I
Sur la Route du 2-1-1-1
L’1Dex avait annoncé l’enjeu de cette élection au Conseil d’Etat, un partage des responsabilités politiques à l’exécutif cantonal dans une série d’articles louant les mérites du 2-1-1-1 :
1.
COMPACT CONTRE COMPACT
2.
1+1+1
3.
VIVE LE 2-1-1-1 LIBÉRATEUR DU VALAIS !
4.
« L’ESPRIT DE TAVEL », MODÈLE POUR LE VALAIS DU 2-1-1-1 ?
II.
Les résultats du 7 mars 2021
Roberto SCHMIDT 62’031
Christophe DARBELLAY 56’331
Mathias REYNARD 51’539
Frédéric FAVRE 50’199
Serge GAUDIN 45’452
Franz RUPPEN 44’734
Brigitte WOLF 31’567
Magali DI MARCO 30’721
2021 03 07 – COM – Résultats 1er tour Conseil d’Etat
III.
LES ENSEIGNEMENTS
1.
Le Haut-Valais, disent les naïfs, est en danger : le deuxième siège haut-valaisan n’est plus assuré.
Personne n’imagine (mais pourquoi donc ?) que le Haut-Valais puisse ne faire élire qu’un seul candidat.
Par conséquent, le siège de Franz Ruppen, pourtant en sixième position, est acquis, la menace évoquée n’étant ainsi que discursive.
Si Franz Ruppen ne devait pas être élu, le Centre et le Bas-Valais auraient démontré, après plusieurs siècles de servilité féodale à leurs maîtres germaniques, qu’ils n’acceptent plus cette situation. Mais aucun observateur de la vie politique valaisanne n’envisage une telle hypothèse proprement … révolutionnaire.
2.
A l’image du très politique Léonard Bender sur Canal9, ce résultat peut être lu comme la victoire historique des minoritaires contre la majorité conservatrice du PDC. Serge Gaudin, quoique en cinquième position, serait ainsi en grand danger et deviendrait alors le jouet de l’histoire en cours de modification.
3.
Dans cette hypothèse, la route vers le 2-1-1-1 serait acquise, et Serge Gaudin serait ce candidat malchanceux, celui-là même qui a changé de domicile pour permettre au PDC de conserver la majorité; il resterait sur le carreau. Le PDC perdrait alors sa majorité face à Mathias Reynard, à Franz Ruppen et à Frédéric Favre [si l’on imagine celui-ci dans un autre costard qu’orange].
4.
Roberto Schmidt et Christophe Darbellay, quoique formant le duo de tête, seraient devenus en ce 7 mars 2021 les fossoyeurs du PDC défunt, puisqu’ils ont délibérément contribué à assaisonner en votes Frédéric Favre pour permettre à celui-ci, si bienveillant à leur égard durant toute la législature, de rester au gouvernement.
Devant un résultat par trop défavorable à leur colistier Gaudin, Christophe et Roberto pourraient faire leur mea culpa, dire à leurs électeurs que la survie de leur parti passe par cet acte de contrition impliquant aussi la renonciation à demander à leurs supporters qu’ils choisissent également Frédéric Favre pour le second tour. Mais cette hypothèse paraît impossible aux yeux de ceux qui forment la droite conservatrice du PDC.
Le résultat exceptionnel réalisé par Frédéric Favre [1] ne trouve pas son explication dans son bilan de législature – totalement inexistant -, mais bel et bien dans la volonté exprimée par le corps électoral valaisan de ne plus confier la majorité absolue au gouvernement du PDC, celle-ci se croisant avec celle, commune, de Messieurs Schmidt et Darbellay, enjoignant leurs ouailles de soutenir leur compagnon PLR, qui pourrait prendre la carte du parti conservateur après avoir mouillé sa chemise dans l’intervalle.
5.
Les Jaunes du Haut-Valais, quelques noirs aussi, en distribuant massivement leurs voix à un PLR, rival historique du PDC, suivant en cela la proposition de Christophe Darbellay, puis de Roberto Schmidt, sont devenus – ou peuvent devenir – les fossoyeurs du PDC. Le résultat inclurait-il la défaite de Serge Gaudin [2] que ce serait la fin du PDC. Une frange significative du PDC VR rejoindrait finalement les rangs de l’UDC du Valais Romand. Joachim Rausis, le président du PDC VR, réalise-t-il la chose ?
Et la redistribution des cartes dans le Haut-Valais laisserait à jamais des traces dans les esprits des frères ennemis, les Noirs et les Jaunes, ceux-ci pourront certainement renoncer aux postes si lucratifs qui sont encore les leurs.
6.
Mathias Reynard a marqué son territoire. Il doit aujourd’hui déterminer le rôle de ses deux colistières au second tour, dont celui de Magali Di Marco. Les appareils des partis fixeront leur choix prochainement. Le clan des Verts pourrait vouloir accompagner Mathias jusqu’à la victoire finale pour mieux la partager. Ou se dire que l’assistance a été suffisante et que le dernier col doit être franchi par le leader seul. Le PS va laisser la liberté à ses alliées. Mais ne vaut-il pas mieux aujourd’hui encore parcourir la fin du chemin avec ces deux femmes ?
Si les Valaisans confirment dans trois semaines le chemin signifié en ce 7 mars 2021, alors le Valais aura choisi son prochain président du gouvernement, un grand homme, celui-là même qui a sauvé de l’opprobre Maurice Chevrier. Tous les Evolénards doivent s’en réjouir, n’est-ce pas Monsieur Gaudin ?
7.
Last but not least. Quelle arrogance commande-t-elle de vouloir prétendre à 3 sièges au gouvernement alors que le PDC ne compte que 48 députés sur 130, soit le 36 % des parlementaires ?
Et s’il venait à l’esprit des dirigeants du PDC/PCS une idée vraiment salvatrice, novatrice et responsable face 3-1-1-1 d’hier, en laissant de côté leur arrogance à vouloir, toujours et toujours, imposer au Valais leur domination au Palais du Gouvernement ?
Laquelle ? Tout simplement d’accepter honnêtement et humblement cette quittance de la vox populi d’hier (surtout au Grand Conseil, merci les femmes) et convaincre leur candidat suicide Gaudin de se retirer de la course, le deuxième tour devenant superflu.
Pour le plus grand bien des contribuables et des votants, qui en ont marre de lancer des avertissements aux politiques ne voulant pas comprendre leurs messages ! Du pain sur la planche des grands stratèges ces prochaines heures …
Il fallait bien lire … novatrice et responsable face au 3-1-1-1 d’hier, ..
La Dérouillée (crépuscule et déliquescence PDC).
Après avoir perdu 6 sièges au Grand Conseil il y a quatre ans, le PDC en a cette fois cédé 7 !!! Quelle dérouillée il s’est pris et quelle dérouillée ils va continuer à se prendre. L’arrogrance est désormais ici dans la pente descendante des perdants et elle sera vite oubliée par l’Histoire.
Le PDC était héritier de l’évêque de Sion faisant procès pour sorcellerie aux opposants. La fin de la majorité PDC est la fin de cinq siècles de pouvoir absolutiste. Pour survivre encore quelque temps, le PDC ne peut désormais qu’intensifier le clientélisme. Le goût du rance va donc fortement se manifester dans nos institutions dans un premier temps.
Dans son arrogance, le PDC perdra encore un nombre équivalent de sièges dans quatre ans. La fin de la clôture de nos institutions par ce parti jusqu’ici dominant est indubitablement en marche. Vive les équilibres de pouvoir peu à peu retrouvés. Vive la démocratie !