ETAT DU VALAIS, ELECTIONS AU CONSEIL D’ETAT. QUE LA FÊTE COMMENCE !

22 juillet 2020

La campagne politique pour le Conseil d’État, la vraie, pas celle des communales, a commencé. Le Nouvelliste, membre principal de la Troika conservatrice (NF, CANAL9, Rhône FM), a donné le la. Les violons, les trombones, les hautbois, les clarinettes, les tambours et les triangles vont pouvoir se réunir pour tenter de maintenir soudée cette majorité orange dans la main de laquelle viennent grignoter les opposants apparents avides de croquer un bout de la forêt noire.

 

Et c’est ainsi qu’un charmant PDC qui compte, de la rive droite, hérensard, donc ayentôt, m’adresse une amicale remontrance : « Tu es de mauvaise foi !! Juger sans connaître Tu pourrais laisser une chance à Serge Gaudin avant de tirer de tous bois. A dispo pour te le présenter. Belle matinée ». N’ayant plus eu de ses nouvelles depuis quelques mois, j’ai mis les choses à plat : « J’aurais bien voulu avoir de tes nouvelles sur l’affaire Chevrier. » Il a alors conclu ainsi : « Je me mêle plus de politique ». La dernière réplique est un mensonge rhétorique, car un amoureux de la chose publique le demeure jusqu’à son dernier souffle. Mais, en PDC et Hérensard passionné, il a compris que je l’entraînerais sur un terrain très glissant, celui où un Hérensard pur souche devrait critiquer un Évolénard pur race et espérer encore ne pas subir la foudre des traçages des grandes familles Pralong, Chevrier, Métrailler, Gaspoz et Moutonniers des Haudères, d’Arolla et d’ailleurs, lorsqu’un Ayentôt se présenterait devant eux pour être élu.

Serge Gaudin veut attirer l’électeur sur les qualités de sa personnalité, éminent dans le recyclage international de l’aluminium, et sur le fait qu’il s’agirait d’une élection au système majoritaire. Mais ce discours est un leurre absolu, destiné à encercler la majorité minoritaire, à savoir une coalition des trois partis minoritaires, soit les 65 % des Valaisans, qui mériteraient selon eux que le 35 % des Oranges puissent disposer du 60% des sièges au gouvernement.

Dans le réel, dans le réel valaisan s’entend, il ne s’agit pas du tout d’un système majoritaire. Le PDC le sait mieux que personne, lui qui réunit ses candidats provenant de partis (sections) différents sur une même liste. Ces candidats, dispersés sur des listes à nom unique, ne parviendraient pas à être élus ensemble, s’ils n’étaient pas plus que coalisés, clanisés.

En fait, ce mode d’élections à la Valaisanne, vise à préserver, pour le bien du Valais naturellement, pour sa fictive unité aussi, la domination du Haut Valais et celle des Oranges sur l’ensemble du canton. La démonstration phénoménale faite lors des élections de Marianne Maret et de Frédéric Favre, au Conseil aux États et au Conseil d’État, dit à quel point les Hauts-Valaisans sont bien plus habiles à défendre leurs intérêts à long terme que les Romands du Canton. L’UDC a donné une leçon de stratégie politicienne à tous les barbouzes de la chose publique. Ce parti, avec raison, espère en mars prochain capitaliser, en attendant sagement le versement de la dette par les Noirs du Haut et en convainquant les Welsche du Bas que l’intérêt du parti à long terme est d’avaler cette nécessaire couleuvre. On peut déjà parier que le chef de campagne de Franz Ruppen (1) lui donnera accès à la partie francophone du canton.

Le Haut-Valais, solidairement solidaire, en minoritaire majoritaire, consolidera sa puissance politique en plaçant tous ses pions, de telle sorte qu’au moment des multiples arbitrages internes, il soit toujours renforcé et jamais oublié (2).

Serge Gaudin ne peut accéder au Conseil d’État qu’en assumant ce rôle de petit soldat méritant de ceux qui sont venus le chercher (3) pour l’inclure dans la grande tambouille du maintien des forces conservatrices de droite. Il obtiendra ce faisant, après avoir éliminé Serge Métrailler, suffisamment de voix haut-valaisannes, pour faire la course en tête, sans craindre une coalition des trois partis majoritaires, qui ne veulent pas comprendre que l’idéologie doit céder le pas à la tactique si l’on veut changer la structure valaisanne profonde du pouvoir.

Ce qui est en jeu, une fois encore, dans l’élection au Conseil d’État, ce ne sont pas les personnalités de Serge Métrailler ou de Serge Gaudin, c’est la capacité du Valais à élire non pas des hommes du clan, nommés par quelques-uns, mais des personnes capables d’indépendance d’esprit lors de la prise des décisions décisives. Et aujourd’hui cet objectif doit passer par l’acte consistant à faire sauter le verrou du 3-1–1 et à remplacer la formule magique par la règle du 2-1–1-1, qui créera plus d’incertitude, plus d’indépendance et plus de liberté dans les prochaines décisions politiques.

 

(1) On murmure tout bas, ici ou là, que Oskar Freysinger pourrait jouer ce rôle de facilitateur public. Mais peut-on croire ces rumeurs de sauvageon ?

(2) Le Haut-Valais dirige aujourd’hui le Département des Finances (M. Roberto Schmidt), la Banque Cantonale du Valais (nomination de Monsieur Schnyder par le Conseil d’Etat), l’Inspection Cantonale des Finances (M. Peter Schnyder) et le Service Cantonale des Contributions (M. Albrecht). Peut-être est-ce cette mainmise du Haut-Valais sur la bourse cantonale qui inciterait (selon Joël Rossier sur facebook) de prendre le poste de Roberto afin que les Welsche aient encore quelque à dire en matière de gros sous).

(3) Un journaliste lui demandera-t-il de nommer ces gens ?

 

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