Patatras. Le diable se cache parfois dans les détails (218)

13 juin 2021

Dans le champ des Patatras, les parents déniant toute légitimité à l’autorité judiciaire dès l’instant où celle-ci n’adopte pas une attitude msnichéenne en sa faveur, sont prêts à toutes les bassesses, à tous les péchés véniels et deviennent parfois très imaginatifs.

L’un des exercices les plus réguliers de ces parents haineux à l’égard de leur ancien conjoint est d’empêcher l’adolescent (12 – 13 ans) de répondre aux appels de la mère ou du père qui n’a pas la garde de l’enfant.

Il y a peu, dans le canton de Vaud, j’ai assisté à cette scène dans laquelle le père reprochait à la mère d’appeler par WhatsApp ce qui excluait souvent la possibilité à l’enfant d’être joint faute de Connection wi-fi. La juge, très humaine lors de cette séance, expliqua posément à la mère qu’elle devait à l’avenir pour éviter tout problème utiliser exclusivement le téléphone ordinaire : l’enfant décrochera et informera la mère de sa présence ou non au domicile pourvu d’un système wi-fi. Après une discussion proprement ahurissante, il a été décidé à l’avenir que la mère appellerait exclusivement au moyen du téléphone ordinaire le samedi matin à 9 heures 30. La situation étant particulièrement tendue, on pensa que ces modalités nouvelles permettraient à la mère de parler à son fils très demandeur de la présence de sa maman, la mère l’étant aussi. Ce samedi, la mère appela à l’heure convenue au moyen de son téléphone le père qui avait juré sur ses grands dieux qu’il faisait tout pour favoriser la relation mère – enfant, puisque la mère avait pris soin de l’enfant les dix premières années en mère célibataire. Lors de cette séance, le père, doté d’un regard haineux, s’adressa à moi devant la juge : « vous ne connaissez pas cette femme, c’est une mauvaise personne, le moins mon fils entrera en contact avec elle le mieux il se portera ». Il n’est pas douteux qu’un tel père est tout à fait adéquat, mesuré, réfléchi et amène. Un père aimant, ayant le souci du bien-être de son fils qu’il chérit, dit-il.

Cette situation d’obstruction systématique dure depuis deux ans. Il a donc fallu remettre les pendules à l’heure, ce qui expliquait cette séance judiciaire de recadrement, et un changement d’avocat largement lié au fait que le précédent avocat avait été ressenti comme intrusif auprès du tribunal. Pourquoi ? Simplement parce qu’en mandataire diligent il avait fait son métier, celui consistant à se faire justement le porte-parole de la mère complètement ostracisée et ne sachant comment faire entendre raison à l’autre parent.

L’expérience dit que le juge en charge de la situation a une grande responsabilité dès aujourd’hui : soit il considère avec sérieux le rôle délétère du père, soit il prend encore plus en grippe la maman, refusant de défendre les besoins exprimés sous toutes les formes par l’adolescent, qui pourrait entrer dans des dérives diverses.

Dans de telles positions procédurales, seules des décisions marquées du sceau d’une vraie autorité sont de nature à éviter des drames ultérieurs. Si des années durant la mère fut à même d’éduquer seule l’enfant avec des droits de visite usuels au père, on ne pourra après deux ans d’expérience contraire qui indisposent aujourd’hui l’enfant, qui n’a vu que très épisodiquement sa maman pour des motifs qui seraient trop longs à expliquer ici et qui mériteraient à eux seuls un mini roman, ignorer le retour de la mère et ne pas répondre aux demandes réitérées de celui qui va devenir très vite un jeune homme.

On aimerait dans ces situations que les parents soient de grandes personnes. Mais lorsque l’une d’entre elles a décidé par vengeance d’utiliser son enfant comme gourdin contre l’autre, le juge est mis intentionnellement dans une position inadmissible. Et c’est là que la vie d’un enfant se joue souvent au casino : qu’elle sera la force du magistrat de résister à l’instrumentalisation de la justice qu’il doit défendre ? Ce n’est pas simple.

Et parfois la vérité se cache dans les détails d’appels téléphoniques manqués.

Le pire choix dans ces situations d’obstruction serait celui de jouer la pendule.

Car le bonheur, c’est hic et nunc. Surtout pour un enfant.

 

Illustration transmise par C.C.

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

2 thoughts on “Patatras. Le diable se cache parfois dans les détails (218)”
  1. Lors de mes stages autrefois un psychiatre avait songe a la castration de certains individus et malheureusement cela exista comme lobotomies et avortements …
    On lit l 1dex et l impression que c est l eternite ; ces affaires ; monstrueuses .
    Mon iphone me trepasse !

  2. Ahhh ,oui le diable est dans les détails, cette expression date de la moitié de le 19 siècle, mais elle est toujours d’actualité malgré l’avancée de la science et la technologie…., je suis bien placé pour le confirmer, 102 anomalies graves d’une soit disant experte ,j’avais l’embarras du choix entre des menssanges, de contradictions… une expertise du 100 pages , je pense même le diable aurait pas fait autant par emphatie ….

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