
Pourquoi lire ? Je ne sais pas.
Renonçant à rédiger une écriture judiciaire gravée dans le sceau de l’inutilité, j’ai choisi en ce vendredi de solitude de découvrir la dernière parution de BSN Press qu’a communiquée à L’1Dex l’éditeur Giuseppe Merrone, « Rire ou sombrer – Ce que la brume sait de moi » d’Elodie Perrelet dont le patronyme m’était connu à travers ses critiques subtiles que je lis occasionnellement sur les réseaux sociaux [1]).
Avant « La nuit » du premier chapitre et le « je ne comprends rien » du premier paragraphe, je savais que je découvrirai une traversée d’âme en péril, basculée dans la maladie psychique et l’alcool, dont le titre laissait penser à la possibilité d’une thérapie par le rire pour échapper au risque de sombrer.
Empoignant le texte, je n’avais aucun doute sur la qualité littéraire, les mots de dame Perrelet inscrits dans ses critiques de livres laissant déjà filtrer un amour d’une langue singulière truffée d’images insolites et déroutantes. Aucun étonnement donc de n’avoir pas été surpris par la limpidité du récit.
Au-delà de ce voyage personnel, des cliniques devant conduire l’auteure vers la guérison au bord d’une route en Indonésie, dans le but de vous convaincre d’acheter chez votre libraire favori « Rire ou sombrer », je ne veux qu’être vrai : Elodie Perrelet m’a fait pleurer.
Car le magnifique de cette prose est au-delà de la forme, même si, selon Lacan, le style, c’est l’homme. Elodie Perrelet touche au réel de l’amour. Je ne pourrai pas vous convaincre de la véracité de la chose même si – maladroitement – je vais échouer dans mon désir de transmission de ma conviction en recopiant ce paragraphe perdu au milieu de la page 69 (le hasard n’existe pas !) dont la lecture, même à haute voix, ne vous dira rien de la profondeur de ces paroles :
« Sa voix n’est plus la même. Pas douce – elle ne l’est jamais – mais posée, ajustée. Un velours rèche. Elle s’approche de moi. Son regard rencontre enfin le mien. Un regard nu, débarrassé de l’autorité professionnelle. Et là, elle sourit. Un sourire minuscule, presque timide, mais d’une tendresse infinie, comme un drap posé sur une brûlure. »
Et puis une ligne plus loin :
« J’ai la gorge pleine d’une eau que je ne sais pas nommer ».
Avoir pleuré sans peur avoir Elodie Perrelet, avec Ahmed, avec Damien, avec l’adorée est le signe indubitable à mes yeux que je ne risque guère le précipice de la honte en proposant aux lecteurs de L’1Dex « Rire ou sombrer ».
Et que dire de sa mère ? Le courage et l’amour de la mienne, Marion.
Pourquoi lire ?
Pour retrouver avec Elodie Perrelet les larmes de l’amour.
[1] ; https://www.facebook.com/elodie.perrelet
Elodie Perrelet, Rire ou Sombrer – Ce que la brume sait de moi -, Editions BSN Press, 2026, 112 pages, 16 fr.