Valais, justice, ministère public. Les écuries d’Augias

15 février 2021

Le ministère public du canton du Valais ne veut pas que l’avocat qui connaît le mieux le Verbiergate puisse confondre deux fonctionnaires PDC, dont un ancien conseiller national, Maurice Chevrier, et l’époux d’une greffière qui travaille pour le Tribunal cantonal, Yvan Coquoz, coupables d’un abus d’autorité caractérisé lié à la « disparition » d’une clef USB, dont le contenu démontrait de manière limpide l’innocence de Gabriel Luisier, ainsi qu’une violation patente du secret de fonction commise par le président PDC de la commune de Bagnes. J’ai exposé mon opinion quant à la cause réelle de l’acte commis par le ministère public. Mais je vais admettre ici l’hypothèse que je me trompe, à savoir qu’il existerait une raison objective à cette mise à l’écart. Et c’est là que je vais avancer plusieurs exemples de cas parallèles qui devraient encore plus inquiéter ceux qui cherchent à me nuire en s’asseyant grossièrement sur le dos de la loi et en niant l’existence d’un État de droit.

A)

L’argument de Me Alain Cottagnoud

Le premier exemple est le commentaire émis sur le site par Me Alain Cottagnoud qui me rendait attentif à ceci : « Le Tribunal fédéral avait donné tort à Me Hans-Anton Squaratti, défendu par Me Jacques Fournier, qui avait jugé que ces deux professions, celle d’avocat et de fonctionnaire en charge du Bureau de recouvrement des pensions alimentaires, étaient incompatibles ».

B)

Le cas de Me Sébastien Fanti

Le deuxième exemple est celui du préposé cantonal à la protection des données et la transparence, Me Sébastien Fanti. Un autre commentateur érudit écrit sur le site de L’1Dex que « le mélange de fonction public / privé décrédibilise toute fonction, en étant contraire au bon fonctionnement des institutions. Un tel mélange viole les garanties de neutralité et d’impartialité fixées par la constitution fédérale et par le droit européen. Un rapport du Commissaire européen à la protection des données a été commandité au sujet de l’organisation cantonale de la protection des données ».

« Ce rapport du Commissaire européen à la protection des données est sur la table des députés du canton depuis deux ans ! Il exclut qu’une personne puisse être simultanément préposé à la protection des données et la transparence et avocat ». (1)

C)

Le cas de Me Danielle Pretti

Le troisième exemple est celui de Me Danielle Pretti, simultanément présidente de l’Autorité de Protection de l’Enfant et de l’Adulte d’Hérens et associée et collaboratrice en l’Étude de Me Christian Favre, à Sion, dont les bureaux sont voisins de ceux de L’1Dex, et qui assume régulièrement des mandants dans le champ du droit de la famille. Nous verrons plus tard ce que s’autorise Me Pretti dans sa fonction publique : les avocats de bonne foi n’en croiront pas leurs yeux.

D)

Le cas de Me Frédéric Pitteloud

Le quatrième exemple est celui de Me Frédéric Pitteloud, avocat de Filou de l’Etude du Ritz, elle-même avocat de la commune de Bagnes, de Grégoire Comina et d’un Prince européen opposé à la commune de Bagnes, qui est juge cantonal suppléant et également avocat, côtoyant à ce double titre les juges qui vont statuer sur ses propres dossiers de conseil privé. Et vous savez quoi, Me Frédéric Pitteloud est aussi avocat de … Eloi Rossier dans une affaire connexe qui l’oppose à … Gabriel Luisier !

Le caractère proprement phénoménal de la comparaison entre ces quatre exemples et le mien est que ces quatre avocats exercent, en sus de leur activité principale d’avocat, une fonction publique, ce qui n’est pas mon cas. Par conséquent, s’il fallait éventuellement intervenir pour réprimer quelqu’un, il faudrait assurément avant toute autre démarche s’inquiéter du respect des règles de la part de ces avocats, et non pas de moi, qui n’œuvre que dans un cadre privé, de manière libre et indépendante, sans recevoir de rémunération.

