État du Valais, élection au Conseil d’État. 50 nuances d’incompétence. Jérusalem et la science-fiction en Valais (37/50)

17 mars 2021

(PAR J.-M TEISSIER)

 

Jérusalem 2111 : concours international de science-fiction (fondé par Daniel Wiernik).

Valais 2021 : concours de science-fiction mathématique

 

Ainsi donc, les présidences PLR, PS et UDC avec quelques parrainages annexes lancent une mobilisation en faveur de la solution 2-1-1-1 pour le futur Conseil d’État. C’est louable, et la fin justifie le moyen présenté. La motivation de l’appel repose sur les arguments de représentativité et de diversité. En clair : mettre un terme justifié à un système hégémonique dépassé.

Ceci marque d’abord la fin du copinage organisé et malvenu entre le PDC et le candidat Favre qui devrait prendre conscience d’avoir été un outil manœuvré avec brio. Rappelez-vous Darbellay criant sur les toits ses racines familiales radicales et sa loyauté envers son collègue PLR qui a été d’une collégialité remarquable ! M.

Favre n’a, semble-t-il, pas connu l’époque des Gouvernements où les quatre PDC tapaient la fondue en face d’un radical qui crevait de faim…. Aujourd’hui, les responsables PLR , qui tablaient sur la loyauté DC, veulent entraîner ses partisans visiter d’autres voisins où l’herbe, on le sait, est toujours plus verte.

Heureusement qu’on n’a pas droit à un troisième tour !

Dès le départ, un gros caillou dans la godasse. Un membre de la solution 2-1-1-1 ne partage pas cette stratégie minoritaire : Franz Ruppen. On peut en déduire que pour le concerné, cette formule a certainement moins de poids que les garanties du PDC selon la recette historiquement ultra-rodée du donnant-donnant, en clair du «gagnant-gagnant». Déduction : l’hégémonie du PDC est tout à fait vivable et acceptable pour M. Ruppen ; apparemment il n’a rien à cirer de cette situation.

Concrètement, si la solution 2-1-1-1 sortait des urnes finalement, à quoi servirait le remplacement d’un PDC par un UDC ? La santé démocratique ne va pas s’améliorer quand les idées macérées donnent la même teinture-mère, si ce n’est de rajouter de l’alcool pur 95°-UDC dans celui à 60°-PDC. Le résultat serait de droitiser un peu plus une droite qui a assez régné dans la Res Publica.

La position isolationniste de M. Ruppen (et UDC Oberwallis) face à l’Appel minoritaire a l’avantage de faciliter la tâche de l’électeur/trice qui dit NIET à un retour de l’UDC aux affaires gouvernementales. On a déjà donné, comme on dit. On a beau se présenter comme candidat UDC modéré et tolérable, avec les aspects de premier communiant, mais le fond de commerce reste ce qu’il est : la fabrication de la peur, élaborer des problèmes inexistants, la manipulation, l’exagération rhétorique, à quoi s’ajoute la récurrente auto-victimisation. Un parti de super-patriotes, prétendument plus suisses que les autres, dont des leaders sans retenue, vont jusqu’à discréditer le Conseil fédéral MULTIPARTITE qui aurait soi-disant fait virer la Suisse en dictature ! Nein Danke !

On pourrait épiloguer longtemps sur l’Appel du 2-1-1-1. Mais on peut trouver un espoir de soulagement ailleurs. La trop grande fixation, obsessionnelle, sur le Conseil d’État et sa composition future finit par nous faire oublier où se situe le vrai pouvoir : le Législatif cantonal. Et là pour quatre ans, la messe est dite : le PDC est confirmé comme parti qui ne peut plus agir en solo à sa guise. Et c’est donc là qu’il faudra voir comment vont collaborer les 1-1-1 pour jouer les contre-pouvoirs si le système hégémonique devait perdurer. Dans ce cas, les «C»ysiphes rouleront moins facilement la pierre cornaline (orange) au sommet de la Rosablanche.

Et dans l’immédiat futur, demandons-nous comment va se traduire cet Appel minoritaire dans les travées de la Constituante, qui paraît plus pencher pour le papier carbone que pour la page blanche en attente de créativité. Comme disait l’autre, ce qui rend difficile l’ouverture d’esprit c’est la gestion des courants d’air…

Quoiqu’il arrive, une certitude: la démocratie-chrétienne n’a plus de majorité. Ses responsables qui voudraient prouver le contraire par les urnes donnent une idée de leur but unique: le pouvoir à n’importe quel prix et avec tous les moyens nécessaires et bien connus; ce qui est anormal doit être enregistré, à force d’habitude, par le citoyen, comme la nouvelle normalité.

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