JOUR 17, ANDALOUSIE. L’ALCAZAR DE SEVILLE

15 septembre 2020

(PHOTOGRAPHIES : PAR NOTRE REPORTER ET ENVOYE SPECIAL EN ANDALOUSIE)

(TEXTE : PAR WIKIPEDIA)

L’alcazar de Séville (en espagnol : Real Alcázar de Sevilla, prononcé en espagnol : [alˈkaθar]) est un palais fortifié (alcazar) construit à Séville par les Omeyyades d’Espagne et modifié à plusieurs reprises pendant et après la période musulmane. Il est considéré comme l’exemple le plus brillant de l’architecture mudéjar sur la péninsule Ibérique. La famille royale d’Espagne utilisait encore récemment l’étage, mais préfère actuellement l’hôtel Alphonse XIII à côté. Pour indiquer leur présence, le drapeau de l’entrée touristique est baissé.

L’alcazar de Séville est inscrit au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO depuis 1987.

 

Construit sur un ancien site romain, puis wisigoth, par les Omeyyades d’Espagne à partir de 844 sous le règne de l’émir Abd al-Rahman II, l’alcazar fut modifié à plusieurs reprises durant la période musulmane, notamment sous les Almohades. Au XIIIe siècle, Alphonse X entreprit la construction d’un premier palais, de style gothique sur le site de l’alcazar musulman. Au siècle suivant, Pierre Ier, à la suite du tremblement de terre de 1356 qui détruisit une grande partie de Séville, y ajouta un splendide palais de style mudéjar. L’ensemble, qui ne conserve que peu de vestiges de l’époque d’al-Andalus, fut modifié une nouvelle fois par Charles Quint au xvie siècle.

L’alcazar commença à prendre l’aspect d’un palais fortifié après la conquête de Séville (712) par les Arabes, qui, dès 720, utilisèrent ces lieux comme résidence de leurs dirigeants. En 884, la forteresse contribua à contrecarrer une invasion de la ville par les Vikings1.

Depuis sa construction par les Arabes, la forteresse comprenait plusieurs secteurs, comme la « maison des Princes » (casa de los Príncipes), habitations qui s’étendaient de la plaza del Triunfo jusqu’au quartier de Santa Cruz.

Le palais islamique primitif est de la même époque que l’Alhambra de Grenade. Y furent ajoutés au XIe siècle le palais des émirs, puis, au XIIe siècle, l’« Alcázar » ou « palais des Bénédictions », alors que les fortifications étaient renforcées. Un siècle plus tard, les Almohades édifièrent encore d’autres cours et palais. Les seuls éléments du palais islamique qui subsistent encore aujourd’hui sont la cour des Stucs (patio del Yeso), la salle de Justice (sala de la Justicia), la cour en croix (patio del Crucero, convertie peu après pour accueillir les bains de doña Marie de Padilla), la cour de la maison du Commerce (patio de la Casa de Contratación) et les murailles, qui entourent le complexe historique.

 

Après la prise de la ville par le roi Ferdinand III en 1248, l’alcazar fut converti en résidence royale. Son fils Alphonse X le Sage fit exécuter les premiers réaménagements, faisant notamment construire en 1254 trois grands salons en style gothique. En 1364, Pierre Ier de Castille décida d’ériger ce que l’on appelle de nos jours le palais Mudéjar, qui fut le premier palais d’un roi de Castille à ne pas être fortifié et qui nous émerveille aujourd’hui par la richesse de son ornementation mudéjar. En 1366, une fois terminé le nouveau palais, une guerre civile éclata, opposant Pierre Ier à son demi-frère Henri II et s’achevant par la mort de Pierre en 1369, qui ne put guère profiter du nouveau palais2.

Le palais de Pierre Ier est considéré comme étant l’exemple le plus complet d’architecture mudéjar en Espagne.

Furent érigés par la suite la chapelle gothique, le hall des Cavaliers (Apeadero), la cour de la Vénerie (patio de la Montería) et, dans les jardins, la galerie des Grotesques (Grutescos).

 

L’alcazar de Séville et la monarchie espagnole

Arcs en fer à cheval dans le salon des Ambassadeurs.

Au fil de l’histoire, l’alcazar a été le théâtre de divers événements liés à la couronne espagnole. En 1477, les Rois catholiques vinrent s’installer à Séville, dans l’enceinte de l’alcazar. Un an plus tard, le , naissait au palais leur deuxième fils, le prince Jean d’Aragon. En 1526 fut célébré à l’alcazar le mariage de Charles Quint (Charles Ier d’Espagne) et de sa cousine Isabelle de Portugal3.

