PHILIPPE LORETAN ET LE FILOUGATE. DES CHOSES SIMPLES (6)

11 mai 2020

Le confinement permet d’aller à l’essentiel : tenter d’être bienveillant à l’égard d’autrui, fut-il le plus sot, le plus bavard ou le plus dévergondé. Ou même, le plus méchant (1) . Accroché à cet élément fondant des relations saines dans la société, je me suis donné l’ordre d’appliquer ce principe sans délai à Sembrancher. Peut-être ai-je été aidé dans ce sens par la lecture de « Pincées de rêves » (2) de Éric Voutaz, le conseiller communal de Sembrancher, citant Spinoza : « La paix n’est pas l’absence de guerre, c’est une vertu, un état d’esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice ». Mû par cet état d’esprit, je me suis dit qu’un citoyen éclairé se devait d’aller au plus simple et de ne pas tenter de piéger le Président de Sembrancher, déjà en souci, et peut-être plus guère en état de répondre à des requêtes trop compliquées. Je vais donc faire simple :

« Monsieur le Président »,

Tout compte fait, comme le secrétaire doit être assez sobre pour lui apporter le soutien logistique approprié, je veux être plus précis :

« Monsieur le Président,

Monsieur le Secrétaire communal,

Par la présente, je vous demande de me faire parvenir l’extrait du procès-verbal du conseil communal relatif à la décision de l’exécutif de me dénoncer auprès de la chambre disciplinaire des avocats. Ma requête est naturellement fondée sur mon intérêt légitime personnel. »

Je m’interroge : comprendront-ils le terme « légitime » ? Si jamais, ils pourront se rendre dans une librairie à Martigny, Le Baibab par exemple, pour se procurer un dictionnaire.

Je poursuis :

« Je profite de cette écriture, la première me semble-t-il que j’adresse à votre municipalité, pour vous demander, par simple curiosité citoyenne, de me faire parvenir, en me fondant sur les règles fédérales et cantonales régissant la transparence, de me communiquer une copie de toutes les notes d’honoraires, provisions et factures qui ont été adressées à votre corporation par l’Étude du Ritz, soit par Me Hildebrand de Riedmatten, ancien président du Lions Club, soit par Philippe Lorétan, fils de Charles-Henri. »

J’espère, chers lecteurs, que le ton adopté est assez poli, car je ne voudrais pas jeter encore de l’huile sur le feu.

Une dernière chose simple me paraît indispensable :

« Sachant par ouï-dire, que le Sembranchard peut être parfois d’une timidité excessive, je m’autorise à vous remercier en son nom d’avoir permis à tous les citoyens, dans un souci de vraie transparence qui vous honore, par tiers interposés, de me communiquer une copie de l’acte du 9 septembre 2015 par lequel la commune a acquis pour quelque 621’000 francs de la société ERAC SA un terrain situé dans une zone éminemment stratégique, puisque assez proche de cet établissement public que vous chérissez, « La Belle Vie », au lieu-dit La Chapalette (3)

L’avenir étant imprévisible, comme le dit le grand virologue français Didier Raoult, je ne sais si vous m’inviterez pour un café – croissant(s) un jour, alors je voudrais encore vous dire une dernière chose très simple : ne pensez jamais que je cherche à vous importuner, car, entre nous, vous le savez bien, il n’y a rien de personnel, puisque nous ne nous sommes jamais rencontrés. Alors pourquoi cet acharnement, vous interrogerez-vous ? Pour faire court, et sans vous importuner avec des choses trop intimes qui me renverraient à New York, dans le quartier des Gossip Girls, qu’ont adoré mes deux dernières filles, je ne peux que vous recommander la lecture d’un document qui vous fournira toutes les explications nécessaires quant à ma légitime et compréhensible ténacité : « Il est cinq heures, la justice s’éveille » (4). Ce texte proprement ahurissant, oui, oui, je vous l’assure, vous éclairera sur ces petites choses simples qui me tiennent à cœur. »

Une dernière formule de politesse s’impose :

« Dans l’attente de vos nouvelles, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations les meilleures. »

Je choisis de ne pas adresser de copies aux conseillers communaux : ils lisent L’1Dex, encore gratuit (5).

Post Scriptum : tout compte fait, je supprime « Monsieur le Secrétaire communal ».

 

 

 

(1) Un père pas assez présent ou trop tôt disparu, ça laisse des traces, disent ceux qui veulent excuser l’inadmissible

(2) Aux Editions, La Maison Bleue

(3) Un ou deux « p ». Trop paresseux pour vérifier

(4) Il est suggéré au conseil communal d’organiser une séance spéciale au cours de laquelle je pourrais faire une conférence sur cette chose simple et tout sauf rébarbative : il ne faudrait que les historiens de demain de votre village ratent cet élément-clef de compréhension expliquant la raison pour laquelle est né un autre feuilleton « Le Cas Sembrancher ».

(5) Finalement, par souci de publicité pour L’1Dex, je choisis comme illustration à cet article la couverture magique de « Il est cinq heures, la justice s’éveille » : l’éclair, vous l’avez noté, est comme dirigé vers le nord de la ville de Sion.

 

 

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

One thought on “PHILIPPE LORETAN ET LE FILOUGATE. DES CHOSES SIMPLES (6)”
  1. Je prédis un GROs Merci à Me Riand à la fin de cette histoire de tous les citoyens simples face à ces personnes d’une haute complexité qui portent

    des masques de Lions
    comme l’illusion
    des cheveux blonds
    de Donald Dindon.

    7 x GROM !

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