Les triades sont très confortables pour les religions et les systèmes moraux traditionnels, pour l’immédiateté du contraste, simple et à la portée de tous. Nous connaissons tous les vertus théologales, la foi, l’espérance et la charité (ou l’amour), transformées par la Révolution française en liberté, égalité et fraternité – comme l’exprime le drapeau national – , et cela va jusqu’aux éléments basiques de la rhétorique hégéliano-marxiste, thèse, antithèse et synthèse.
Parmi toutes ces notions, les puissances de l’âme – mémoire, intelligence et volonté – présentent une fascinante escalade catégorique qui reflète la progression de l’activité de l’esprit humain : fondement et matière première dans la mémoire, élaboration formatrice dans l’intelligence, réalisation grâce à la volonté. La base, le point de départ sans lequel sont impossibles les deux autres, c’est la mémoire.
Une force incompréhensiblement maltraitée par la modernité, qui aime à la mépriser depuis l’éducation des enfants, déjà, où il est coutume ne rien apprendre de la mémoire sinon à travers le jugement, dans une confusion affligeante des plans, alors que les mécanismes de la mémoire sont propriétés de la pensée, l’évaluation et la compréhension. Les premiers traités de la mémoire ont plus de 2000 ans, depuis l’anonyme Retorica ad Herennium jusqu’aux textes de Cicéron dans De oratoria. L’art de la mémoire acquiert une importance centrale dans la Renaissance, avec Camillo, Bruno et les grands humanistes. Pour nous autres, les modernes, un rappel : chacun est sa propre mémoire. Sans mémoire, la pensée n’existe pas.
En effet, la mémoire, c’est une mobilité de l’intelligence qui se règle exactement sur la mobilité des choses. C’est la continuité mouvante de notre attention à la vie.
L’éloge doit être nécessaire puisque l’IA qui nous entoure développe une paresse infantilisante de la mémoire et donc une inattention à la vie.
Beaucoups en perdrait la tête ? De ce qui vient des autres …
En effet, la mémoire, c’est une mobilité de l’intelligence qui se règle exactement sur la mobilité des choses. C’est la continuité mouvante de notre attention à la vie.
L’éloge doit être nécessaire puisque l’IA qui nous entoure développe une paresse infantilisante de la mémoire et donc une inattention à la vie.