A la rencontre d’un écrivain. Catherine Rolland

9 septembre 2022

Enfant, étiez-vous une lectrice compulsive ?

Peut-être pas compulsive, mais en tout cas régulière, sérieuse et acharnée.

Régulière car je ne pouvais pas m’endormir sans avoir lu au moins une page (habitude qui m’est restée).

Sérieuse car mes choix (orientés par ma maman, elle-même très grande lectrice) se portaient essentiellement sur les œuvres classiques.

Acharnée car je n’abandonnais jamais un roman, même quand il ne me plaisait pas.

Quel est le livre qui vous accompagne depuis toujours ?

Mes livres de chevet, depuis de nombreuses années, sont Hammerklavier de Yasmina Reza et Berlin de Paul-Loup Sulitzer. Les romans de Stephen King, dont le formidable recueil Différentes Saisons, ne sont pas très loin non plus. Certains Giono, aussi, notamment « Que ma joie demeure »… et les poètes, Victor Hugo et Verlaine, surtout.

Certes, ça fait plusieurs livres, mais je vous assure que je me suis restreinte.

Quel est le livre que vous auriez aimé écrire et pourquoi ?

Encore Hammerklavier, cité plus haut. Ce recueil de nouvelles de Yasmina Reza, dramaturge française paradoxalement peu lue dans son pays, est un petit bijou d’émotions. Je suis amoureuse de la plume de cette auteure, de sa capacité à faire passer le lecteur du rire aux larmes, de l’entraîner dans un tourbillon d’émotions en quelques lignes. C’est avec Reza que j’ai pris mes plus gros fous-rires littéraires, écrire drôle étant, à mon sens, l’exercice le plus difficile pour un auteur.

Votre écrivain préféré ?

Je suis un peu confuse d’insister. Yasmina Reza.

De quand date votre (saine) boulimie de l’écriture ?

J’ai commencé à écrire à l’adolescence, comme beaucoup d’écrivains. J’étais alors inspirée par l’univers de Stephen King, mêlant intrigues sombres et touches de surnaturel, un goût qui transparaît dans bon nombre de mes propres romans.

Je n’ai jamais cessé d’écrire, et j’ai publié mon premier roman en 2014.

Quand je ne suis pas à l’hôpital (mon autre métier), j’écris tous les jours, sans que ce soit une contrainte, bien au contraire. Ecrire est sans aucun doute l’activité que je préfère.

Pourquoi écrivez-vous ? ou pour qui ?

J’écris pour raconter les histoires qui prennent forme dans ma tête, pour donner vie aux personnages qui émergent de mon imagination.

Je n’écris que de la fiction et, même si elle est – fatalement – inspirée de ma vie et de mes expériences, il ne s’agit pas d’une forme quelconque d’exutoire.

J’ai la chance de posséder un tempérament plutôt positif et heureux, que l’écriture exacerbe encore.

Si vous deviez définir votre style en quelques mots ?

Il est assez mouvant, selon le genre dans lequel j’écris.

J’aime les intrigues qui ont du rythme et, sans négliger les descriptions, j’aime les récits nerveux, vivants. J’adore écrire les dialogues, la meilleure manière de présenter avec efficacité un personnage, de faire passer une multitude d’émotions sans lourdeur de style ni monologues pesants.

J’attache beaucoup d’importance à la psychologie des personnages et aux détails d’une intrigue.

J’aime alterner les passages poétiques, par exemple, et les scènes d’action, jouer avec la langue et les contrastes.

Enfin, j’aime glisser dans mes histoires, même les plus sombres, des touches d’humour et de légèreté.

Quel livre écrirez-vous dans dix ans ? 

Aucune idée.

De même que je n’avais aucune idée, il y a dix ans, de ce que seraient mes romans d’aujourd’hui.

Mais j’écrirai toujours, c’est ma seule certitude.

Votre rêve littéraire le plus fou ?

Rencontrer Yasmina Reza, j’imagine… (Vous vous en seriez douté !)

Et si vous ne pouviez plus écrire, votre vie serait… ?

Elle serait différente, mais heureuse, car j’ai la chance immense de posséder l’essentiel : l’amour des gens que j’aime et une aptitude à ne retenir que le positif et le beau.

Si je n’écrivais plus, je pense qu’une activité artistique viendrait remplacer l’écriture. Sans doute me remettrais-je au piano, que j’ai beaucoup délaissé ces dernières années, faute de temps.

Et j’aurais plus de temps pour lire !

Mais j’espère sincèrement être capable d’écrire jusqu’à mon dernier souffle !

Son dernier livre :

Les inexistants

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