VERBIERGATE. L’AGACEMENT DE PHILIPPE LORETAN

12 janvier 2020

Un lecteur glandois (1) de L’1Dex m’a transmis ce matin le dernier article de Julien Wicky, journaliste au Matin Dimanche et connaisseur souvent avisé du microcosme valaisan. Ce dimanche, Monsieur Wicky s’avance à petits pas feutrés dans le champ de la justice pénale. Et, à sa lecture, on découvre, anticipant un grand éclat de rire de tous les abonnés de L’1Dex, que Philippe Lorétan, de l’Étude du Ritz, l’avocat chevaleresque de « La Vèrité sur l’affaire Alain Cottagnoud », l’associé héroïque de « Il est cinq heures, la justice s’éveillé », le conseil avisé de la commune de Bagnes (cf. Verbiergate) et de la commune de Grimisuat, le proche en amitié du procureur général, celui-là même si habile à percevoir la culpabilité d’un prévenu dans le mouvement de sa droite pupille, s’épanche dans le journal romand du dimanche. Le journaliste y invoque en effet, dans une affaite de gestion déloyale assaisonnée d’adultère éventuel et de financement de scolarité, son « agacement » devant le « manque d’empressement du ministère public ».

 

Il faut ici avouer que ce bref interlude a une saveur particulière pour ceux qui se rappellent que Dick Marty a épargné d’une condamnation pénale le procureur général Nicolas Dubuis dans l’affaire de la plus grande fraude fiscale de l’histoire valaisanne en indiquant que les fautes du procureur, l’ami de Loretan, n’étaient point intentionnelles, mais commises par négligence, à la fois par excès de précipitation et par manque d’empressement. Oui, c’est à mourir de rire que certains osent s’épancher dans la presse sur les manquements liés à une prétendue lenteur, alors que leurs clients en sont par ailleurs les innommables bénéficiaires.

 

Les lecteurs du Verbiergate, notamment, savent parfaitement que cette affaire a surgi dans le public en août 2015 et qu’à ce jour il n’y a pas même le début du commencement d’un semblant d’inculpation, alors que les faits inscrits dans les quelque 500 épisodes du Verbiergate disent que tous ces coquins communaux bagnards mériteraient le traitement que l’on applique par exemple aux délinquants du Ghana ou du Kosovo au début d’une enquête, la détention préventive pour risque de collusion ou de réitération.

 

Oui, c’est particulièrement cocasse d’imaginer une petite colère récurrente née par ce manque d’empressement dont se gargarisent d’autres clients de ce même critique judiciaire.

 

Il y a peut-être en ce début de l’an un brin de nervosité pouvant avoir sa source dans le fait que quelques magistrats ne voudraient pas, contrairement à certains de leurs collègues, être en relation d’amitié avec ceux dont le talent est peut-être plus celui de la politesse procédurale fictive que celui d’un souci réel d’une mise en oeuvre égalitaire de la justice pénale. Car, nous le savons bien, si nos amis et nous-mêmes pouvons échapper au fouet de la loi, on ne trouvera rien à redire si nos ennemis, pour les mêmes actes répréhensibles, sont maltraités par nos amis magistrats.

 

Une justice pénale sans égalité est le cancer de la démocratie. Ceux qui prônent une institution judiciaire sans équité, de la Navarre à la Castille, de Burgos à Séville (2), de Châteauroux à Valence (3), de Cargèse (4) à Bastia, n’ont pas à exercer un métier ou une fonction dans laquelle des connaissances formelles peuvent être au service des plus viles vilenies sous le couvert des sourires les plus hypocrites et des poignées de mains les plus scélérates (5).

 

Une pensée donc encore pour les grands-mères des pays de l’Indre ou pour les grands-pères vivant en Occitanie, dont la sagesse hors-la-loi est’bien plus humaine que celle des feints instruits doctrinant sur le code pénal (6).

 

 

(1) Venant de Gland; à ne pas confondre donc avec glandu, personne quelconque, sans importance, sans importance.

(2) Le Valais est à exclure naturellement de cette liste, parce que nous, ici, nous avons cette sagesse de toujours pratiquer l’égalité dans un souci constant de la vérité et de la justice.

(3) Dans le Rhône et non point en terre ibérique

(4) La patrice Stéphane Colonna, qui a fait l’objet, dès son arrestation, d’une sentence présidentielle condamnatoire sans concession de la part de Nicolas Sarkozy.

(5) Ouf, en Valais, point de tout ça !

(6) Une pensée ici toute spéciale au procureur Jean-Pierre Greter qui, pour des motifs qui lui sont propres, a confondu un administrateur de société anonyme avec un actionnaire; il est vrai qu’en Valais pour sauver ses amis certains magistrats peuvent transformer un plafond blanc en un parquet rouge sang sans craindre de ne pas se reconnaître dans le miroir le lendemain matin.

 

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Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

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