Affaire Nicolas Dubuis. « Tout a été dit »

20 mai 2021

Ecouter Romain Carrupt sur la RTS (2 min 35) : cliquer ici

 

Réagissant à l’article d’Evelyne Emeri, journaliste à LeMatin.ch, qui a fait ses premières armes au Nouvelliste dans le Chablais, le PDC du Valais romand a pondu une sorte de communiqué étonnant sur facebook duquel je retiendrai à propos du procureur général une seule phrase : « Tout a été dit ».

Par ces quatre mots, le PDC VR démontre une seule chose, sa volonté d’éviter à tout prix que quiconque s’exprime vraiment – vraiment ! – sur le fond : interdire que ce nouveau parlement, instrumentalisé par des forces conservatrices délétères, sache ce qui se joue réellement dans cette prochaine élection.

Qu’est-ce ?

La question que le parlement n’a pas voulu débattre, n’a pas débattu, ni publiquement lors des élections au Tribunal cantonal, ni à huis clos avant la « votation » qui ne respectait pas l’ordre du jour, est celle de la qualité réelle du procureur général. Examinons-là.

Le Grand Conseil veut-il que le magistrat doté du pouvoir le plus important dans la Cité soit cet homme qui :

a été désigné jadis juge d’instruction cantonal spécialisé dans les affaires économiques sans avoir les connaissances élémentaires pour cette fonction;

a laissé volontairement prescrire l’affaire pénale liée à la débâcle passée du FC SIon, alors même que le délai de prescription était de 15 ans;

a commis un acte d’abus d’autorité dans l’affaire de Dominique Giroud, le plus grand fraudeur fiscal de l’histoire contemporaine valaisanne, mais a fait l’objet d’une ordonnance de classement pour avoir agi avec manque d’empressement ou excès de précipitation;

a commis un acte de gestion déloyale des intérêts publics, mais a bénéficié d’une même ordonnance de classement pour avoir agi également par manque d’empressement ou par excès de précipitation;

a bénéficié en raison de la prescription d’une décision de non-entrée en matière pour faux dans les titres en ayant indiqué faussement qu’une arme avait été détruite dans un dossier pénal de 1998;

a bénéficié en raison de la prescription d’une décision de non-entrée en matière pour soustraction d’objets mis sous-main de l’autorité consistant en la mise dans la malle d’officier d’un pistolet;

a bénéficié d’une ordonnance de classement pour détention illicite d’une arme, de munition, de fumigène et pour le transport de ces objets;

a été exempté de toute peine pour avoir placé des munitions dans une corbeille;

a transporté à plusieurs reprises intentionnellement et illicitement une arme;

a bénéficié d’une absence de capacité de discernement pour ces délits commis à plusieurs reprises;

a ainsi été absous à plusieurs reprises pour absence de capacité de discernement;

n’a eu qu’un souvenir diffus des graves événements subis entre le 31 janvier et le 2 février 2018;

a subi un long burn-out de plus de six mois;

accepte que son père de 80 ans et l’une de ses proches appelle des députés pour les rendre attentifs aux conséquences d’une non-élection constitutif selon Barbara Lanthemann d’un « chantage inacceptable »;

a provoqué un prononcé de huis clos pour une simple « réélection » au motif que des députés ont eu peur pour le parlement;

manque de leadership au sein du bureau du ministère public;

est critiqué sévèrement par trois femmes magistrates qui se plaignent de harcèlement dans le cadre de leur activité professionnelle;

a provoqué des coûts procéduraux importants liés à la venue en Valais de deux procureurs ad hoc extraordinaires;

a un tempérament si consensuel qu’il provoque chez ses collaborateurs un sentiment de laisser-aller et un manque avéré d’implication dans les dossiers des responsables de la poursuite pénale;

provoque par ses défaillances dans la gestion interne une mauvaise répartition des dossiers;

fait preuve d’un manque de charisme délétère créateur de dysfonctionnements graves au sein du ministère public dans son ensemble.

Si, vraiment, « tout a été dit » sur le procureur général, si celui-ci n’a pas été dans le passé condamné pour d’autres infractions, si celui-ci traite tous les justiciables et avocats dans un même souci d’égalité, s’il jouit d’une bonne santé psychique, si son caractère a changé, si tout est parfait dans le meilleur des mondes possibles, j’ai une question toute simple à poser aux députés PDC VR :

« Voulez-vous vraiment confier les clefs de la politique judiciaire pénale à Nicolas Dubuis ? »

Franchement, je ne le crois pas.

On verra.

 

Références nécessaires

Code pénal suisse : article 279 CP

Réponse de la COJU : document du 26 novembre 2020

Article du site LeMatin.ch du 19 mai 2021 : cliquer ici

Ecriture au Tribunal fédéral : Lettre au TF du 20 mai 2021

Article de Barbara Lanthemann :

 

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

2 thoughts on “Affaire Nicolas Dubuis. « Tout a été dit »”
  1. Il est bien clair et donné à notre discernement que « TOUT N’A PAS ÉTÉ DIT ».

    Prétendre le contraire est FAUX et n’est que MENSONGES.

    Cesser de mentir pour des raisons qui ne nous intéressent pas permettrait au Valais de passer
    le cap de l’âge adulte, soit l’âge où l’on devient responsable, vigilant, honnête et surtout autonome dans son mode de pensée et d’agir, ceci en respectant et les lois morales et les lois qui fondent une communauté, un société ou un pays.

    Si le procureur Nicolas Dubuis a besoin de repos, qu’il se repose, si le canton du Valais a besoin de justice juste qu’il s’en donne les moyens en cessant de placer à des postes clés des personnes qui n’ont pas toutes les compétences voulues et nécessaires !

    PDC ou pas…

    Facebook n’est pas l’absolution, bien au contraire.

    Belle journée aux députés.

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