Affaire Giroud. Justice : de la lenteur à l’incompréhension

26 avril 2022

L’Affaire Dominique Giroud est l’un des cas révélateurs de ce qu’est dans le réel le fonctionnement vrai de la justice de chez nous et d’ailleurs.

Tout un chacun admettra sans trop de peine que le cancer de la justice est son ineffable lenteur. On pouvait croire que ce mal était une sorte d’apothéose de l’apathie judiciaire généralisée.

Mais on se trompait.

A la lenteur peut succéder l’incompréhension citoyenne complète.

Et c’est ainsi que la Cité apprend, dans la séquence du team des hackers, que Dominique Giroud est condamné à une peine de zéro-jour amende. Enoncé sous forme de résumé métaphorique, 0 jour-amende équivaut à zéro jour d’emprisonnement. Zéro égale 0. Ou plutôt 0 = zéro. Ou encore 0 = 0. Ne vous trompez pas, il ne s’agit pas d’un acquittement, qui équivaut aussi à zéro jour-amende et à zéro jour d’emprisonnement.

Il n’est pas ici suggéré que cette peine de zéro jour-amende ne soit pas équitable. Des arguments multiples permettraient même de penser que l’équité a pu être préservée par ce verdict incompréhensible. Car, il faut l’avouer, si l’agent de communication du ministère public, Gilles B., s’avisait de faire un micro-trottoir et d’interroger qui sa coiffeuse, sa boulangère, son boucher, une conductrice de bus, son collègue de travail ou même son avocat préféré, il serait peut-être surpris de constater l’étonnement sur le visage de son interlocuteur qui pourrait penser à une caméra invisible voulant se moquer de lui. Avec délicatesse, il passerait son chemin, laissant son interviewer se mouvoir dans la chaleur d’un couscous meringué que l’on imaginerait rempli de saucisses anniviardes, de morue portugaise et d’aubergines espagnoles.

Voilà donc une justice lente, incompréhensible et dont l’équité envisagée n’est plus démontrable.

Ce qui laisse l’espace pour l’avocat de la défense de croire ou de feindre que ce justement est manifestement une victoire, et à l’avocat de l’autre partie de soutenir que ce même jugement est accablant pour l’accusé.

Marie Parvex, ciblée par l’espion, contactée par Gilles Berreau, n’a pas souhaité commentaire ce verdict.

En langage des rues, on assimile l’ensemble de la séquence à un enculage de mouches.

Bonjour aux prochains commentateurs de cette nouvelle jurisprudence.

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

2 thoughts on “Affaire Giroud. Justice : de la lenteur à l’incompréhension”
  1. L’1Dex Bonsoir, mon ami faisant une sieste à l’Ezero dans les Balkans m’a déjà raconté que la lenteur était un truc pratiqué en masse dans la Vallée permettant de passer la douane du droit internationale avec des couvertures.

    Je plains cette personne subissant des dictées de dictateurs dans le Nouvelliste, sait-il ce qu’est la liberté, quand pourrait-il nous en faire un essai ?

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