JUSTICE VALAIS. QUI EST RESPONSABLE DE L’ABSENCE DE VERDICT APRES LE DECES D’UN CYCLISTE A BAGNES IL Y A SEPT ANS ?

23 juillet 2020

La justice du Valais est gangrénée par le cancer de la lenteur. Une fois encore, l’institution judiciaire pénale a démontré son incapacité à remplir sa fonction. Un cycliste est décédé accidentellement sur les hauts du Châble il y a sept ans. Et les responsables ne sont pas encore jugés ou, plus probablement, bénéficieront de la prescription. A qui la faute ?

Les avocats

Dans le cas particulier, comme dans la plupart des autres d’ailleurs, les avocats ne sont pas en cause. L’avancement de la procédure pénale a été maîtrisée exclusivement par le ministère public et par les procureurs. Par personne d’autre.

Me Olivier Derivaz, le Bâtonnier de l’Ordre des Avocats, dit clairement qu’une justice saine est une justice qui fonctionne dans des délais raisonnables. A contrario, et tout à fait logiquement, dans cette affaire, les proches de la victime ont été confrontés à une justice malade. Gravement malade.

Le procureur général

Interrogé par son « ami », le « journaliste » Gilles Berreau, qualifié de chroniqueur judiciaire par la magistrature elle-même, Nicolas Dubuis ose tout : a) «Il est vrai que l’instruction d’affaires d’homicides par négligence prend souvent du temps. Principalement en raison de la complexité à établir ce qui aurait dû être fait pour éviter le décès et à déterminer si la mort est due à une imprévoyance coupable d’un ou de plusieurs tiers.»; b) «Le parquet a fait son travail et a porté l’affaire devant le juge il y a près de trois mois. Nous peinons à comprendre que l’affaire nous soit retournée à quelques semaines de la prescription …».

De qui se moque-t-on ?

Un journaliste sérieux eût simplement posé cette question : est-il normal qu’une telle affaire ne soit portée devant l’autorité de jugement que trois mois avant l’échéance du délai de prescription ? Que s’est-il passé avant cette date ? Y a-t-il eu des investigations complexes ? Combien de procureurs se sont occupés de l’affaire ? Pourquoi ? Le procureur général, deux avant l’échéance, n’aurait-il pas dû travailler et prendre lui-même en charge le cas ? etc.

Mais Gilles Berreau, l’agent de communication du ministère public, s’est bien gardé d’exercer son métier. Il eût dû penser. Trop fatigant.

La vérité est très simple : seul le ministère public est responsable de cette cacophonie devenu chaos. Tout le reste, pour le dire à la mode américaine, c’est du bullshit.

Le juge de l’Entremont

Que le procureur ose mettre la responsabilité de la situation sur le dos du juge de l’Entremont, en suggérant que celui-ci aurait dû renvoyer le dossier immédiatement pour que l’expertise soit administrée ou aurait pu simplement acquitter les responsables est quelque chose de proprement désopilant.

Ne sait-il pas, cet homme sans vocation, que le ministère public a conservé le dossier au froid pendant près de sept ans ? Un brin de bienséance n’eût-elle pas dû conduire à un peu de prudence et de bienveillance de sa part à l’égard du juge de l’Entremont, Pierre Gapany ? Et, surtout, ne sait-il pas que le ministère public est supposé défendre la société civile, donc les victimes ? S’il l’avait su, il eût pu, parmi les hypothèses envisagées, considérer l’éventualité d’une condamnation sur la base du dossier constitué, et non seulement un acquittement ou un renvoi pour un aménagement d’une expertise ignorée par le ministère public pendant sept ans ?

Pourquoi cet oubli de l’hypothèse d’une simple condamnation fondée sur la pose non licite de cette barrière non signalisée mise en place par une personne déterminée ? Je formule une hypothèse toute subjective et personnelle : Nicolas Dubuis a tant l’habitude de suivre l’avis de Philippe Lorétan qu’il a oublié d’envisager la possibilité d’une condamnation du client de son ami.

Il faut ici signaler que le procureur en charge du dossier a présenté ses excuses à la famille.

Ah, j’allais oublier : dès le premier janvier 2021 fonctionnera le Conseil de la Magistrature. Tout fonctionnera donc à merveille dès cette date, puisque Nicolas Dubuis, procureur général, en sera membre de plein droit.

C’est pas beau la justice de chez nous (1).

 

Référence inutile :

https://www.lenouvelliste.ch/articles/valais/martigny-region/l-accident-mortel-du-chable-aura-t-il-droit-a-un-verdict-958658

 

(1) Rappelons que Nicolas Dubuis est ce procureur qui a laissé prescrire l’affaire MP c. Christian CONSTANTIN, dans laquelle le délai de prescription … était de 15 ans. L’affaire était « complexe ».

9 thoughts on “JUSTICE VALAIS. QUI EST RESPONSABLE DE L’ABSENCE DE VERDICT APRES LE DECES D’UN CYCLISTE A BAGNES IL Y A SEPT ANS ?”
  1. Je n’arrive pas à le croire,…

    On veut un véritable Conseil de la Magistrature, pas un nouvel organe de copains aux intérêts limités à eux et à qui a du pognon !

  2. 1. « Et les responsables ne sont pas encore jugés ou, plus probablement, bénéficieront de la prescription. »
    Il est choquant qu’un avocat formule une telle phrase qui tord le coup à la présomption d’innocence qui laisse à penser que tous les accusés étaient coupables ! On ne sait pas qui est responsable, ni même d’ailleurs s’il y en a !

    2a. »les proches de la victime ont été confrontés à une justice malade »
    Effectivement, il faut parler de proches de la victime

    2b. »ne sait-il pas que le ministère public est supposé défendre la société civile, donc les victimes »
    Justement, et c’est malheureux, la victime n’est plus de ce monde. Il n’y a donc plus de victime dont les intérêts doivent être défendus, mais seulement des proches de la victime qui espèrent trouver une consolation dans la condamnation d’un inconnu qui n’a jamais voulu la mort de la victime. Raison pour laquelle il ne sert à rien de crier à la grande injustice. Ce n’est pas comme cela que les choses devraient aller certes, mais est-ce vraiment si grave. A mon sens, non.

    3. « est-il normal qu’une telle affaire ne soit portée devant l’autorité de jugement que trois mois avant l’échéance du délai de prescription »
    Quatre mois en réalité. Mais peu importe, j’ai la même réponse que vous.

    4. « Tout fonctionnera donc à merveille dès cette date, puisque Nicolas Dubuis, procureur général, en sera membre de plein droit. »
    Moi, tant que le procureur général passe plus de temps à s’occuper des crimes et délits particulièrement graves dont l’issue peut avoir un vrai impact sur la cité, peu m’importe…

    5. « Pauvres victimes ! »
    Voir ci-dessus.

    1. « Moi, tant que le procureur général passe plus de temps à s’occuper des crimes et délits particulièrement graves dont l’issue peut avoir un vrai impact sur la cité, peu m’importe… »

      Tiens, ce serait bien d’évaluer REELLEMENT le procureur général. Je reviendrai sur cette question plus tard. Mais, dans l’intervalle, je sens que d’autres choses m’appellent.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.