Valais, justice. Le ministère public cantonal est-il Zen ?
12 février 2021
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Le ministère public veut me faire taire dans les prétoires dans l’affaire des constructions illicites de Verbier. Il veut m’empêcher, moi qui conseille la SPA, de défendre l’Ours du Châble. À l’appui de sa décision crasse et arbitraire, il invoque mon rôle de rédacteur à L’1Dex et d’agent de communication rémunéré de la victime des graves infractions commises à l’encontre de Gabriel Luisier.
Retournons le couteau dans la plaie et analysons l’autre face de la pièce de monnaie.
Le procureur général est en état d’étroite amitié avec l’Étude du Ritz. Antoine Zen Ruffinen, associé fondateur et proustien complexé, ami de longue date de Éloi Rossier, est avocat-conseil de la commune de Bagnes dans l’affaire des constructions illicites. Expert émérite dans le champ du droit des constructions, il n’a rien dit lorsque le chalet Mix s’est majestueusement agrandi de quelque 200 m2 à la grande satisfaction de ses promoteurs, architectes et entrepreneurs. Et voilà que ce brave Zen Ruffinen, admirateur de Swann et des gens de Guermantes, s’invite majestueusement dans une tribune libre que Le Nouvelliste de Vincent Fragnière laisse paraître.
Ainsi l’Étude du Ritz qui défend simultanément la commune de Bagnes, qui est amie de Éloi Rossier, dont les infinies qualités ont toujours été vantées par Zouzy de Riedmatten, un autre associé, pond un article proprement extraordinaire de mauvaise foi dans un journal qui atteint 150000 lecteurs. Le but de l’article est clair : convaincre la population et les dominants de cesser les actions contre les responsables des actes illicites commis dans le Verbiergate. Et de pouvoir par la suite encaisser de juteux honoraires de la part de la corporation publique puisque le résultat ciblé eût tant plu aux organes municipaux qui auraient alors tant apprécié de verser une juste et généreuse rémunération à l’auteur de l’article, leur avocat-conseil.
Cet article lu par 150000 lecteurs n’a provoqué aucune réaction à ce jour du procureur Greter alors même que celui-ci connaît le rôle d’avocat-conseil dispensé par le hautain Antoine Zen à l’ancienne commune de Bagnes. Et voilà que le procureur Greter veut m’exclure de la défense de la principale victime du scandale des constructions illicites de Verbier pour avoir rédigé des articles sur un site que le ministère public avoue ne pas lire car trop insignifiant et sans influence sur ceux de leur clan. De qui se moque-t-on ?
Jean-Pierre Greter se moque de la loi, se moque du métier d’avocat, se moque de la liberté d’expression, se moque de la réalité des faits, se moque de l’égalité de traitement, se moque de la liberté de choix du défenseur, se moque des règles sur la récusation, se moque tout simplement de la justice.
Pourquoi ? Parce qu’il craint non pas une condamnation – probable – de Maurice Chevrier et de son subordonné Yvan Coquoz, mais sa propre condamnation pour un abus d’autorité caractérisé lorsqu’il a délibérément, intentionnellement, crassement ignoré la distinction qui existe entre un administrateur et un actionnaire. Ce qu’a fait le procureur Greter est simple : pour éviter d’avoir à inculper quatre avocats du Nord de la ville de Sion, il a décidé que le conducteur d’un véhicule circulant à 120 à l’heure dans une bourgade où la vitesse était limitée à 30 à l’heure n’était pas coupable parce qu’en réalité au moment de l’infraction, seul dans l’habitacle, il était passager de l’Audi break ayant été flashée. J’ai le droit, en qualité d’avocat et de simple citoyen, de défendre Gabriel Luisier, d’animer un site d’intérêt public, de déposer une plainte pénale particulièrement bien charpentée contre ceux qui veulent me nuire et de m’indigner lorsqu’un magistrat se moque du droit et des faits.
