Philippe Lorétan et le Cas Sembrancher. De la transparence, mais dans le secret !

16 février 2021

Certains, naïfs, comme L’1Dex, pensaient que la nouvelle présidente de Sembrancher, Dame Luy, qui avait été élue sur la base de son programme dans lequel elle prônait plus de transparence, voudrait plus de lumière sur les affaires communales. On pensait même que Marie-Madeleine pourrait sauver le Grand Conseil (cf. article du 26 janvier 2021). On pouvait même imaginer que le nouveau conseil, avec ou sans la présidente, pourrait enfin transmettre librement au Nouvelliste les documents que ce quotidien avait demandés à la Commune. Oui, on pouvait le penser.

Mais, que nenni ! Marie-Madeleine, ça semble être Giovanola au féminin.

Mais, la dame pourra toujours invoquer les bons conseils donnés par « la meilleure étude d’avocats du canton » [une opinion parmi d’autres, brave dame !].

L’1Dex, corporation de droit privé, ce qu’ignore peut-être un avocat peu formé au droit commercial, qui confond dans l’allégresse une personne physique, une société à responsabilité limitée et un gérant détenteur de parts sociales d’un blog média qui semble l’indisposer, a tenté de faire l’exercice de la transparence auprès du conseil communal de Sembrancher, qui a cru nécessaire de demander à son propre conseil son opinion :

Ce qui saute aux yeux des moins obtus est assez simple : une note d’honoraires d’un bureau d’avocats, aussi célèbre soit-il (cf. Il est cinq heures, la justice s’éveille), lorsqu’elle est acquittée par une corporation de droit public, telle par exemple la commune de Sembrancher, est un document officiel dont le caractère public est … transparent.

Certains avocats dans ce canton perdent de vue qu’un document public peut être divulgué, puisqu’il ne saurait être confidentiel du fait même de sa qualité de document officiel. Ces gens-là, adeptes de la langue d’Orwell, voudraient que les affaires publiques, dès l’instant où ils sont eux-mêmes impliqués, deviennent des choses aussi privées que celles auxquelles s’adonne leur membre le plus secret dans leurs basses officines).

La cause est donc renvoyée au préposé cantonal à la protection des données et la transparence qui aura à coeur d’organiser une médiation, puis de délivrer une recommandation, avant que le Conseil d’Etat, dans sa nouvelle composition, statue sur la chose. Un recours auprès du Tribunal cantonal sera alors ouvert.

Le citoyen aura compris qu’il est assez simple de mettre en échec tout souci de transparence, ce qu’a magistralement fait la commune de Sembrancher sous l’ère Giovanola que semble vouloir prolonger la présidente Luy (mais le conseil communal, dans sa majorité, veut-il réellement suivre ce chemin ?).

Si, après cette démonstration du cloisonnement des informations par les ringards de la dominance, le citoyen n’a pas compris pour quelle raison il est vital pour le Valais que toutes les forces politiques soient représentées au Conseil d’Etat, et non seulement ces puissants oranges qui ne savent que trop bien garder pour eux les choses qui fâchent et trafiquer de manière clanique, évidemment lors de tout public.

Alors, me direz-vous, pourquoi expulser du gouvernement l’apprenti de Vétroz ? C’est tout simple : il a eu sa chance pendant quatre ans, et il a démontré en peu de temps sa capacité phénoménale à obscurcir le débat, à opacifier l’information et à protéger ceux-là mêmes qu’il devrait sanctionner durement lorsqu’ils manipulent de manière outrancière et criminelle les dossiers qui doivent ultérieurement fonder des décisions du Conseil d’Etat. Mais n’est pas décideur qui veut, ce que savent normalement les bons chefs des ressources humaines des grandes entreprises.

Le lecteur attentif aura compris pourquoi Frédéric Favre et ses subordonnés sont en état de si étroite amitié avec l’Etude du Ritz : fans de l’intransparence et du copinage bien ciblé, ils ne veulent pas que la Cité sache leurs pratiques, leurs qualités et leur médiocre savoir.

Un grand bonjour à Guillaume Grand ! [1]

[1] Il n’aime pas que son nom soit écrit en toutes lettres sur ce site. Il devrait savoir que le responsable de L’1Dex aime ne pas obéir lorsqu’il ne comprend pas le pourquoi du comment de la chose.

 

Post Scriptum :

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

5 thoughts on “Philippe Lorétan et le Cas Sembrancher. De la transparence, mais dans le secret !”
  1. VIVE LA DÉMOCRATIE !

    Le culte de l’intransparence, pour couvrir des infractions et former ainsi entrave à l’action pénale les concernant, apparaît inscrit dans l’ADN actuel de nos institutions, qui apparaissent placées au service d’oligarques agissant comme s’ils détenaient ces institutions et pourraient y commettre de l’illégalité en toute impunité pour engraisser leur clan.

    Nos institutions ne sont pas des vaches à traire.
    De plus, le droit est censé s’appliquer à tous de la même manière.

    Contre les pratiques de ceux plaçant actuellement notre canton dans un marasme de magouilles et d’illégalité, il s’agit de voter pour l’alternance, limitant le pouvoir d’une oligarchie minant par de l’illégalité nos institutions.

    Le Valais ne peut continuer à être une terre où oligarques mettent sous le tapis les affaires (le cas de Marianne Maret est à ce titre édifiant).
    Aucune oligarchie n’est bonne pour le bon fonctionnement de la société.

    Les temps changent.
    Chacun a besoin de sécurité juridique et donc d’institutions sures.
    L’essor du canton passe par une moralisation de nos institutions afin de disposer de la sécurité juridique nécessaire à chacun, à l’essor des investissements dans des projets et aux échanges commerciaux.
    Faire des affaires et disposer d’un certain essor économique passe par là.

    En donnant une voix aux représentants des partis minoritaires, chacun peut contribuer à un relatif équilibre de représentation des sensibilités politiques.
    La diversité des sensibilités forme la démocratie et il s’agit aussi d’un très sain contrepoids démocratique au pouvoir, en assurant que les intérêts du plus grand nombre ne disparaissent pas sous les intérêts particularistes d’oligarques.

    Réjouissons-nous d’être des démocrates en démocratie et votons comme tels.

    VIVE LA DÉMOCRATIE !

  2. Phénoménal! Oser dire dans cette lettre que ceci « tombe » sous le sens et que « cela saute aux yeux »! Ce qui saute aux yeux est surtout, en plus de la médiocrité de l’argumentation de la lettre, la piètre qualité orthographique de son auteur: « comme le sais » le requérant… oubli du « t » par négligence, méconnaissance ou mépris? Dixit Audiard: les cons, ça ose tout. Et qualifier l’1dex de blog polémiste n’est pas la moindre des conneries figurant dans cette lettre!

  3. Courage au nouveau et plutôt jeune conseil communal de Sembrancher.
    Vous tous avez été choisis pour
    une administration loyale, cohérente, transparente, réfléchie pour le bien des citoyens.
    Quant à la présidente, on n’espère, tout simplement pas, que : « les belles promesses rendent les fous joyeux ».

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