(PAR MICHEL REY [DOMAINE PUBLIC])
Votation du 19 mai: l’UE en ligne de mire
La révision partielle de la loi sur les armes répond à un développement de la législation européenne concernant les accords Schengen-Dublin. Elle est attaquée par référendum, au motif que ce développement a été imposé à la Suisse et contribuerait à affaiblir son niveau de sécurité.
Petit rappel historique. En 2005, les Suisses ont accepté ces accords qui doivent coordonner et améliorer la gestion de la sécurité et de l’asile entre les Etats membres. Pour notre pays, Schengen facilite les déplacements, tout en renforçant les contrôles aux frontières extérieures grâce à la collaboration entre autorités. Et le traité de Dublin permet à un pays de renvoyer un requérant dans l’Etat de la première demande d’asile.
En quoi consiste cette révision que d’aucuns décrivent comme une atteinte à la liberté des Suisses de s’armer? Elle ne concerne ni l’armée, ni la police. Elle n’entraîne aucun changement ni pour les détenteurs d’armes d’ordonnance ni pour les chasseurs. Par contre, la propriété d’armes semi-automatiques munis d’un chargeur de grande capacité est soumise à autorisation. Les amateurs de tir pourront continuer à détenir de telles armes, mais ils devront prouver leur usage régulier ou leur appartenance à une société de tir.
La Suisse a négocié ses conditions avec l’UE
Les opposants estiment inacceptables et inefficaces les restrictions imposées par cette révision. Mais leur démarche relève d’abord d’une opposition de principe à l’Union européenne. L’UDC est le seul parti national à soutenir le référendum, lancé par certains de ses membres.
Les référendaires assimilent cette révision à une attaque contre la liberté des Suisses de détenir une arme et à une soumission de notre pays à un diktat de l’Union européenne (UE). Pour l’UDC, toute décision prise en relation avec l’UE doit être combattue au nom de la défense de notre indépendance nationale. Le référendum est donc clairement un moyen pour l’UDC de s’attaquer aux accords avec l’UE.
Cette réforme n’est pas davantage «imposée» à la Suisse qu’aux autres pays membres du système Schengen. La Confédération a été associée aux discussions menées entre Etats, avec un droit de participation à la prise de décision. Elle a pu faire valoir avec succès ses intérêts et ses spécificités, puisque rien ne change pour les détenteurs des armes militaires et de chasse. Quant au “coût” de la révision, il se limite à une démarche pour faire inscrire des armes dangereuses dans un registre cantonal.
En revanche, la facture risque d’être élevée en cas de refus. L’accord d’association à Schengen décrit une procédure complexe au terme de laquelle, si la Suisse n’est pas en mesure d’appliquer les modifications prévues, l’accord pourrait simplement cesser de s’appliquer, sauf décision contraire expresse de nos partenaires (art. 7 al. 4). Et comme l’accord de Schengen est directement lié à celui de Dublin, l’association à ce dernier prendrait également fin.
Après le premier coup de canif aux accords bilatéraux qu’a représenté l’initiative sur l’immigration de masse, il serait dangereux de compter sur l’indulgence des autres Etats concernés.
Les référendaires, eux, ne s’en inquiètent pas. Ils affirment que les accords de Schengen-Dublin n’ont pas permis de renforcer la coopération européenne pour accroître la sécurité ni d’accélérer le traitement d’asile. Des critiques reprises des discours de l’UDC, mais largement démenties dans les faits. Ils sont persuadés qu’une solution sera trouvée pour l’échange des données. Pour Werner Salzmann, co-président du comité opposé au projet et conseiller national UDC, l’UE n’aurait aucun intérêt à ce que les 300’000 frontaliers soient subitement contrôlés aux frontières. Pour lui, la menace brandie par le Conseil fédéral est totalement irréaliste.
Ne pas brader les avantages de Schengen-Dublin
Or la Suisse a beaucoup d’intérêt à conserver les accords de Schengen et Dublin.
Les citoyens, tout comme les milieux économiques suisses, bénéficient fortement des facilités liées à l’association Schengen, notamment le passage des frontières, tant en voiture qu’en avion. Les visas Schengen profitent largement au tourisme suisse.
Cet accord comporte également de nombreux avantages dans le domaine de la sécurité. Il permet aux policiers suisses d’accéder à la base de données Schengen et d’améliorer la lutte contre la criminalité internationale.
L’accord de Dublin est directement lié à celui de Schengen. Sans lui, la Suisse deviendrait un pôle d’attraction pour les requérants d’asile puisque ces derniers ne pourraient plus être renvoyés dans le pays de leur première demande.
L’UDC n’attache aucune importance à tous ces avantages aussi bien sécuritaires qu’économiques. Seule lui importe la détérioration de nos rapports avec la coopération européenne multilatérale. Dans cette perspective, faire capoter la révision de la loi fédérale sur les armes ne représente qu’un épisode de la bataille.
Doucement l’1Dex.
Très long article avec lequel je ne suis absolument pas d’accord.
Je suis francophone, dois-je renoncer à notre culture suisse pour ressembler à la France de Macron, éminent promoteur bruxellois.
Doit-on se transformer en rat de laboratoire avec des règlements qui n’en finissent pas, alors que lorsque j’étais jeune fusilier de montagne, nous avions quatre fusils d’assaut à la maison et un mousqueton, des cartouches et des tirs obligatoires.
Le monde entier estimait ce pays PAISIBLE où les citoyens étaient armés.
Et je crois à l’argument que c’est l’esprit de résistance des citoyens suisses qui a protégé notre pays en 39-45.
Notre histoire fait partie de notre identité.
Et cette particularité suisse qui ne fait de mal à personne devrait être balayée par souci de conformité au peuple européen qui n’existe pas.
Sinon Boum Badaboum, la Suisse n’existera plus.
Michel Rey dans Domaine public ci-dessus, asséné longuement par l’1Dex, relaye la menace des fonctionnaires européens. Et pour lui, ce sont les opposants référendaires qui sont bêtement agressifs.
L’usage particulier des armes chez les Suisse serait une casus belli avec nos voisins !
Ce n’est pas l’UE en ligne de mire, c’est la Suisse en ligne de mire. Plus le texte est long, plus il noie le poisson.
Marie-Hélène Miauton a bien averti dans le Temps, de ne pas avaler la couleuvre avant qu’on nous fasse gober le boa constrictor.
Nos anciens ne faisaient pas tout faux.
L’idéologie post-moderne qui veut tous nous rendre conformes par souci d’égalité moutonnière n’est pas à mon goût.
Je conteste donc ce long réquisitoire de Michel Rey.
Hippocrate,
Comment peut-on justifier la facilité d’achat d’arme de guerre gros calibre qui peuvent tirer en rafale en se référant au mousqueton des anciens ?
Les armes en Suisse tuent. Elles tuent d’abord des Suisses par suicide. Comment, mais comment donc justifier la facilité avec laquelle on peut se procurer des armes de guerre dont l’usage principal est de forcer l’entrée d’une banque ?…
Ma conviction est faite, clairement contraire à la vôtre. Je voterai avec conviction pour l’acceptation de cette révision sur la loi des armes afin de contrôler l’accès à ces armes de guerre.