PENSEES DE MIQUEL DE PALOL (8)

27 juillet 2020

Ces pensées sont extraites du remarquable roman de l’écrivain catalan Miquel de Palol, « Le Testament d’Alceste », paru en 2009 aux Editions Zulma, dans sa version française (traduction du catalan par François-Michel Durazzo).

 

22.

La justice ne sert qu’aux corps chargés de l’ordre public, qui ne fait que la dégrader. Les honnêtes citoyens sont tous sous contrôle, seul un des vrais voleurs sur dix, en tout cas des plus grands, tombe.

 

23.

Nous avons beau avoir détourné nos regards du mal, il n’en reste pas moins que les droits de l’homme, les garanties civiles et la dignité de la civilisation restent des mirages d’une cruauté sans fin, dans un système que parce que, ailleurs dans le monde, d’énormes masses de population manquent de tout ce qui est si louable et si irréversible que nous disons l’avoir atteint. Nous avons délocalisé la guerre, les impunités d’Etat, la torture, la peine de mort. L’injustice ailleurs soutient notre espérance de justice, l’oppression d’autrui et le prix de notre liberté.

 

24.

Il n’y a rien qui rassure autant les membres d’un groupe que d’identifier l’âne qui prendra des coups.

 

 

 

 

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