Contez-nous, Karin et Lucas, les tentations de la Galerie « Les Dilettantes »
7 mai 2020
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(PAR SEVE FAVRE)
Karin Denoual est arrivée en Valais, il y a plus de 20 ans, après des études de cinéma aux Etats-Unis et de photographie en France. Lucas Mury a de son côté fréquenté l’Ecole des Beaux-Arts de Sion puis a effectué une formation en médiation culturelle. En 2016, ils décident d’unir leurs regards et d’ouvrir, dans la vieille ville de Sion, la galerie « Les Dilettantes ». Leur objectif était de créer un lieu qui exposerait les œuvres sur papier d’artistes contemporains et de designers respectueux d’une circuit court de fabrication. Aujourd’hui, ils attendent avec impatience la réouverture de leur espace afin de nous proposer une sélection pointue qui fera la part belle aux designers suisses.
Les Dilettantes, pourquoi avez-vous été tentés par ce nom ?
Nous avons choisi ce nom car nous aimions l’ambivalence qu’il contient. Il vient du mot italien qui signifie : celui qui trouve du plaisir à quelque chose, qui s’adonne à un art par plaisir, celui qui fait par amour, par passion. Son deuxième sens, moins positif, nous amuse avec cette notion d’impulsivité des goûts, des plaisirs et de la fantaisie.
Nous voulons un espace qui démocratise l’art, le rend accessible au petit budget d’où le choix du papier comme support privilégié des œuvres exposées (photographies, monotypes, gravures…). De plus, être une vitrine pour des designers contemporains encore peu connus, nous plaisait vraiment.
Est-ce que le public valaisan pousse facilement votre porte afin de découvrir vos tentations artistiques ?
Nous avons une clientèle assez hétéroclite. La fréquentation est encore timide mais croissante. Quand nous exposons des artistes valaisans, l’audience est souvent plus importante. Le bouche à oreilles fonctionne à plein. À l’inverse, les étrangers de passage ou les habitants d’autres cantons sont plus téméraires et osent plus facilement pousser la porte de la Galerie et découvrir le lieu. Nous savons que de la persévérance est nécessaire afin que ce lieu puisse exister pleinement dans le paysage sédunois et cantonal; mais nous sommes convaincus que l’ouverture des valaisannes et valaisans à ce genre de production artistique n’est qu’une question de temps.
Vous êtes deux pour gérer la conduite de cet espace, comme se passe la collaboration, est-ce que l’un de vous deux est plus dilettante que l’autre ?
C’est vraiment une collaboration harmonieuse. Nous choisissons les artistes et designers ensemble. Les décisions majeures sont également prises en commun. Nous avons la chance d’être généralement d’accord sur les grandes lignes et de nous compléter sur les détails, ce qui est à la fois enrichissant et stimulant. Une belle convergence de regards !
Quel a été l’impact du confinement sur votre programmation ?
Nous avons malheureusement dû écourter l’exposition « Dérive » de la photographe Isabelle Favre et annuler partiellement l’exposition suivante consacrée à une autre photographe, Camille Dolls. Cette dernière présente des créations poétiques issues de variations sur le thème du paysage comme nous pouvons le voir sur la photographie ci-après.
Le 13 mai, jour de la réouverture, nous présenterons essentiellement du Design. L’expo d’été de la plasticienne vaudoise Catherine Bolle est maintenue. Cependant en ce qui concerne l’organisation des vernissages et d’événements annexes, l’incertitude règne encore.
Comment imaginez-vous le futur de la galerie aujourd’hui après ce temps particulier ?
Il n’est pas exclu que ce scénario particulier se reproduise dans les mois ou les années à venir. Cela ne va pas changer nos choix artistiques. Les designers et artistes que nous présentons sont le plus souvent suisses ou viennent de pays voisins. Nous continuerons d’aller à leur rencontre et à les présenter au public. Si les événements extérieurs nous ralentissent … nous ralentirons … et … recommenceront aussi longtemps que les artistes travailleront et qu’il y aura un public pour acquérir leur travail.
Nous n’avons pas prévu d’avoir une communication digitale particulièrement renforcée durant cette période de semi-confinement. Nous espérons simplement qu’à sa suite les gens aient envie d’acheter « moins mais mieux ».
Est-ce qu’il y a une grande différence de promotion entre le design et les œuvres d’art ?
Non, car le design que nous présentons n’est pas fabriqué de manière industrielle. Ce sont des pièces uniques ou de petites séries. Les designers sont des artistes comme les autres, mais leur travail donne naissance à quelque chose de plus fonctionnel.
Digital ou papier, digital et papier, digital plus papier, papier plus digital ou autres… quel serait votre choix et pourquoi ?
Nous aimons le papier, pour sa texture, son odeur et nous le trouvons reposant pour les yeux.
Le digital est pratique et permet l’immédiateté.
Nous choisirons donc : papier plus digital !
Quelles sont les autres gourmandises de votre Galerie ?
Nous organisons divers événements afin de faire vivre Grand-Pont 17 et de permettre au public de rencontrer divers artistes. Parfois, il s’agit de lectures, de performances, de concerts ou encore de dégustations! Être dilettante, c’est aussi potentialiser la sensorialité globale de notre public et donc proposer des variations autour du sens de la vue, le principal pour une galerie comme la nôtre!