Patatras. La vie des enfants n’attend pas (235)

16 septembre 2021

Le Cas Raoul, mis en lumière par WATSON, développé à L’1Dex à travers un article et deux interviews, l’un portant sur l’aspect pénal, l’autre sur la question de la protection de l’enfant, mérite un complément que j’estime essentiel dans l’histoire dès Patatras.

Dans le Cas Raoul, la mère, mécontente du père, saisit l’APEA qui saisit l’OPE. Déjà, à ce premier niveau on peut interroger la nécessité du déclenchement d’une enquête. Mais ne discutons point ici cet élément et admettons que les inquiétudes de la mère ne soient ni imaginaires, ni chicanières. L’OPE exécute son devoir et remet son rapport après enquête à l’APEA. Cette autorité constate que tout va bien, – comme le dit Raoul, « j’ai montré patte blanche » -, et vide de toute substance les critiques de la mère. L’affaire est dès lors close. On a toutefois le droit de penser que l’OPE gardera un oeil sur le dossier dans le souci d’un bon développement des deux enfants.

Et c’est là que tout se gâte. Voici qu’une procureure reçoit une information de cette même mère selon laquelle le père serait carrément un pédophile, reportant des propos d’un enfant. Et paf dans la gueule, une enquête préliminaire est déclenchée; et paf dans la tronche, une mise en détention préventive est prononcée; et paf au milieu du visage, l’autorité statuant sur la mesure d’incarcération approuvé; et paf et repaf, les demandes de libération sont rejetées.

Ne pensez-vous pas, braves gens, vous qui croyez que tous ces intervenants sont simultanément honnêtes, compétents, empathiques, travailleurs, soucieux et engagés, n’auraient pas, dans le souci du bien-être des enfants intervenir avec vivacité auprès de la procureure (une femme), pour lui expliquer que l’autre parent a pu dès le départ avoir eu un rôle si dénigrant que l’on devrait aborder la situation avec une prudence maximale.

Ma demande est d’autant plus pertinente que les procureurs, contrairement – parfois ! – aux spécialistes de la protection de l’enfance, n’ont strictement aucune formation d’aucun type en matière psychologique ou de protection de l’enfance.

Or, dans le Cas Raoul, c’est précisément au moment même où les enfants auraient eu le plus besoin d’une aide extérieure que ces fonctionnaires et autorités de l’enfance se déchargent de leurs responsabilités en disant honteusement que le dossier est dès maintenant en mains du ministère public, sachant que la procureure n’a strictement aucune connaissance particulière en protection de l’enfance. Cette brave procureure ne va de plus pas pouvoir obtenir le moindre soutien de ses collègues déjà surchargés, ni du procureur général dont les qualités personnelles sont largement insuffisantes pour contribuer à quoi que ce soit, alors même qu’il doit prendre soin de lui-même et des commissions rogatoires.

Voilà donc le destin de plusieurs enfants qui se joue à l’intérieur du Casino judiciaire sous la responsabilité de croupiers pas formés, avec des joueurs qui trichent, des spectateurs ivres et des soubrettes qui papotent dans l’attente d’une nuit d’hôtel ou d’une coupe de champagne.

Les enfants ? On s’en branle, puisque le système les protège.

Ainsi va la vie, ici en Valais, et partout dans le monde.

Et n’imaginez surtout pas, braves gens, qu’un seul de ces magistrats, fonctionnaires, éducateurs, assistants sociaux, curateurs, procureurs ou avocats va vouloir examiner sa propre responsabilité. Oh non, il est trop occupé à vaquer à ses autres et essentielles activités, tout ça peut attendre.

La vie des enfants, elle, n’attend pas.

L’1Dex, à travers les Patatras, vous dit ce qui ne va pas, peut-être ferez-vous un geste pour nous soutenir, en vous abonnant ou en faisant un don.

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

4 thoughts on “Patatras. La vie des enfants n’attend pas (235)”
  1. Très prochainement, à L’1Dex, nulle part ailleurs, une longue interview (près de 20 minutes) d’un père suisse exilé de force en Macédoine, qui a décidé de prendre soin de sa fille à l’étranger, contraint par la justice valaisanne.

    Proprement étonnant comme destin.

    Provoqué largement par les institutions valaisannes.

    Mais qui veut entendre vraiment l’insupportable ?

    A bientôt.

    1. Malheureusement certains parents, – ce n’est évidemment pas mon cas -, ne voient aucune issue possible si ce n’est celle de partir à l’étranger avec leur enfant pour « espérer vivre une vie plus normale » loin des injustices institutionnelles locales et pesantes qu’ils constatent et subissent à tort, et qui seraient la conséquence d’une mauvaise application du droit par certains employés parmi le personnel du système judiciaire. Force est de constater que certains parmi eux abusent de l’arbitraire qui prend naissance derrière la notion de « libre et large appréciation du juge » qui est une notion très locale et archaïque en plus d’être inadaptée pour les questions du droit de la famille, et qui cause des décisions discriminatoires et inégalitaires en général. Or, le temps passe et les enfants grandissent, les parents se passeraient bien de cette potentielle tyrannie institutionnelle. Pour ma part, j’ai pu constater de nombreuses violations de droit et bizarrement malgré mes dénonciations et interpellations nombreuses, je n’ai vu personne pour prendre la responsabilité de ces erreurs-là qui causent traumatismes sur traumatismes, et permettent la prolongation d’un acharnement judiciaire très souvent infondé à l’encontre du justiciable visé injustement. C’est une situation qui révèle la présence d’un état d’esprit, parmi le personnel de nos institutions, qui consiste au mépris souvent répétitif à l’encontre du justiciable d’une part et d’autre part, d’un déni de ses droits réels. Parfois, le conflit conjugal est accentué plutôt qu’apaisé en raison de cet état d’esprit parmi ceux qui devraient être impartiaux et loyaux. La justice doit permettre une inclusion bienveillante et non pas l’exclusion sociale et parentale basée sur des portraits à charge fictifs, farfelus ou inventés, et par la suite, non vérifiés mais parfois accentués sans motifs légitimes.

  2. Magnifique fin, oui ceci n’attends pas. Il ne reste aux parents que la relativité du temps contre ces autorités « cordeuses » de théories inhumaines,…

    En lisant ceci, il me revient que Fred en guerre avec les autorités de Frédo me disait une fois que ces gens, ou machines, ont besoin d’une leçon d’un Conseiller en information sur la signification du mot RESPONSABILITÉ. J’ai hâte que le conseiller en leçon de sens leur écrive à ces donneurs de leçons insensés.

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