Et j’ai le droit de penser simultanément que Antoine Melchior Zen Ruffinen est libre d’écrire des âneries dans un journal lu par 150000 lecteurs, mais pas de défendre à travers son Étude d’avocats simultanément la commune de Bagnes, le Bureau d’architecture Comina et le Prince du Danemark sans avoir à affronter immédiatement une procédure de révocation que le procureur Greter et le ministère public ne veulent pas entreprendre contrairement à ce que leur impose la loi.
Tout cela ne doit pas étonner les lecteurs de L’1Dex qui savent depuis longtemps que le ministère public cantonal lit la culpabilité dans les mouvements de la pupille de l’œil droit des prévenus bien plus que dans la connaissance fine des actes des dossiers dont ils ont la charge. S’expliquent alors aisément ces errements crasses qui autorisent un magistrat à confondre un administrateur avec un actionnaire, un passager avec un conducteur, un Ours innocent avec un président criminel, un innocent avec un coupable.
Mais, braves gens, ne craignez rien, la justice, chez nous, fonctionne parfaitement.
Bonjour à tous les procureurs qui ont encore une âme de justice en eux.
Post Scriptum : le titre de mon prochain article sera « Christophe Darbellay soutient L’1Dex »
4 thoughts on “Valais, justice. Le ministère public cantonal est-il Zen ?”
Et nous avons le droit de soutenir le Maître Justicier !
Un avis de Christophe Darbellay ? Ça devient intéressant, il se met du côté des héros lavant la corruption. C’est sage de sa part. A ce qu’il paraît, un petit ours, aussi défendu par Me Riand, lui écris depuis l’étranger pour dénoncer une autre sorte de malversation Valaisanne, humaine cette fois-ci.
Le MPC perd aussi des points auprès des citoyens valaisans suite à l’affaire du restaurateur condamné. On ne donne pas un coup de couteau à quelqu’un qui ne peut plus gagner sa vie, même s’il a reçu deux avertissements (pour le restaurateur, un seul serait justifié). Et des comparaisons sont faites avec le laisser-faire accordé à la commune de Bagnes concernant les constructions illicites.
C’est bien vrai que le Ministère Public n’a pas perdu de temps pour juger un restaurateur qui a commis une faute mais une faute bien minime. Comme quoi, juger de petits délits relève de l’urgence et pour les cas de très importante gravité, il faut laisser traîner les choses, faire preuve de laxisme, d’injustice, démontrer de bons sentiments envers les escrocs. Honte à ceux qui n’appliquent pas la loi.
En pensées avec vous Me Riand dans la défense de la vérité et de l’honnêteté.
vous avez bien saisi l’un des problèmes significatifs dans la gestion du ministère public, cet organe contrôlé par … personne. Surtout pas par Frédéric Favre, chef des institutions.
Et nous avons le droit de soutenir le Maître Justicier !
Un avis de Christophe Darbellay ? Ça devient intéressant, il se met du côté des héros lavant la corruption. C’est sage de sa part. A ce qu’il paraît, un petit ours, aussi défendu par Me Riand, lui écris depuis l’étranger pour dénoncer une autre sorte de malversation Valaisanne, humaine cette fois-ci.
Le MPC perd aussi des points auprès des citoyens valaisans suite à l’affaire du restaurateur condamné. On ne donne pas un coup de couteau à quelqu’un qui ne peut plus gagner sa vie, même s’il a reçu deux avertissements (pour le restaurateur, un seul serait justifié). Et des comparaisons sont faites avec le laisser-faire accordé à la commune de Bagnes concernant les constructions illicites.
C’est bien vrai que le Ministère Public n’a pas perdu de temps pour juger un restaurateur qui a commis une faute mais une faute bien minime. Comme quoi, juger de petits délits relève de l’urgence et pour les cas de très importante gravité, il faut laisser traîner les choses, faire preuve de laxisme, d’injustice, démontrer de bons sentiments envers les escrocs. Honte à ceux qui n’appliquent pas la loi.
En pensées avec vous Me Riand dans la défense de la vérité et de l’honnêteté.
Francesca,
vous avez bien saisi l’un des problèmes significatifs dans la gestion du ministère public, cet organe contrôlé par … personne. Surtout pas par Frédéric Favre, chef des institutions.