Affaires FIFA, le procès Blatter – Platini. Lutte au caleçon contre le solipsisme (34)
20 juin 2022
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Demain [3], l’avocat de Michel Platini, Me Dominic Nellen, aura la parole. Son but premier sera de perforer la plaidoirie du MPC, de contredire celle de la partie civile et d’analyser avec sa propre méthode l’argumentation du conseil de Sepp Blatter. Avec, comme but final, de conclure à l’évidence qu’il aura démontrée. celle de l’innocence de son client.
En sus de ses qualités de pénaliste, Me Dominic Nellen n’aura pas de cesse de rafraîchir sa mémoire et de reprendre ses cours du Lycée dans le champ de la philosophie.
S’il retrouve au fond d’un grenier ses notes d’étudiant, il ne manquera pas de rappeler à sa mémoire la définition du solipsisme, à savoir cette forme extrême d’idéalisme, qui soutient qu’aucune autre réalité n’est certaine que celle du sujet qui pense.
Cette philosophie est fermement combattue par le droit pénal qui doit, lui, se pencher sur des pensées multiples, celles du sujet accablé par l’accusation, dont la lecture des faits peut être à l’opposé complet de la réalité qu’on lui présente.
Le MPC, dans cette affaire, pour des raisons qui échappent à l’entendement de beaucoup de monde, a choisi de s’enfoncer précisément, avant même les auditions de Blatter et de Platini, dans la seule réalité du sujet pensant FIFA. Et précisément pour faire sienne totalement cette réalité, sans penser à mal [?], manifestement par souci de simple osmose subjective, voilà donc la FIFA organiser des raôuts ciblés avec le MPC, avec l’intention, peut-on à tout le moins le supposer, de transmettre à cet organisme institutionnel sa pensée sur le Fifagate et sur l’Affaire Blatter – Platini. Après ces rencontres, la seule réalité qui affectera les pensées des procureurs successifs de la FIFA, celles du dernier de la chaîne en tous cas, Thomas Hildbrand, sera celle du sujet FIFA lui-même, formant ainsi une unité de densité infranchissable faisant de Blatter et de Platini deux compromis, l’un finançant illicitement l’autre au moyen des fonds de la FIFA.
La technique du solipsisme est très proche de celle, bien connue des pénalistes, consistant à déterminer avant même l’examen des preuves le résultat auquel on veut aboutir et en construisant ou en interprétant ensuite toutes les preuves comme démontrant un résultat préalablement défini.
Si, par mauvaise foi diront Gianni Infantino et ses amis, par désir de faire droit à la présomption d’innocence diront les avocats de Platini, j’imagine qu’en haut lieu le MPC, dirigé par le FBI, s’est approché de la « nouvelle » FIFA et l’a interrogé sur son objectif, celui de cibler la cause des 2’000’000 francs, alors, en plein accord avec son initiant, le MPC pourra facilement interpréter l’existence du contrat initial comme disqualifiant tout autre acte ultérieur de paiements complémentaires.
En résumé, « on » approche le MPC, « on » le dirige vers le paiement des 2’000’000 fr., « on » l’appâte sur l’existence d’une cause éventuelle, « on » l’amène vers un document placé dans le bureau de Blatter, – et le lecteur m’accordera que cet acte de dépôt n’a pas été le fait de Michel Platini ! – et on [1] déduit de cette séquence l’impossibilité pour Blatter et Platini de pouvoir rendre crédible leur version. Le crime était presque parfait, il l’eût été si les réunions secrètes n’avaient pas été révélées par les Football Leaks et par d’autres sources.
La question devient dès lors celle-ci : les avocats de Michel Platini sauront-ils trouver les mots et la punchline appropriés pour maintenir le plateau de l’égalité des armes à l’intérieur de la salle d’audience ?
Bonjour aux amis de Gorgias et de Socrate ! [2]
[1] Le dernier on n’est mis entre guillemets parce qu’on le connait : ce on est le MPC.
[2] On observera sur l’illustration choisie que Socrate a L’1Dex levé, appelant du passé un soutient à ce site en cliquant ici.
[3] C’était aujourd’hui la plaidoirie de la défense, sorry