publiera ensuite dans divers journaux et revues comme Constellation, Plexus, Pilote, Politique Hebdo, Le fou Parle, Libération, Le Matin, Le Monde, ou encore Le Gri-Gri International… C’est en 1971 qu’il entre au Canard Enchaîné avec qui il collabore toujours. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et d’expositions en France et à l’étranger.

 

 

Jacek Wozniak est né à Cracovie le 9 octobre 1954 dans le milieu de la presse et de l’art. Après son bac, il suit les cours des Beaux-Arts de Cracovie. Premières expositions à Cracovie et à Buffalo aux USA. En 1980, il participe activement à l’élaboration de bulletins de presse de « Solidarnosc ». Ses idées et ses actions dérangent. Il est arrêté en décembre 1981 lors de l’état de siège. Libéré 3 mois plus tard contre promesse de quitter définitivement le pays, il débarque à Paris en 1982 et commence à collaborer avec la presse française. Au Canard Enchaîné depuis 1986, il expose et publie de nombreux recueils de dessins, et travaille en parallèle avec de nombreux artistes comme Manu Chao ou Archie Shepp.

 

 

Patrice Zeltner. Diplômé de l’École Cantonale d’Art du Valais et de l’École Romande des Arts Graphiques de Lausanne, il suit plusieurs carrières comme graphiste, illustrateur et enseignant au CO de Vouvry et à l’EPAC (première école de bande dessinée de Suisse). Au début de sa carrière, il a pu travailler comme caricaturiste pour différents journaux de Suisse romande (entre autres L’Hebdo, Le Semeur, Saturne). En BD, il réalise la série Nasreddine conçue en collaboration avec Khaldoun Dia-Eddine. A repris, en 2015, au lendemain des attentats de Paris, le dessin de presse pour le blog l’1Dex.ch.

 

 

François Maret, né sans ironie en 1961. Le crayon soudé à sa main, il cumule avec boulimie plusieurs métiers, baguenaudant toujours dans le monde de l’art et du dessin : enseignant en arts visuels au Lycée Collège de La Planta à Sion, dessinateur de presse ronchon et caustique, illustrateur droitier et informatisé, secondé par son personnage fétiche le Man in Black empereur de la mauvaise foi. Ses passions remplissent un bout de sa vie et la totalité de son atelier au fond du jardin. François saupoudre son parcours de quelques BD humoristiques, de recueils de crobards d’actualité, de projets graphiques envahissants et du plaisir de partager ses passions : le dessin et l’humour.

 

L’ASSOCIATION

 

L’association Scorbut a été créée en 1998 par Cabu, Kerleroux et Wozniak, dessinateurs au Canard Enchaîné.

C’est un collectif d’artistes renommés œuvrant dans une multitude de domaines: dessins, caricatures, peinture, musique, sculpture ou encore l’élaboration de vitraux.

L’association est très active et multiplie ses projets en organisant des expositions, du street-art, des concerts etc..

L’attentat contre Charlie Hebdo et la mort de Cabu n’entravent en rien la volonté de Scorbut de perdurer et de promouvoir le dessin de presse et la liberté d’expression.

 

 

https://www.wozwoz.net/scorbut/

 

 

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