En 1823, lors de la campagne menée par la France afin de rétablir le roi Ferdinand VII, la famille royale résida à l’alcazar de Séville pendant deux mois. C’est lors de ce séjour que naquit, le , l’infant Henri de Bourbon, fils de l’infant François de Paule de Bourbon et de Louise-Charlotte de Bourbon-Siciles, auquel le roi Ferdinand VII conféra quelques jours après sa naissance le titre de Duc de Séville4.

Par décret du , le gouvernement de la Seconde République espagnole céda l’alcazar à la commune de Séville5.

Enfin, le , l’alcazar servit de cadre au banquet et à la réception donnés à l’occasion du mariage de l’infante Hélène de Bourbon, fille du roi Juan Carlos Ier, et de Jaime de Marichalar6.

La famille royale utilise aujourd’hui l’étage du palais.

 

 

Porte et cour du Lion (puerta y patio del León)

Muraille extérieure et porte du Lion.

On pénètre actuellement dans l’alcazar par la porte dite du Lion. Appelée autrefois « porte de la Vénerie » (puerta de la Montería), elle servait de hall d’entrée donnant accès à la cour du même nom. De style almohade, elle est surmontée d’un panneau d’azulejos réalisés en 1894 en céramique sévillane par la fabrique de Mensaque, dans le quartier de Triana.

Une fois franchie la muraille arabe du XIIe siècle, on accède à la cour du Lion, sur laquelle donne, à gauche, la salle de la Justice (sala de la Justicia). En face, trois grands arcs s’ouvrent dans la muraille, restes d’une ancienne façade almohade qui faisait partie de l’enceinte défensive de l’alcazar. Ces ouvertures, réalisées dans l’axe du palais du roi Pierre Ier de Castille, sont postérieures à la construction de celui-ci. Les deux arcs latéraux, à l’origine en fer à cheval, sont identiques, tandis que l’arc central, plus élevé et réalisé en pierre, est un arc en plein cintre surhaussé. Mais avant de passer ces arcs, on pénètre à gauche dans la salle de Justice et accède à la cour de la Vénerie (patio de la Montería).

Salle de Justice (sala de la Justicia)

Salle de Justice.

Connue aussi sous le nom de salle des Conseils, elle fut construite après 1340 par Alphonse XI, sur les ruines de l’ancien palais almohade. C’est là que le roi Pierre le Cruel rendait ses jugements. La salle, de plan carré, est couverte d’un plafond à caissons formés de motifs polygonaux qui s’imbriquent les uns dans les autres pour s’organiser en étoiles, élément de style typique de l’architecture mudéjar, appelé artesonado. Le sol, refait récemment, est pavé de tomettes et ponctué d’azulejos, disposés géométriquement autour d’un joli bassin circulaire en marbre blanc, à fleur de terre7. La salle de Justice communique avec la cour des Stucs, qui lui sert pour ainsi dire de puits de lumière. C’est l’un des rares éléments qui nous restent de l’époque almohade. De plan presque carré, elle comporte en son milieu un bassin rectangulaire. Le mur droit accuse une succession d’arcs polylobés surmontés d’une riche et délicate décoration.

Cour de la Vénerie (patio de la Montería)

De retour dans la cour du Lion, on franchit sur la gauche l’un des trois grands arcs décrits plus haut et accède à la cour de la Vénerie (patio de la Montería).

Elle doit son nom aux veneurs (« monteros »), qui accompagnaient le roi dans ses parties de chasse. De forme trapézoïdale, elle est dominée à l’est par la façade du palais mudéjar du roi Pierre Ier, qui décline à l’infini arcatures polylobées et décors filigranés. Sur la droite, la façade est en double galerie d’arcades, à baies ouvertes au rez-de chaussée et vitrées à l’étage. C’est de là qu’on accède au salon de l’Amiral et à l’escalier qui mène au Haut Palais. En quittant la cour sur la gauche, on parvient à la cour de la Croisée (patio del Crucero) puis au palais Gothique.

Salon des Tapis (salón de los Tapices)

Il fut entièrement reconstruit au XVIIIe siècle. Sa façade jouxte au sud-est la cour de la Croisée. Il est décoré de six tapis représentant la conquête de Tunis par Charles Quint et réalisés dans les années 1730.

 

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