E)

Les rémunérations liées à ces fonctions d’office

Plus encore, s’il fallait mettre en exergue un quelconque problème de double et incorrecte rémunération, il faudrait s’inquiéter avant tout des indemnités touchées par ces avocats dans le cadre de leurs rétributions publiques, ce qui n’est pas mon cas.

F)

Les avocats commis d’office

Et que penser enfin de tous ces avocats privilégiés qui reçoivent régulièrement des mandats lucratifs à titre d’avocats d’office et qui affrontent dans d’autres affaires ces mêmes procureurs qui les nourrissent au gré de leurs humeurs ciblées. Jusqu’à ce jour, certainement par souci de transparence et de parfaite visibilité, le chef du département des institutions a toujours refusé de transmettre ces informations officielles. Mais le dossier, vient de me dire le Chancelier de l’Etat du Valais, est aujourd’hui en mains de la Présidence du Conseil d’État. Nul doute que le dossier va être prochainement résolu puisque le prochain président du Conseil d’État sera … Frédéric Favre lui-même !

G)

Quoi d’autre qu’un abus procédural d’autorité ?

Ainsi, le ministère public cantonal a gravement erré en s’attaquant frontalement à un avocat indépendant, sans laisse à la patte, en voulant le faire taire dans un dossier politiquement très sensible et briser ainsi sa liberté d’expression dans les prétoires, en refusant simultanément le choix de son défenseur à une victime d’actes criminels commis par des organes communaux et cantonaux en violation de la Constitution fédérale et de la CEDH, et en portant une atteinte très grave à la liberté économique d’un membre indépendant du Barreau valaisan dépourvu de fonction officielle et non rémunéré.

H)

Qui est à l’origine de cet abus procédural ?

Le procureur Jean-Pierre Greter a-t-il reçu des ordres du procureur général ?

Du chef du département des institutions, Frédéric Favre lui-même ?

A-t-il voulu se venger personnellement à la suite d’une autre dénonciation pour abus d’autorité dirigée contre lui-même ?

Ou a-t-il agi, comme l’a fait le procureur général dans l’affaire du pistolet à air comprimé, dans un état d’irresponsabilité inquiétante ?

Dans l’un ou l’autre de ces cas, la situation de l’État de droit en Valais est très inquiétante.

Mais ceci passe dix coudées au dessus de la tête et de l’esprit du chef du département des institutions !

Bonjour à tous ceux qui comprennent la gravité des dysfonctionnements qui existent à la Rue des Vergers.

(1) Ad memoriam : c’est le parlement qui a refusé la professionnalisation du poste (rapport annuel d’activité 2015, p. 6). Cette professionnalisation a été aussi demandée par Me Sébastien Fanti lui-même.

 

Post Scriptum : Voici le commentaire matinal de mon premier lecteur, à l’origine du titre final de l’article : « Un ancien grec considérant les énoncés de vos opposants dirait sans nul doute qu’ils sont l’incarnation d’Augias et qu’ils se perdent de plus dans l’arrogance de leur loquacité. Qu’ils nettoient sur le champ leurs écuries parbleu ! »

5 thoughts on “Valais, justice, ministère public. Les écuries d’Augias”
  1. FF ne décide de RIEN il est toujours apprenti sans CFC il doit recevoir des ORDRES en tout cas pas du PROC U.mais un autre Dictateur qui mène le grand BAL.Les 3 C.ont la trouille, il faut que ça change à tout PRIX ça SUFFIT.Pronostic du 7 mars :1-1-1-1-1=5.

  2. Si le procureur Jean-Pierre Greter est un homme intègre, et cela serait, apparemment, un des seuls de tous ces justiciers menteurs, il pourrait écouter sa conscience profonde. Elle est assurément bonne conseillère et surtout si vous restez dans la droiture, vous n’aurez jamais de remords. Les remords ne vous lâchent pas et vous pourrissent l’existence. Alors ..

    1. Intègre? Si on mesure cette intégrité à son acharnement à faire condamner un adversaire politique qui en « redemande » la lumière est en effet au bout du chemin. L’Etat dit de droit n’est bien entendu pas un état de justice et là comme ailleurs ça sent le rance et ça transpire. Le citoyen voit de mieux en mieux la forfaiture de cette idéologie défendue par le socialisme aussi et peut-être même surtout. Ça craque donc et il est temps.

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