DE L’OLYMPISME TELEVISUEL

members-of-usa-mens-basketball-team-caught-in-brothel-lead(PAR ROBERT CHAUDENSON)

 

« C’est aujourd'hui dimanche …), mais ce ne sont pas des roses blanches (comme dans la vieille chanson) mais plutôt un bouquet d’épines que je vais apporter au personnel (titulaires ou vacataires), « envoyés « très spéciaux » de notre télévision nationale qui ont été chargés de la retransmission des Jeux Olympiques de Rio de Janeiro.

Il ne s'y est certes pas passé grand chose de visible au plan sportif (à part le record du monde du 400 mètres plat), surtout compte tenu du décalage horaire qui plaçait les meilleurs spectacles au beau milieu de la nuit ! La première condition exigée pour l'attribution des JO à une ville devrait être qu'elle se situe dans le méridien de Greenwich, de façon à ce que nous puissions suivre les éventuelles retransmissions à des heures convenables. Après tout il n’y a là que des questions de marché et de fric où le sport n’a rien à voir !

 

Mes blogs ont souvent, pour ce qui me concerne du moins , des finalités comme des vertus thérapeutiques ; si la légitime indignation que me procurait l’absence d’intérêt des spectacles (et bien plus encore l’absence de spectacles) qu’offrait notre télévision nationale ne m'a pas poussé, jusqu'à présent, à exprimer de façon forte mes sentiments de colère, la cérémonie de clôture en la matière me permet enfin de dire ma façon de penser, même si certains de mes précédents billets ont pu la laisser entrevoir.

 

Je ne reviendrai pas sur la nullité des différents « envoyés spéciaux » de notre télévision nationale (les L. Luyat, L. Chamoulaud, N. Montfort, V. Monteil et consorts) dont on ne voit guère d'ailleurs pourquoi on les a envoyés à l'ombre du Corcovado, alors qu'ils auraient tout à fait pu rester dans la Maison Ronde ou à Malakoff, vu de la nullité et l'inanité de leurs propos ; ils auraient ainsi pu à moindres frais et en des lieux moins exotiques, prendre leurs vacances hexagonales, sans s’époumoner aussi sottement que vainement à persuader les téléspectateurs de rester devant la télé française jusqu’à trois heures du matin !

 

Je ne prendrai que deux exemples pour le démontrer mais ils suffisent largement.

 

Tous, chauvinisme et franchouillardise obligent, se sont beaucoup extasiés (et ont tenté de nous faire partager cet enthousiasme) à propos du total de médailles que la France a obtenues. Ils ont simplement oublié de préciser, dans leurs comparaisons chronologiques, que le nombre des sports figurant au programme des JO n'avait cessé d'augmenter dans les dernières décennies ; on nous inflige désormais des compétitions dans des sports aussi dérisoires et nuls que le beach volley (alors que le volley-ball normal, infiniment préférable, est par ailleurs représenté), le tir à l'arc, les multiples tirs aux armes diverses, sans parler du kayak biplace, du tae kwondo, et toutes les variétés d’épreuves de sports équestres !

 

Puisque désormais le sport paralympique tient une place importante aux côtés des JO eux-mêmes pourquoi ne pas créer des épreuves de tir à l'arc ou au pistolet pour les aveugles ou un 3000 m steeple et des épreuves de sauts divers (longueur, hauteur, etc. ) pour les culs-de-jatte !

 

Mais pire encore est l'absence totale de compétence des commentateurs (même réputés « experts » car on a tout de même le bon sens d'utiliser d'anciens pratiquants, réduits aux rôles de seconds couteaux qui eux se montrent très prudents pour garder leurs « piges » !) ce ui fausse totalement les commentaires qui peuvent être faits.

 

Prenons un seul exemple avec le basket, un sport que je connais assez bien pour l'avoir beaucoup pratiqué et m’y être ensuite intéressé. Si l'on prend des JO anciens comme ceux de Barcelone où était admise, pour la première fois me semble-t-il, une équipe de basket américaine incluant les meilleurs joueurs des États-Unis et où figuraient donc les joueurs vedettes de la NBA. Qu’en est-il aujourd’hui à Rio ? On s’est extasié à l’envi sur le jeu de l'équipe américaine qui en fait n'a remporté que de maigres victoires sur les équipes qui lui ont été opposées, alors qu'à Barcelone par exemple, pour ne pas changer d’exemple, en s’amusant, l'équipe des USA gagnait tous ses matches avec 40 points d'écart. Comment s’explique ce mystère ?

 

Pour qui connaît un peu le basket l'explication est pourtant très simple ; il suffit de d'examiner la formation américaine présente à Rio de Janeiro.

 

Le groupe américain pour les JO 2016 comprenait : Kevin Durant (Oklahoma City Thunder) ; DeMarcus Cousins (Sacramento Kings) ; Draymond Green (Golden State Warriors) ; Klay Thompson (Golden State Warriors) ; Harrison Barnes (Golden State Warriors) ; Paul George (Indiana Pacers) ; DeMar DeRozan (Toronto Raptors) ; Kyle Lowry (Toronto Raptors) ; Carmelo Anthony (New York Knicks) ; Jimmy Butler (Chicago Bulls) ; DeAndre Jordan (Los Angeles Clippers) ; Kyrie Irving (Cleveland Cavaliers).

 

Si l'on veut juger de la qualité de ce groupe, indépendamment de ses prestations à Rio, il suffit de comparer ce groupe avec les sélections américaines NBA des « All Stars » qui, chaque année oppose, les meilleurs basketteurs des clubs NBA de l’Ouest et de l’Est des USA ; pour cette même année 2016, ces All Stars étaient : G. Dwyane (Wade Heat de Miami), G         .Kyle Lowry (Raptors de Toronto),   LeBron James (Cavaliers de Cleveland), Paul George (Pacers de l'Indiana), Carmelo Anthony (Knicks de New York), Stephen Curry (Golden State Warriors), Russell Westbrook (Thunder d'Oklahoma City), Kobe Bryant ( Lakers de Los Angeles), Kevin Durant (Thunder d'Oklahoma City), Kawhi Leonard.

 

Il est facile de constater que seuls deux joueurs figurent dans les deux listes. Mike Krzyzewski et Jerry Colangelo, les sélectionneurs ont fini par réussir à composer leur groupe de douze joueurs, mais ont rencontré énormément de refus dont, par exemple, ceux de Stephen Curry et LeBron James. Parmi les douze joueurs choisis , seuls deux ont déjà une expérience olympique. Il s’agit de Kevin Durant (or 2012) et surtout Carmelo Anthony (or en 2008 et 2012). Le joueur des New York Knicks a sans doute accepté car il a trouvé ainsi l’occasion de devenir le premier et le seul à gagner trois titres olympiques en basket. «Il n’y a pas grand-monde qui peut se targuer d’avoir joué quatre JO et d’avoir gagné trois médailles d’or, a-t-il expliqué. C’est ma façon de voir et d’aborder ces Jeux Olympiques.».

 

Au final il y a donc dans la sélection américaine 2016 que deux joueurs sur douze joueurs qui avaient été dignes de figurer parmi les All Stars 2016. Faut-il en dire plus ? Doit-on pour autant le cacher ? On ne doit donc pas s'étonner que leurs prestations olympiques aient été, somme toute, moyennes.