
Gradin nord : du blanc, du rouge et de la poudre blanche avec de l’humour noir
Le football valaisan a parfois le sens du spectacle. Mais cette fois, le scénario dépasse légèrement la dramaturgie habituelle d’un match du week-end.
Selon une information révélée par Le Nouvelliste, un supporter du FC Sion, âgé de 24 ans et gravitant depuis plusieurs années dans le cercle des ultras, a été condamné pour avoir alimenté certains fidèles du gradin nord… non pas en bière ou en merguez, mais en cocaïne.
Le dossier, jugé en procédure simplifiée, raconte une petite économie parallèle presque artisanale. Entre septembre 2023 et décembre 2024, l’intéressé aurait écoulé plusieurs centaines de grammes de poudre blanche auprès de connaissances rencontrées dans les tribunes. Les enquêteurs estiment qu’il aurait acquis environ 400 grammes de cocaïne, revendus progressivement dans l’environnement du stade.
Résultat judiciaire : 24 mois de prison avec sursis, quelques jours-amende et une facture globale assez salée – environ 5000 francs de créance compensatrice et près de 16 900 francs de frais de procédure. Autrement dit : le commerce n’aura pas enrichi longtemps son auteur.
L’affaire comporte aussi un deuxième chapitre plus pyrotechnique. Lors d’une perquisition à son domicile, la police a mis la main sur une centaine d’engins pyrotechniques. Torches, fumigènes et pétards de toutes sortes : un petit arsenal digne d’un derby… ou d’un 1er août improvisé.
La procureure a souligné le caractère relativement limité du trafic. Selon l’acte d’accusation, l’objectif était surtout d’« améliorer son quotidien » et de financer ses loisirs sportifs. Le prévenu aurait reconnu les faits et exprimé des regrets à l’audience.
Du côté du club, le président Christian Constantin a réagi avec une formule qui restera probablement dans les annales du folklore footballistique :
« Je ne savais pas que Pablo Escobar venait voir les matchs. »
La phrase dit tout : un mélange de sidération, d’ironie et de fatalisme face à ce qui se passe parfois dans l’ombre des tribunes. Car contrôler ce qui circule réellement dans un kop surchauffé relève souvent de la mission impossible.
Le football, après tout, est une passion collective. Une ferveur où se mêlent cris, fumigènes, bière tiède et parfois quelques excès nés de trop de blanc ou de trop de rouge.
Car au Stade de Tourbillon, les couleurs officielles restent les mêmes depuis toujours : rouge et blanc.
Une tradition que les supporters respectent en général avec ferveur, drapeaux levés et fumigènes au vent. Disons simplement que, ces derniers temps, certains semblaient avoir développé une lecture un peu… trop littérale du nuancier des tribunes. Le rouge, le blanc — et visiblement quelques amateurs convaincus que le blanc pouvait aussi circuler autrement dans le gradin nord.
Fumer la moquette au stade
La pelouse est tondue et verte
La fin du match reste ouverte
On voit de loin les fumigènes
Pour certains sûr ça les gêne
Mais on s’amuse sur les gradins
Comme des fous un peu gamins
On est tous vrais pros amateurs
Avec la même fougue et ferveur
Et certains avec leurs gros bras
Font un peu peur c’est les ultras
Et pis y a aussi de petits gredins
Se prenant pour bien plus malins
Profitant de la foule hystérique
S’adonnent au trafic extatique
Se mettre trois thunes en poche
Et se prendre pour un gavroche
Sur le terrain seul l’arbitre est roi
Aux tribunes c’est n’importe quoi
A Sierre la dérive à la Cité Aldrin
A Sion c’est au stade Constantin
Les matches sont-ils ennuyeux
Et vus des gradins plus soporeux
Les souvenirs d’il y a trente ans
Les débuts d’un certain Christian
La pelouse l’équipe et le côté kop
Étaient clean joyeux fervent au top !