
CONSTELLATION : LE BAR DES MORTS, L’ARGENT DES OMBRES
Le drame du Constellation à Crans-Montana, qui a coûté la vie à 41 personnes et fait plus d’une centaine de blessés lors de la nuit du Nouvel An, pourrait désormais prendre une dimension bien plus sombre encore.
Selon des révélations publiées par le journal Blick, les enquêteurs fédéraux s’intéressent désormais de près à l’origine de la fortune des gérants du bar, Jacques et Jessica Moretti, tous deux présumés totalement innocents. Et ce qu’ils découvrent commence à ressembler à un véritable dossier de criminalité économique.
Un passé judiciaire lourd
Toujours selon Blick, Jacques Moretti aurait été condamné à plusieurs reprises en France. Les documents consultés par les enquêteurs feraient également apparaître des liens avec le milieu de la prostitution en Suisse romande.
Pour contourner ce passé judiciaire encombrant, l’organisation des entreprises du couple aurait reposé sur un dispositif simple : Jessica Moretti apparaissait officiellement comme gérante.
D’après un rapport interne de la cellule de renseignement financier (MROS) rattachée à Fedpol, cité par Blick, ce montage aurait permis de dissimuler les condamnations de Jacques Moretti aux autorités et aux banques.
Les banques ont tiré la sonnette d’alarme
Après la catastrophe du Nouvel An, les enquêteurs ont passé au crible les comptes bancaires du couple.
Plusieurs établissements financiers auraient transmis des signalements pour soupçon de blanchiment d’argent, notamment en raison du passé judiciaire de Jacques Moretti et de mouvements financiers jugés suspects.
Selon les informations rapportées par Blick, les enquêteurs cherchent désormais à déterminer si de l’« argent sale » a été injecté dans les établissements exploités par les Moretti, dont le bar Le Constellation.
Une fortune à l’origine « suspecte »
Le rapport cité par le quotidien suisse évoque « l’origine suspecte » de la fortune du couple.
Les autorités examinent la possibilité que les activités commerciales des Moretti — restaurants, bars ou sociétés connexes — aient servi de mécanisme de blanchiment, permettant de recycler des fonds provenant d’activités criminelles.
Autrement dit : l’établissement devenu le symbole de la catastrophe de Crans-Montana pourrait aussi être le point d’aboutissement d’un système financier opaque.
Le scandale change de nature
Si ces soupçons devaient être confirmés, le dossier du Constellation ne serait plus seulement une tragédie liée à la sécurité d’un établissement public.
Il deviendrait un scandale criminel majeur, mêlant :
- responsabilité pénale
- blanchiment d’argent
- et contrôle défaillant des autorités.
Car une question surgit désormais avec une indicible brutalité :
comment un établissement potentiellement financé par des fonds d’origine criminelle a-t-il pu fonctionner pendant des années dans l’une des stations les plus prestigieuses de Suisse ?
La question que personne ne pourra éviter
Les révélations rapportées par Blick ouvrent une perspective explosive pour l’enquête.
Si l’argent du Constellation provenait effectivement d’activités criminelles, ce ne serait plus seulement l’histoire d’un bar devenu piège mortel.
Ce serait l’histoire d’un système entier qui n’a rien vu — ou n’a pas voulu voir.
Et dans un canton déjà ébranlé par la catastrophe, une autre question commence à circuler dans les couloirs judiciaires et politiques :
qui savait ?
Et surtout : qui a laissé faire ?
Quant aux deux derniers paragraphes de l’article de ce jour du Blick, ils vont laisser pantois les lecteurs de L’1Dex :
« Les enquêteurs jugent également suspecte la succession d’incendies survenus dans plusieurs établissements gérés par le couple. Le feu s’était notamment déclaré en décembre 2023 au restaurant «Le Vieux Chalet», puis une première fois en février 2024 au «Constellation».
A chaque fois, d’importantes indemnités d’assurance ont été versées au couple après l’incident. L’analyse de leurs comptes montre toutefois que ces montants n’ont pas servi en priorité à la reconstruction, mais plutôt à couvrir des dépenses privées, comme le paiement d’impôts et de primes d’assurance maladie ou la contraction d’un leasing pour des voitures de luxe, notamment une Maserati et une Bentley. »
Le Constellation Bar Case est tout proche de la meilleure des séries de Netflix
Pantois je suis.
Grand drame, énorme tragédie,… et au final gigantesque scandale politique étatique.
Le sauf qui peut, se traduisant par plusieurs démissions en cascades, c’est pour quand ?
Ce serait alors encore plus dramatique pour les victimes et leurs familles. Et l’inévitable question: les Moretti ont-ils soudoyé certaines personnes chargées des contrôles et d’éventuelles interdictions de fonctionnement du Constellation pour non conformité à la sécurité?