L’interprétation que je donne à l’échec de la « réélection » du procureur général est simple : ce fut, au sens freudien, un acte manqué collectif, donc un acte pleinement réussi. Voici pourquoi.
L’acte manqué a sa source dans un conflit psychique qui se manifeste dans la psychopathologie de la vie quotidienne par des rêves, des lapsus, des actes manqués, qui sont tous des rébus exprimant le désir latent du sujet, en l’espèce du parlement. Cette force psychique des députés les inclinait clairement, tous partis confondus, vers le rejet de ce procureur sur lequel tout n’a pas été dit.
Les députés ne voulaient plus de ce magistrat engendrant trop de difficultés cumulées et récurrentes. Mais dans le même temps, ce parlement comprenait qu’il serait difficile pour cet homme d’accepter de quitter sa fonction.
Alors s’installèrent dans l’esprit de nos parlementaires deux forces antagonistes qui provoquèrent ces bousculades psychiques qui sont à la source de ce capharnaüm que d’aucuns croient incompréhensible. L’une de ces forces insistait pour un refus de la reconduction du mandat, l’autre résistait à la nécessité de ce changement qui s’imposait.
Ainsi, le voulant inconsciemment, le parlement fabriqua une séquence étonnante qui entrera de plein pied dans l’histoire institutionnelle de notre pays.
Le tribunal fédéral aura la tâche de dire le droit, le droit chemin s’entend, à moins que le procureur général dans un geste de lucidité intime comprenne, avec l’aide de ses proches les plus éclairés, que la vie est trop courte pour œuvrer dans un champ qui n’est pas sa vocation.
On verra.
Sur le plan humain cet acharnement du père et de certains proches est profondément malsain, Nicolas Dubuis s’était clairement positionné, il souhaitait changer d’orientation, il visait le Tribunal cantonal, ça n’a pas été possible mais il lui reste d’autres voies. Son père et ses proches ne l’ont-ils pas écouté…. eux qui devraient justement vouloir qu’il s’épanouisse alors pourquoi pas dans un autre job.
Il n’est à l’évidence pas l’homme du MP et il le sait, c’était un cadeau empoisonné de Jo.
Il devrait y renoncer et passer à autre chose.
Vouloir le remettre là où justement il voulait en sortir, c’est une aberration.
Exactement, une aberration.
Tout ça pourquoi si l’on pose la question à ces fameux proches ? Pour le titre ? Pour la réputation ? Pour le statut social ? Pour le salaire ? Pour continuer à avoir la main mise sur le pouvoir et ses rouages ? Pour pouvoir continuer à « je fais ce que je veux » comme aurait dit le père ?
Et bien non.
Personne ne fait jamais que « ce que je veux » c’est puéril, immature, égocentrique. C’est méconnaître les règles morales du savoir vivre ensemble et du savoir qu’il y a parfois des limites au « je fais ce que je veux ».
On apprend cela aux enfants dès leur plus jeune âge afin d’éviter que parvenus à l’âge adulte nous soyons confrontés au désastre du narcissisme malsain.
Alors aberration bien sûr, reste à savoir ce que la gouvernance et les élus en pensent et en feront ?
Qu’il fassent ce qu’ils doivent et non ce qu’ils veulent.