ÉTAT DU VALAIS, ÉLECTION AU CONSEIL D’ÉTAT. SARKO, FAVRE, CHEVRIER, L’OURS ET LES HORS-LA-LOI

7 mars 2021

Nicolas Sarkozy, ancien président de la République française, serait innocent. La justice le harcèlerait, le poursuivrait sans droit, écouterait illicitement son avocat et abuserait ainsi gravement de lui. Telle est en substance la position de ce poète hongrois de la littérature française de rue, le créateur de ce syntagme métaphorique connu aujourd’hui à travers le monde, « casse-toi, pauvr’ con ! ». Tous ses « amis » politiques se sont attelés au boulot consistant à affirmer la parfaite honorabilité dès ce « grand président de la République », à l’exemple du ministre de l’intérieur Darmanin.

En Valais, le pendant de l’Affaire Sarkozy, c’est – mutatis mutandis – l’Affaire Chevrier. Notre Darmanin de service est l’Apprenti de Vétroz, Monsieur Frédéric, qui évoque l’inadvertance commise par l’ancien conseiller national PDC, Évolénard d’origine, qui, pour plaire et complaire à ses amis Éloi Rossier et Frédéric Perraudin, a préféré, abusant manifestement de son autorité [1], de ne pas enquêter sur les faits qui attesteraient la nullité absolue de la résiliation du contrat de travail de Gabriel Luisier, et qui n’a pas lu le recours rédigé par l’avocat de Luisier, qui démontrait notamment une violation limpide du secret de fonction commis par le président de Bagnes.

Mediapart a publié sur son site l’intégralité du jugement de 254 pages condamnant le mari de Carla Bruni. Les actes posés par Nicolas Sarkozy, par son avocat, Me Herzog, et par leur complice, un haut magistrat, sont tout simplement honteux. Ces actes ne prêtent pas à discussion, la preuve de ceux-ci découlant des propres paroles de ces criminels pris sur le fait à l’occasion d’écoutes téléphoniques. Que l’on puisse essayer de sauver Sarko en disant que l’on ne saurait écouter un avocat, est une manipulation sans nom du droit, dès l’instant où un avocat ne saurait être épargné s’il est lui-même l’auteur direct du crime reproché.

Que l’on puisse dans le Val d’Hérens et à Neuilly vouloir se défendre des actes commis, tout un chacun peut le comprendre. Mais que l’on veuille utiliser à Paris un Haut Magistrat pour obtenir des informations confidentielles déterminantes ou à Évolène que l’on espère que le propos d’un chef de département des institutions traitant de bagatelle une violation crasse de ses obligations – « grave » dit le Tribunal cantonal – suffira à le maintenir en fonction, ne sont pas des actes de bravoure méritant un quelconque soutien de la part de responsables politiques.

Darmanin et Favre portent leur estime sur une personne qui, dans ces cas concrets, ne sont pas du tout estimables.

Personnellement, après avoir lu le jugement, publié par Mediapart, condamnant Nicolas Sarkozy, je considère la sanction prononcée comme légère eu égard à la gravité de l’infraction retenue.

Maurice Chevrier était lui chargé avec Yvan Coquoz de rédiger une proposition de décision pour le Conseil d’État. Sa fonction, contrairement au cas de Sarko, qui n’était qu’un célèbre justiciable inquiet, était expressément en jeu. La faute commise est dès lors plus significative encore, même si les méthodes utilisées par Sarkozy et Herzog auraient pu être celles de grands bandits. Mais utiliser sa propre fonction publique pour manipuler une décision administrative pouvant avoir des effets délétères sur la vie d’un citoyen est autrement plus grave.

Dans ces deux cas précis, tous les participants à ces actes devraient au minimum être bannis de toute charge publique.

Et qu’a fait le pouvoir dans les deux situations ? Il a cherché des noises aux médias diffusant des éléments d’intérêt public manifeste ! Le Valais, par un ministère public en état de déliquescence, a fait encore plus fort : il a banni du prétoire l’avocat de la victime.

Dans l’intervalle, le chef du département cantonal des institutions s’est tu; Le Nouvelliste s’est tu; le procureur général s’est tu; et Frédéric Favre sera peut-être même réélu par ce grand Parti radical défenseur de l’État de droit, sa marque de fabrique !

On ne va pas demander à Pascal Couchepin, l’ancien président de la Confédération helvétique, son opinion sur le sujet !

Bonjour à tous les mafieux cagoulés qui, contrairement à certains magistrats, ont le courage de dire clairement ce qu’ils veulent : une jungle sans autre État de droit que le leur [2].

POUR SOUTENIR L’1DEX ET CONTRIBUER A UNE AUTRE INFORMATION EN VALAIS

[1] Maurice est présumé, comme Sarko, totalement innocent des infractions pour lesquelles il est prévenu.

[2] Qui est le plus honnête ? Le cagoulé qui exige avec fermeté son dû pour lui et ses amis hors-la-loi ou le magistrat invoquant la loi mais la trahissant pour lui ou pour ses amis ?

 

Illustration : L’image a été choisie pour attirer le citoyen, puisque le sujet est décisif pour l’avenir de la démocratie; que Magali et toutes celles qui fêteront le 8 mars n’en veuillent pas trop à L’1Dex.

 

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

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